Cannes Lions 2026 : Entretien avec Pascal Houdayer, directeur général des laboratoires Boiron

Par Chloé Petit

29 juin 2026

En collaboration avec MEDIA Figaro

Cette année encore, Cannes ouvre ses portes aux grands noms de la créativité mondiale à l’occasion des Cannes Lions. Pour cette nouvelle édition, J’ai un pote dans la com est sur place en tant que partenaire média officiel du festival. Tout au long de la semaine, notre équipe sera sur le terrain pour rencontrer les professionnels qui font et pensent la communication. L’occasion de revenir avec eux sur les grandes tendances qui se dessinent, les stratégies qui s’imposent et les enjeux qui redessinent le secteur. Ces interviews réalisées vous offriront une variété de regards et d’éclairages sur cette édition.

Dans cet entretien réalisé avec le soutien de MEDIA Figaro, nous recevons Pascal Houdayer, directeur général des laboratoires Boiron. Il revient avec nous sur les exigences particulières de la communication dans le secteur de la santé.

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JUPDLC : Aujourd’hui, un dirigeant doit-il incarner lui-même la communication de son entreprise, ou est-ce un rôle qu’il peut déléguer ?

Pascal Houdayer : Selon moi, ce n’est pas l’un ou l’autre, mais les deux à la fois. La communication d’une entreprise ne repose pas uniquement sur une seule personne : elle est portée par l’ensemble des collaborateurs, que ce soit en matière de marque employeur ou de communication sur les activités de l’entreprise, quel que soit le pays, le métier ou le niveau hiérarchique.

De mon côté, en tant que directeur général des laboratoires Boiron, c’est un sujet important pour moi. J’essaie de mettre en lumière le travail de mes équipes, les réalisations de l’entreprise, nos ambitions, et plus largement notre contribution à l’amélioration de la santé publique.

 

JUPDLC : Le DG est-il devenu, selon vous, le premier outil de communication d’une entreprise ? Avez-vous vu ce rôle évoluer entre vos précédents postes de direction (Henkel, Naos, Orveon) et celui-ci ?

Pascal Houdayer : Oui, il y a clairement eu une évolution. Lorsque j’ai débuté comme directeur général dans les années 1990, la prise de parole était très limitée, sauf pour les entreprises cotées qui avaient des obligations trimestrielles.

Depuis, les choses ont beaucoup changé, et cela dépend aussi du type d’entreprise : cotée, familiale ou détenue par des fonds d’investissement. Dans le cas de Boiron, qui est une entreprise familiale, il est essentiel que la communication soit incarnée à la fois par la direction générale, mais aussi reconnue et portée par l’ensemble des collaborateurs.

Le rôle du directeur général a aussi évolué parce qu’il est davantage sur le terrain. Je voyage beaucoup, je rencontre les équipes dans différents pays, ainsi que les partenaires, les clients, les patients. Cela me permet d’écouter, d’observer et de réfléchir à la manière dont nous pouvons faire évoluer notre approche de la santé intégrative et de l’homéopathie.

 

JUPDLC : Qu’est-ce qui fait, selon vous, qu’une communication inspire confiance, surtout dans un secteur comme la santé, où le moindre mot est scruté ?

Pascal Houdayer : La communication dans la santé est très particulière, car chaque mot peut être scruté et interprété avec beaucoup d’attention.

Pour qu’une communication fonctionne, elle doit avant tout être authentique, simple et impactante. Il faut dire les choses clairement et assumer une position. De mon côté, j’essaie d’avoir une posture claire sur les enjeux de santé publique, de santé intégrative et sur le rôle de l’homéopathie.


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JUPDLC : En tant qu’entreprise de santé, estimez-vous avoir une responsabilité particulière d’informer, à une époque où les fausses informations, ou les informations mal interprétées, circulent vite ?

Pascal Houdayer : Oui, un laboratoire pharmaceutique a un rôle essentiel pour garantir la fiabilité des informations en santé. Chez Boiron, nous avons d’ailleurs été confrontés à des fake news il y a quelques années en France, ce qui a renforcé notre engagement contre ce phénomène.

Notre objectif est de nous assurer que les informations médicales et scientifiques reposent sur des faits vérifiés, et non sur des opinions potentiellement trompeuses ou mal intentionnées.

 

JUPDLC : Boiron est un nom plutôt atypique aux Cannes Lions, davantage habitué aux grandes marques de consommation. Qu’est-ce que vous venez chercher ici, et qu’avez-vous à apprendre de cet écosystème créatif ?

Pascal Houdayer : C’est vrai qu’on peut être surpris de voir un laboratoire pharmaceutique aux Cannes Lions, mais en réalité, ce n’est pas si étonnant. Boiron est le leader mondial de l’homéopathie. Et selon les pays, la réglementation nous permet de faire de la publicité pour les médicaments en vente libre. C’est le cas en Amérique du Nord. Notamment aux États-Unis et au Canada. Dans ces pays, nous communiquons à la télévision, mais aussi en digital et sur des plateformes comme Amazon. En Europe, la situation est différente. La communication sur les médicaments OTC est beaucoup plus encadrée par la réglementation européenne. Ce que je viens, donc, chercher ici à Cannes, ce sont surtout des rencontres avec des agences de publicité, des agences médias et des influenceurs, pour continuer à faire progresser notre manière de communiquer et mieux faire connaître la santé intégrative et l’homéopathie, quelles que soient les cultures et quel que soit le pays.

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