Comment cherchons-nous l’information sur le web en 2026 ? Si 77% des Français font toujours confiance aux moteurs traditionnels, 38% intègrent désormais les assistants IA à leur parcours. Zoom sur les chiffres clés du « Searching for answers » sur cette mutation des usages numériques.

En France, 42% des gens recherchent des informations en ligne quotidiennement, un chiffre qui monte à 66% chez la Gen Z. Mais quels outils utilisent-ils ? Le dernier rapport YouGov démontre que si les moteurs de recherche traditionnels restent rois (77% d’utilisation le mois dernier), les assistants IA se hissent quant à eux désormais en solide deuxième place (38%). Ils devancent ainsi les réseaux sociaux (29%) et les plateformes vidéo (28%).
Comme le souligne Alexandre Devineau (General Manager YouGov), cette transition change radicalement la donne : « La barre de recherche est l’une des interfaces les plus familières d’Internet. L’échange est simple : les utilisateurs tapent une requête, les moteurs de recherche renvoient des liens… Les assistants IA contestent ce modèle en proposant une réponse elle-même plutôt qu’une liste de liens. »
Qui utilise l’IA pour chercher des réponses ?
L’étude met en lumière l’émergence d’une « fracture IA ». L’âge marque très fortement cet usage : 53% de la Gen Z et 48% des Millennials ont adopté les assistants IA pour leurs requêtes récentes, contre 23% pour les Baby Boomers+. YouGov identifie également un groupe de « super-utilisateurs » (21% des internautes français qui font au moins une requête par jour). Ce profil est composé à 66% d’hommes, 41% de Millennials et 59% d’actifs à plein temps. Mais surtout, la croissance est interne : 69% des utilisateurs actuels y recourent plus qu’il y a un an, tandis que 66% des non-utilisateurs refusent d’envisager de s’y mettre.
Un parcours de recherche hybride
L’intégration des agents conversationnels ne signe pas la fin du web traditionnel. L’IA est plutôt vécue comme un compagnon : seuls 16% l’utilisent comme point de départ unique. Les utilisateurs préfèrent la combiner à d’autres sources (28%) ou l’interroger après une première recherche traditionnelle (29%). Si l’IA sert donc avant tout à obtenir une réponse directe (56%), on observe néanmoins une vraie persistance du clic : près d’un quart des internautes cliquent sur les liens fournis par l’IA pour approfondir.
Sécurité et crédibilité : les grands défis de l’IA
Enfin, le déploiement massif fait face au défi de la confiance. Les assistants IA n’obtiennent en effet que 37% de confiance globale, loin derrière les applications de navigation et moteurs traditionnels (72%). Pour y croire, les Français réclament un badge de vérification d’authenticité de la source et des réponses issues de sources officielles (18%). Le plafond de la personnalisation reste également rigide : 51% des non-utilisateurs refusent catégoriquement que l’IA puisse exploiter leurs données personnelles (historique, chats) en échange de réponses sur mesure.


