Tout commence en 1910, à Biars-sur-Cère, avec un simple négoce de noix et de fruits régionaux. L’entreprise se lance progressivement dans la confiture, puis dans la conserve de fruits, avant qu’Andros ne soit officiellement créée en 1959. S’ensuit une histoire de marques devenues familières : Bonne Maman en 1971, Mamie Nova en 1992, et dans les années 1980 le slogan « La Force du Fruit », qui fera d’Andros l’une des marques les plus présentes dans les foyers français.
Mais derrière cette image bien installée dans les placards des Français, la marque entretient depuis des décennies un lien plus discret, mais tout aussi profond, avec le sport. Le groupe a longtemps fait vivre le Trophée Andros, une course automobile sur glace qui aura duré 35 ans.
C’est de cette double identité, entre savoir-faire industriel et culture sportive, qu’est née en 2023 la marque Andros Sport, une gamme à base de fruits et de végétal pensée pour accompagner le sportif avant, pendant et après l’effort. Trois ans après son lancement, elle amorce déjà un nouveau tournant en s’ouvrant, au-delà des sportifs d’endurance, aux « sportifs du quotidien ». Xavier Ric, directeur d’Andros Sport, et Chloé Lopez-Cozar, responsable marketing, reviennent sur les coulisses de ce virage stratégique.

JUPDLC : Andros entretient depuis longtemps un lien avec le sport, notamment à travers le Trophée Andros. Comment cet ancrage historique a-t-il progressivement conduit la marque à se lancer dans la nutrition sportive en 2023 ?
Xavier Ric : Andros est une entreprise qui entretient depuis longtemps un lien fort avec le sport. Le Trophée Andros a notamment existé pendant 35 ans. C’est assez rare dans le marketing sportif qu’un événement porte pendant aussi longtemps le nom d’une entreprise. Les plus grands pilotes sont venus y participer : des champions du monde, des pilotes de Formule 1, mais aussi des personnalités qui venaient partager un week-end convivial autour de la compétition.
Cette notion de convivialité était d’ailleurs importante pour nous. Elle faisait écho à un autre sport très présent dans l’histoire d’Andros : le rugby. L’entreprise entretient depuis longtemps des partenariats avec des clubs comme le Racing 92 et Brive. Elle accompagnait déjà le club corrézien en 1997, lorsqu’il est devenu champion d’Europe. Nous avons ensuite développé ces partenariats dans le Top 14 et sommes devenus fournisseur officiel de la Ligue Nationale de Rugby, avec laquelle nous travaillons depuis plus de dix ans.
Nous avons également été présents dans la natation, avec des ambassadeurs comme Florent Manaudou, Camille Lacourt et Fabien Gilot. Le sport est donc véritablement inscrit dans la culture de l’entreprise et porté par ses dirigeants.
À partir de là, le rapprochement avec la nutrition sportive était assez naturel. Nous disposons d’un savoir-faire industriel important autour du fruit et du lait, ainsi que d’une véritable culture sportive. Nous nous sommes donc dit que ces deux univers pouvaient se rejoindre pour créer une marque de nutrition sportive.

JUPDLC : Le fruit est au cœur de l’ADN d’Andros depuis les années 1980, avec « La Force du Fruit ». Comment avez-vous transposé ce patrimoine dans un produit technique et sportif ?
Chloé Lopez-Cozar : Nous sommes partis de notre expertise historique du fruit pour la transposer aux besoins spécifiques de la nutrition sportive. Le fruit possède en effet des qualités particulièrement intéressantes pour les sportifs, notamment grâce à ses glucides et à certains de ses antioxydants. Lors d’un marathon, d’un 10 km ou d’une course de vélo, on retrouve d’ailleurs traditionnellement de la banane, de l’orange ou encore des fruits secs sur les ravitaillements.
