Alors que l’intelligence artificielle générative s’impose comme un levier majeur de production de contenus dans les industries créatives et marketing, son impact environnemental reste encore largement difficile à quantifier. Entre consommation énergétique des modèles, manque de standardisation des mesures et méconnaissance des usages les plus gourmands en ressources, les organisations évoluent encore dans un angle mort méthodologique. C’est pour répondre à cet enjeu que neuf grandes entreprises européennes s’unissent aujourd’hui pour lancer GenAI Footprint, une initiative open source dédiée à la mesure et à la transparence de l’empreinte carbone de l’IA générative.

Une alliance européenne pour objectiver l’impact de la GenAI
Portée initialement par Publicis Groupe, AXA, Engie et le groupe La Poste / La Banque Postale, l’initiative GenAI Footprint s’est rapidement élargie à cinq nouveaux partenaires : Accor, FDJ United, Orange, L’Oréal et Renault Group. Son objectif : développer un outil open source capable de quantifier de manière fiable l’impact environnemental des usages de l’IA générative dans la production de contenus.
Combler un angle mort scientifique et industriel
Si les impacts de la génération de texte commencent à être documentés, ceux liés aux images et surtout aux vidéos restent encore très peu stabilisés. Or ces usages sont parmi les plus en forte croissance.
Les travaux menés avec le Sustainable AI Group (SAIG), composé notamment de chercheurs spécialisés en IA durable, ont permis de développer une méthodologie d’estimation énergétique dédiée à la génération vidéo, aujourd’hui intégrée dans des outils comme EcoLogits ou e-footprint.
Selon le Dr Sasha Luccioni, co-auteur des recherches, « quelques secondes de vidéo générée peuvent consommer des milliers de fois plus d’énergie qu’une requête textuelle », soulignant l’urgence de mieux mesurer ces usages.
Un outil open source pour les industries créatives
GenAI Footprint ambitionne de devenir un standard de référence pour les entreprises qui utilisent l’IA générative dans leurs productions, notamment dans les secteurs du marketing, du cinéma ou de l’audiovisuel.
L’outil, développé en open source au sein de l’association Boavizta avec l’appui de Publicis Sapient, doit permettre d’intégrer des indicateurs environnementaux directement dans les workflows de production de contenus.
Des entreprises engagées dans une logique de transparence
Pour les entreprises fondatrices, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de pilotage responsable de leurs usages numériques. Chez AXA, Ulrike Decoene rappelle que la mesure de l’impact de l’IA est devenue un levier essentiel pour accélérer les engagements RSE du groupe.
Même logique chez Engie, où Florence Colombo-Fouquet insiste sur la nécessité d’anticiper les impacts liés aux usages internes de l’IA et d’accompagner les clients dans des solutions énergétiques plus durables.
Du côté du groupe La Poste, Alexandra Mauraisin et Cécile Riffard-Bredillot soulignent l’importance d’une approche fondée sur la mesure pour guider des usages responsables de l’intelligence artificielle.
En rejoignant le consortium IA durable soutenu par l’ADEME, GenAI Footprint pourrait devenir un référentiel clé pour l’évaluation environnementale des contenus générés par IA.
Une initiative qui marque une étape supplémentaire dans la structuration d’un cadre commun autour de l’IA responsable, à mesure que son usage se généralise dans les industries créatives et les entreprises.


