À l’occasion de son passage dans notre studio pour Brandiiing, le podcast qui décrypte l’univers des grandes marques, Laurent Dupont, directeur exécutif Revenus, Marque & Attractivité de France Galop, a répondu à nos questions.
Institution de référence des courses hippiques en France, France Galop pilote les plus grandes compétitions de galop et gère plusieurs hippodromes emblématiques, dont ParisLongchamp, Auteuil et Saint-Cloud. Si le spectacle sportif demeure au cœur de sa mission, l’organisation poursuit depuis plusieurs années une profonde transformation pour ouvrir les hippodromes à de nouveaux publics. Expériences immersives, événements festifs, concerts, offres de restauration ou encore dispositifs digitaux : l’ambition est de faire des hippodromes de véritables lieux de vie, capables de séduire bien au-delà des seuls passionnés de courses.
Dans cet entretien, Laurent Dupont revient sur la stratégie déployée par France Galop pour casser l’image parfois élitiste des courses hippiques et faire évoluer les hippodromes vers un modèle de destination hybride, à la croisée du sport, du divertissement et de la culture. Il évoque également les attentes des nouvelles générations, le rôle du digital dans l’expérience visiteur, l’essor de formats comme les JeuXdi by ParisLongchamp, ainsi que la place centrale du cheval dans le récit et l’émotion portés par la marque. Découvrez comment France Galop entend réinventer l’expérience hippique sans jamais renier l’ADN de ce sport. Pour en savoir plus, ne manquez pas cet épisode de Brandiiing !

JUPDLC : Comment France Galop travaille-t-il aujourd’hui pour casser l’image parfois élitiste des courses hippiques ?
Laurent Dupont : Notre enjeu aujourd’hui est d’ouvrir les hippodromes à tous les publics et de multiplier les portes d’entrée vers l’univers des courses. Pendant longtemps, les courses hippiques ont pu être perçues comme un univers réservé à des initiés. Nous voulons montrer qu’un hippodrome est avant tout un lieu de vie, d’émotion et d’expérience, accessible à tous.
Nous avons beaucoup travaillé sur cette logique d’enrichissement de l’expérience. Une journée à l’hippodrome dure plusieurs heures, alors que le temps cumulé des courses ne représente finalement que quelques minutes. Tout le reste, c’est de l’ambiance, de la découverte et du partage. Nous avons donc développé des animations pour les familles, des concerts, des expériences immersives, une offre de restauration, ainsi que des formats plus festifs et populaires selon les événements.
Nous avons également beaucoup travaillé sur l’accompagnement des primo-visiteurs. Les courses hippiques peuvent impressionner lorsqu’on ne connaît pas les codes. Notre rôle est donc de rendre cet univers plus lisible et plus accessible. Cela passe par la pédagogie, la signalétique, les outils digitaux, mais aussi par des expériences permettant d’approcher les chevaux et de découvrir les coulisses.
Notre stratégie repose sur ce que nous appelons le « sportainment » : continuer à proposer le meilleur du sport hippique tout en enrichissant l’expérience autour. L’idée n’est pas de dénaturer les courses, mais au contraire de les rendre plus accessibles et plus désirables.
JUPDLC : Jusqu’où peut-on transformer un hippodrome en destination lifestyle sans perdre l’ADN historique des courses ?
Laurent Dupont : L’équilibre est fondamental. Le cœur reste le sport, le cheval et l’émotion des courses. Mais aujourd’hui, un hippodrome moderne ne peut plus être uniquement un lieu où l’on vient assister à des courses pendant quelques heures.
Les publics recherchent désormais des expériences globales. Ils veulent pouvoir passer une journée complète dans un lieu qui mêle sport, gastronomie, musique, convivialité et nature. Les hippodromes ont cette capacité unique à proposer tout cela dans des cadres exceptionnels, au cœur d’environnements naturels préservés.
Notre rôle est donc d’enrichir l’expérience sans jamais faire disparaître le spectacle sportif. Lorsqu’un événement lifestyle permet à de nouveaux publics de découvrir la beauté des chevaux, la proximité avec les jockeys ou encore l’intensité d’une course, il renforce l’ADN des courses plutôt qu’il ne l’efface.
Nous nous rapprochons progressivement d’un modèle d’arena et de destination hybride, capable de vivre bien au-delà des seuls jours de courses.

