L’étude We Are Social qui décrypte la mythologie du Tour de France sur les réseaux

Par Océane Correard

6 juillet 2026

Ça y est, le coup d’envoi est donné ! Depuis ce week-end, les coureurs du Tour de France 2026 ont repris la route, et avec eux, les millions de tweets, stories et vidéos TikTok à ce sujet. À l’ère du clash numérique, on pourrait s’attendre à ce que l’événement devienne le théâtre de toutes les controverses… Or, une étude signée We Are Social prouve le contraire : sur les réseaux sociaux, la Grande Boucle active une véritable mythologie contemporaine où seuls l’exploit et l’héroïsme parviennent à capter l’attention.

Crédit photo : We Are Social

 

Le sport au cœur des discussions

Quelques jours seulement après avoir restructuré son management français à travers trois nominations stratégiques, l’agence créative internationale We Are Social se penche aujourd’hui sur les conversations en ligne autour de la plus grande course cycliste du monde. D’ailleurs, le constat des analystes Anthony Boucharel et Gaspard Massot est sans appel : les plateformes sociales ne dénaturent pas le Tour, au contraire, elles en prolongent la narration épique.

Pour la marque Tour de France, l’enjeu conversationnel est de taille. L’événement ne vit plus seulement pendant trois semaines au mois de juillet : il fabrique de l’attention tout au long de l’année. Preuve en est : à l’approche de la course, son volume de publications se voit multiplier par 50 et son engagement bondir de 57 %, preuve que la Grande Boucle est devenue un sujet incontournable dans les fils d’actualité !

 

Le Tour de France face au modèle de Roland-Garros

Pour mieux comprendre cette dynamique, We Are Social a comparé le Tour à un autre monument du sport français : Roland-Garros. Certes, le tournoi parisien s’avère globalement plus conversationnel (+38 %) et plus engageant (+71 %) grâce à ses relais d’influence internationaux et ses finales ultra-médiatisées, mais son attention demeure très concentrée dans le temps.

Crédit photo : We Are Social

À l’inverse, le Tour de France bénéficie lui d’une attention beaucoup plus régulière tout au long de ses trois semaines de compétition. En réalité, son identité repose sur un récit populaire et itinérant, porté par les territoires traversés, la caravane publicitaire (qui cartonne sur Instagram) et les contenus partagés par les fans au bord des routes. De plus, les organisateurs ont su s’inspirer des JO pour rendre l’étape finale plus dynamique. Ainsi, l’intégration de la montée de la rue Lepic à Montmartre a généré 50 % de conversations supplémentaires par rapport au traditionnel sprint sur les Champs-Élysées.


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Les deux ingrédients de la visibilité : les cols et les héros

L’analyse des conversations révèle que la dimension purement sportive reste le principal moteur de l’intérêt et de l’engagement des internautes. Contrairement aux idées reçues, les polémiques n’ont qu’un impact marginal face aux performances physiques :

  • D’abord, si l’on exclut l’étape finale, les étapes de haute montagne s’imposent comme de véritables machines à conversations, générant 65 % de discussions supplémentaires par rapport aux autres types d’étapes (plaine, moyenne montagne).
  • Ensuite, depuis le début de l’année, près de 10 % des mentions relatives au Tour de France évoquent le coureur tricolore Paul Seixas, jeune pépite de 19 ans seulement. L’annonce de sa participation a concentré à elle seule près de 50 % des mentions générées autour de lui ce jour-là.
  • Enfin, le public se passionne pour les récits héroïques. Preuve de cette interdépendance entre le Tour et ses champions, un tiers des conversations totales générées pendant les trois semaines de compétition se concentrent sur Tadej Pogačar ou Jonas Vingegaard.

 

Le sport avant les polémiques

Si des thématiques politiques ou sociétales émergent parfois durant la période de compétition, elles ne parviennent pas à détrôner le fait sportif. L’étude prend l’exemple des protestations ayant visé l’équipe Israël Premier Tech l’an dernier. Bien que ses mentions aient été multipliées par quatre pendant l’épreuve (avec plus de la moitié des publications faisant référence au conflit à Gaza), cette controverse n’a représenté que 4 % des discussions globales lors de la 11ème étape. Le public du Tour préfère définitivement le spectacle et le dépassement de soi aux polémiques.

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