Avec Andros Sport, notre ambition était d’aller plus loin : conserver les bénéfices et le plaisir du fruit tout en répondant aux contraintes de la pratique sportive. Cela implique de travailler sur des critères très techniques comme la texture, la digestibilité, l’apport nutritionnel et la praticité pendant l’effort.
C’est aussi pour cela que le développement repose sur plusieurs expertises. La R&D travaille notamment sur la formulation et la texture, avec un principe que nous appelons chez Andros le « test à la cuillère » : nous goûtons systématiquement les produits pour nous assurer qu’ils sont bons et agréables à utiliser pendant l’effort.
Nous travaillons également avec le professeur Stéphane Walrand, nutritionniste de l’ASM Clermont, ainsi qu’avec des athlètes de haut niveau comme Germain Grangier et Katie Schide, qui testent les produits dans des conditions réelles. Nos collaborateurs participent également à ces tests produits en live.
L’objectif est de combiner les bénéfices du fruit avec des ingrédients fonctionnels, comme les protéines, les vitamines et les minéraux, pour proposer des produits à la fois bons et efficaces.
JUPDLC : Vous parlez d’un repositionnement en 2026, en passant des sportifs d’endurance aux « sportifs du quotidien ». C’est un changement de cible assez large. Pourquoi ce choix ?
Chloé Lopez-Cozar : Il ne s’agit pas de quitter les sportifs d’endurance, mais d’élargir notre cible aux différents profils de sportifs et à l’évolution de leurs pratiques. Les besoins diffèrent selon que l’on pratique un sport d’endurance, que l’on s’entraîne en salle, ou que l’on cherche simplement à rester en forme. Notre objectif est donc d’accompagner tous les sportifs, avant, pendant et après l’effort, mais aussi dans leur quotidien. C’est notamment le rôle de produits comme notre gourde Whey & Fruits apportant des protéines complètes, à base de fromage blanc et fruits, sans sucres ajoutés et zéro pour cent de matière grasse qui peut accompagner pendant la récupération, mais aussi être consommée comme une collation au quotidien. Avec ce repositionnement, nous voulons répondre à ces différents besoins et accompagner chacun dans ses objectifs.

JUPDLC : Vous étiez partenaire des 10 kilomètres du Trocadéro le 6 septembre dernier et avez également été présents sur l’UTMB 2026. Comment se fait le choix des événements sur lesquels vous décidez de vous positionner ?
Xavier Ric : À l’origine, Andros Sport est une marque positionnée sur l’endurance. Il était donc logique de sélectionner ces événements liés aux différentes disciplines de l’endurance.
Notre premier grand événement a été le running, avec le Run Experience lors du Marathon de Paris. Cela nous a permis de toucher les coureurs sur route. Avec l’UTMB, nous avons ensuite ciblé les pratiquants d’ultra-trail et les coureurs sur sentiers.
Chloé Lopez-Cozar : Au-delà de la discipline, ces événements nous permettent surtout de rencontrer directement les futurs consommateurs et les utilisateurs, de faire découvrir nos produits et de recueillir leurs retours.
Pour une marque encore jeune comme Andros Sport, ces retours sont une véritable mine d’informations. Un produit ne sera jamais parfait pour tout le monde, et c’est normal. Les retours des utilisateurs nous permettent donc de l’améliorer en permanence : « Ce qui compte pour nous, c’est de pouvoir rencontrer les sportifs et comprendre leurs attentes ».
JUPDLC : Sur les réseaux sociaux, on voit un mélange assez large chez Andros Sport : des vidéos avec des créateurs de contenu, des athlètes, des revues de produits, des reportages sur vos événements, et même des formats qui surfent sur les tendances du moment. Comment cette stratégie de contenu est-elle pensée ?
Chloé Lopez-Cozar : Nous travaillons avec une agence digitale, ce qui nous apporte un regard extérieur, très précieux. Nous construisons avec elle une timeline marketing en amont, autour de nos temps forts : événements, lancements de produits, prises de parole d’un athlète, moments internes… De plus, je ne suis pas seule sur les activations marketing, je travaille avec Rinah, chargée événementielle, Thibault, qui gère le développement en enseignes et l’eShop, Maxime Jeoffre, responsable commercial et bien sûr Xavier, qui assure le suivi global.