JUPDLC : Les formats comme les JeuXdi by ParisLongchamp montrent une montée en puissance de l’expérience. Est-ce devenu indispensable dans l’événementiel sportif ?
Laurent Dupont : Oui, clairement. Aujourd’hui, les gens ne viennent plus uniquement assister à un événement sportif ; ils viennent vivre un moment.
Les JeuXdi by ParisLongchamp illustrent parfaitement cette évolution. Ce sont des formats qui mêlent courses, musique, restauration, convivialité et art de vivre. Ils permettent d’attirer un public plus jeune, souvent primo-visiteur, qui découvre les courses dans un cadre plus libre et moins codifié.
L’expérience est devenue indispensable parce qu’elle répond à l’évolution des usages. Les nouvelles générations recherchent des événements accessibles, ouverts, en plein air, où elles peuvent vivre plusieurs expériences à la fois.
Une journée aux courses, ce n’est pas seulement assister à une compétition sportive. C’est vivre plusieurs expériences dans un même lieu : le sport, la gastronomie, la musique, la découverte des chevaux et le partage entre amis ou en famille. Mais l’objectif reste toujours le même : créer une émotion autour du sport et du cheval. L’expérience doit servir le récit sportif, pas le remplacer.
JUPDLC : Quelles sont aujourd’hui les attentes des nouvelles générations lorsqu’elles viennent sur un hippodrome ?
Laurent Dupont : Les nouvelles générations recherchent avant tout des expériences simples, authentiques et conviviales. Elles veulent pouvoir vivre un moment libre, sans contraintes, dans un environnement agréable et accessible. Ce qui fonctionne aujourd’hui, c’est la possibilité de composer sa journée : assister aux courses, écouter un concert, déjeuner entre amis, profiter d’activités en extérieur ou simplement découvrir les chevaux de près.
Elles recherchent aussi des expériences réelles, en plein air, dans des environnements naturels préservés. Les hippodromes répondent parfaitement à cette attente, car ils permettent de vivre une journée conviviale, déconnectée et immersive.
Elles attendent également davantage de fluidité et de pédagogie. Nous travaillons beaucoup sur le digital et sur des outils qui permettent de mieux comprendre ce qui se passe sur l’hippodrome, de faciliter le parcours des visiteurs et de rendre les courses plus accessibles aux non-initiés.
Enfin, elles sont très sensibles aux valeurs : le bien-être animal, l’authenticité, le rapport au vivant et les expériences sincères.
JUPDLC : Comment imaginez-vous les hippodromes dans 10 ans : davantage de sport, de divertissement ou d’expérience culturelle ?
Laurent Dupont : Je pense que les hippodromes de demain seront précisément à la croisée de ces trois dimensions. Le sport restera central, parce que les courses hippiques constituent un spectacle exceptionnel. Mais autour de ce cœur sportif, les hippodromes vont devenir de véritables lieux de destination, capables de vivre toute l’année.
Nous nous rapprochons progressivement d’un modèle d’arena : des lieux hybrides où l’on peut accueillir des événements culturels, des concerts, des activations de marques ou des expériences familiales, tout en conservant l’identité des courses.
La digitalisation va également continuer à transformer l’expérience des visiteurs. Notre objectif n’est pas de remplacer l’émotion réelle, mais de fluidifier et d’enrichir l’expérience grâce à des outils permettant de mieux comprendre les courses, de se repérer sur l’hippodrome ou d’accéder à des contenus immersifs.
Notre force, c’est de proposer un environnement unique : des lieux premium mais accessibles, en plein air, qui accueillent une grande diversité de publics et offrent une expérience apaisée. Peu d’univers sportifs sont aujourd’hui capables de proposer cela.

JUPDLC : Le cheval reste au cœur de votre communication. Comment continue-t-on à créer un lien émotionnel fort avec le public dans un monde ultra-digitalisé ?
Laurent Dupont : Justement parce que le monde est ultra-digitalisé, le cheval devient encore plus puissant sur le plan émotionnel. Il incarne le vivant, l’émotion réelle et l’instant imprévisible.
Notre rôle est de raconter davantage les histoires qui entourent les courses : la relation entre le cheval et le jockey, le travail des entraîneurs, les coulisses, les grands champions ou encore l’émotion du sport de haut niveau.
Le digital est un formidable outil pour amplifier cette proximité. Il nous permet de proposer des contenus immersifs, de faire découvrir les coulisses et de rendre cet univers plus accessible à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore.
Mais rien ne remplace l’émotion ressentie lorsqu’un peloton passe devant les tribunes ou lorsqu’on approche un cheval de près. C’est cette émotion authentique que nous cherchons à transmettre à une nouvelle génération.
Finalement, tous les éléments de l’expérience, y compris le merchandising, sont des prolongements de cette émotion. Les visiteurs ont envie de faire durer leur journée lorsqu’ils ont vécu un moment fort et partagé.
Cette interview a été réalisée à la suite de l’enregistrement de Brandiiing, notre podcast qui vous fait découvrir ou redécouvrir les marques les plus emblématiques.


