Letterboxd : le New York Times veut s’offrir le réseau social des cinéphiles

Par La rédaction

6 novembre 2026

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Le groupe New York Times Company négocie en exclusivité le rachat de Letterboxd, l’application où 30 millions de passionnés notent et commentent les films qu’ils voient. Le montant envisagé serait d’environ 330 millions de dollars. Pour un groupe de presse, l’opération peut surprendre, mais elle est pourtant cohérente avec sa stratégie.

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Crédit photo : Andres Oropeza / Unsplash

 

Un rachat révélé par… le New York Times lui-même

C’est le quotidien new-yorkais qui a publié l’information jeudi 5 novembre, en s’appuyant sur deux sources proches des discussions. Sa rédaction a donc enquêté sur une opération menée par sa propre maison mère. Le groupe n’a pas souhaité faire de commentaire, et Letterboxd n’avait pas répondu aux sollicitations de l’agence Reuters au moment de la publication.

Rien n’est encore signé. Selon le journal, les négociations peuvent encore échouer. Mais le dossier est bien avancé. La société qui détient Letterboxd a confié la vente à la banque d’affaires LionTree, et d’autres acheteurs se sont intéressés à la plateforme. Le studio A24, connu pour ses films indépendants, a regardé le dossier avant de se retirer quand le prix a monté. Sony faisait aussi partie des candidats.

 

Letterboxd, le carnet de films de la génération Z

Letterboxd a été lancée en 2011 en Nouvelle-Zélande par Matthew Buchanan et Karl von Randow. Le principe est simple : on enregistre les films qu’on a vus, on leur donne une note, on écrit une critique et on crée des listes que la communauté peut suivre. C’est un journal de bord du cinéphile, qui fonctionne aussi comme un réseau social.

La plateforme est longtemps restée un outil de niche. Elle a vraiment décollé à partir de 2020 et compte aujourd’hui environ 30 millions d’utilisateurs, dont une bonne partie fait partie de la génération Z. Selon Statista, cette génération va plus souvent au cinéma que les autres. Pour un annonceur, c’est un public jeune, passionné, et qui consomme encore des films en salle.

Le prix évoqué peut paraître élevé : il représente plus de vingt fois les bénéfices attendus pour 2026, estimés autour de 15 millions de dollars. Mais il rapporte un actif rare, une communauté très engagée autour d’un même centre d’intérêt.


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Pourquoi un journal achète un réseau social

L’opération s’inscrit dans une stratégie que le groupe applique depuis plusieurs années : ne plus vendre uniquement de l’information. Le New York Times a déjà racheté The Athletic (le sport), Wirecutter (les tests de produits) et Wordle (le jeu de mots devenu viral). Chaque rachat a fait entrer de nouveaux publics dans son offre d’abonnement. Et la méthode fonctionne : le groupe a gagné 420 000 abonnés numériques au troisième trimestre et revendique 13,8 millions d’abonnés payants au total.

Letterboxd apporterait deux choses au groupe. D’abord un nouveau territoire, le cinéma, avec un public plus jeune que celui du journal. Ensuite des revenus publicitaires : selon le quotidien, le New York Times prévoit de brancher sa propre technologie publicitaire sur Letterboxd. Les avis, notes et listes de 30 millions de cinéphiles sont une base précieuse pour cibler des publicités, notamment pour les sorties de films et les plateformes de streaming.

Côté utilisateurs, rien ne devrait changer dans l’immédiat. Letterboxd resterait un site autonome, et ses deux fondateurs garderaient la direction en rendant compte à un dirigeant du groupe. Reste à voir si la communauté, très attachée à l’indépendance de l’appli, acceptera l’arrivée d’un géant des médias et de ses outils publicitaires.

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Crédit photo : Letterboxd
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