Cette année encore, Cannes ouvre ses portes aux grands noms de la créativité mondiale à l’occasion des Cannes Lions. Pour cette nouvelle édition, J’ai un pote dans la com est sur place en tant que partenaire média officiel du festival. Tout au long de la semaine, notre équipe sera sur le terrain pour rencontrer les professionnels qui font et pensent la communication. L’occasion de revenir avec eux sur les grandes tendances qui se dessinent, les stratégies qui s’imposent et les enjeux qui redessinent le secteur. Ces interviews réalisées vous offriront une variété de regards et d’éclairages sur cette édition.
Dans cet entretien, Tarek Ouagguini CEO & fondateur de Happydemics, partage avec nous sa vision de la mesure de l’impact publicitaire à l’ère de l’IA et revient sur l’importance de l’émotion dans la performance des campagnes.

JUPDLC : À Cannes, on se pose la question frontalement : face à l’IA, comment on garde l’humain au centre de la mesure média ? Quelle est votre réponse ?
Tarek Ouagguini : Face à l’IA, nous gardons l’humain au centre de la mesure média en cherchant justement à mesurer ce que l’IA ne sait pas encore comprendre à savoir les émotions et le ressenti.
Ce qui distingue les marques fortes des autres n’est pas seulement leur capacité à proposer le meilleur produit, à diffuser le message le plus visible ou à générer le plus de reach. Ce sont avant tout les marques capables de créer de l’émotion et du ressenti auprès de leurs audiences. C’est précisément cet impact que nous cherchons aujourd’hui à mesurer de manière toujours plus fine.
JUPDLC : En 2026, c’est quoi une campagne qui performe vraiment, selon vos données ?
Tarek Ouagguini : Selon nos données, une campagne qui performe vraiment n’est pas celle qui touche le maximum de personne. C’est avant tout une campagne qui crée un souvenir, qui génère de la mémorisation et suscite une émotion chez ceux qui la regardent.
C’est ce dont les gens se souviennent, et c’est précisément ce que nous mesurons. Un exemple récent est la campagne de Nike réalisée à l’occasion de la victoire des New York Knicks en finale. C’est une campagne remarquable, qui parvient à créer cette émotion capable de faire la différence entre une bonne et une mauvaise campagne
JUPDLC : La mesure d’impact a longtemps été délaissé par le créatif. Est-ce que les Cannes Lions, justement, sont en train de changer ça ?
Tarek Ouagguini : La mesure d’impact a longtemps été délaissée par les créatifs, et j’en fais moi-même partie puisque, avant de lancer Happydemics, j’étais concepteur-rédacteur dans la publicité. Pendant longtemps, on a eu tendance à opposer la mesure média et la créativité publicitaire. Aujourd’hui, en 2026, grâce aux outils dont nous disposons, ces deux univers sont appelés à travailler ensemble. L’un doit compléter l’autre. C’est d’ailleurs la mission de Happydemics de faciliter cette communication entre la création et l’impact.
JUPDLC : Vos données agrègent des milliers de campagnes. Quel est le signal humain que les annonceurs continuent de sous-estimer, malgré tout ?
Tarek Ouagguini : Le signal que les annonceurs continuent de sous-estimer c’est l’émotion, c’est-à-dire la trace laissée chez la personne exposée au message. Aujourd’hui, nous sommes constamment sollicités par la publicité et toucher des gens est devenu une commodité pour toutes les marques. La véritable question est de savoir comment se distinguer dans ce volume considérable de messages.
JUPDLC : InFlight, c’est du brand lift en temps réel. Concrètement, qu’est-ce que ça change dans la façon dont une marque pilote sa campagne ?
Tarek Ouagguini : Concrètement, mesurer le brand lift en temps réel change profondément plusieurs choses. Traditionnellement, le brand lift est mesuré une fois la campagne terminée, à un moment où il n’est plus possible d’agir sur ses performances. Le mesurer en temps réel permet au contraire d’ajuster et d’optimiser la campagne en cours de diffusion. Nous passons ainsi d’une logique d’autopsie à une logique de pilotage. C’est précisément l’approche que nous proposons chez Happydemics.
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JUPDLC : Qu’est-ce que vous êtes venus chercher à Cannes avec Happydemics ? Et est-ce la première fois que vous participez aux Cannes Lions ?
Tarek Ouagguini : Nous sommes présents aux Cannes Lions depuis 2022. Cette année marque donc notre quatrième participation au festival. Ce que nous venons chercher, c’est avant tout de la connexion avec nos clients. Les Cannes Lions c’est l’occasion de se retrouver dans un cadre différent et de partager un moment plus détendu. C’est également l’occasion de nous tenir au courant de certaines nouveautés du secteur, même si nous savons que l’IA est aujourd’hui au cœur des discussions, chez l’ensemble des acteurs présents ici.