C’est un travail collectif, mené main dans la main avec les agences pour définir ce qu’il faut mettre en avant. Tout est préparé en amont : par exemple, demain, nous sommes partenaires du Harmonie Mutuelle 20 km de Paris, avec une équipe de créateurs de contenu mobilisée avant, pendant et après l’événement. Pour les tendances et les contenus plus réactifs, il faut être extrêmement réactif : les réseaux sociaux sont l’un des médias les plus rapides qui soient.
Nous ne sommes pas encore au niveau de marques comme Burger King ou Duolingo sur ce terrain-là, peut-être un jour, mais c’est un vrai métier.
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JUPDLC : Face aux acteurs historiques comme Maurten ou Overstims et aux nouveaux entrants venus d’autres univers, comment Andros Sport se positionne et se différencie ?
Xavier Ric : Depuis le début, deux piliers structurent Andros Sport, « le plaisir et la performance ». Le plaisir gustatif est particulièrement important pour nous. Un produit doit être performant, mais il doit également être agréable à consommer.
Dans la nutrition sportive, certains produits sont très performants sur le plan nutritionnel, mais l’expérience gustative peut être plus variable. Avec l’héritage du groupe Andros et de la marque Andros, nous avons une exigence forte sur le goût. C’est donc un élément différenciant que nous souhaitons mettre en avant.
Chloé Lopez-Cozar : Nous considérons aussi des marques comme Maurten comme complémentaires plutôt que comme des concurrents directs. Andros Sport ne cherche pas à devenir une marque ultra-technique de nutrition sportive déconnectée de son identité.
Nous restons une marque adossée à Andros, avec une identité solaire, colorée et fortement liée à la nature. Notre communication doit rester cohérente avec ces codes. Nous ne pouvons pas simplement adopter une esthétique très épurée, en noir et blanc, qui ne correspondrait pas à notre image.
Cette complémentarité se retrouve également dans les produits. Certaines marques sont très fortes sur la performance pure. De notre côté, nous voulons proposer cette performance tout en conservant une expérience gustative agréable.
Il y a également un autre élément différenciant : notre ancrage territorial. Andros est une entreprise du Sud-Ouest, très fière de ses racines et de ses produits. Cet héritage fait partie de notre identité et nous souhaitons davantage le valoriser.
Au-delà du produit, Andros porte aussi des valeurs fortes. Notre objectif n’est pas simplement de vendre de la nutrition sportive : nous voulons faire du bien aux gens et accompagner les sportifs dans leur pratique. C’est une dimension importante de notre mission.

JUPDLC : Quelles sont les grandes nouveautés prévues pour la fin 2026 et 2027 en termes de campagnes publicitaires, d’activations digitales ou de partenariats ?
Xavier Ric : Sur la partie partenariats, nous avons signé avec ASO pour devenir fournisseur officiel du Roc d’Azur pour les deux prochaines années. Nous serons également partenaires du Hoka 10 km Paris Centre.
En 2027, nous retrouverons le Run Experience et l’UTMB. Ce sont ces trois grands rendez-vous qui structureront notre présence dans les événements sportifs.
Chloé Lopez-Cozar : Du côté des produits, une nouveauté importante arrivera en 2027 : « une barre hyperprotéinée ».
Le marché est déjà très présent sur cette catégorie, mais nous souhaitons nous différencier notamment par notre composition. Contrairement à de nombreuses barres disponibles dans la grande distribution, nous n’utilisons pas de polyols. Nous privilégions de vrais glucides, car les protéines et les glucides ont tous deux leur rôle dans la récupération après l’effort. Nous avons en tout cas beaucoup d’attentes autour de ce nouveau produit.


