À l’approche de la rentrée, l’intelligence artificielle trouve progressivement sa place dans l’organisation des familles françaises. Comparer les prix, gérer les démarches, expliquer une leçon ou aider à préparer l’orientation : les parents voient dans l’IA un assistant potentiellement précieux. Mais pas question de lui déléguer les décisions importantes ni, surtout, de la laisser faire les devoirs à la place des enfants. C’est ce que révèle un baromètre de Kantar consacré à l’adoption de l’IA dans les foyers français.

Faire des économies et gagner du temps avant la rentrée
Entre les fournitures, les démarches administratives et les dépenses liées à la reprise, l’IA apparaît d’abord comme un outil pratique. Près d’un parent sur deux (49 %) envisage ainsi de l’utiliser pour comparer les prix et réduire le budget de la rentrée. Ils sont également 48 % à imaginer s’en servir pour faciliter certaines démarches administratives.
L’outil pourrait aussi accompagner des choix de consommation plus responsables : 45 % des parents envisagent de l’utiliser pour identifier des produits plus durables, réutilisables ou de seconde main.
Derrière ces usages, l’attente est donc avant tout très concrète. L’IA n’est pas envisagée comme une technologie à utiliser pour elle-même, mais comme un moyen de simplifier une période souvent chargée pour les familles.
Pour les devoirs, oui à l’aide… mais pas aux réponses toutes faites !
Une fois l’année scolaire commencée, les parents se montrent également largement ouverts à l’utilisation de l’IA pour accompagner les apprentissages. 67 % pourraient l’utiliser pour expliquer une notion que leur enfant ne comprend pas, 65 % pour l’aider dans ses devoirs et ses révisions, et 60 % pour créer des exercices personnalisés.
Au total, 74 % des parents d’enfants âgés de 6 à 18 ans acceptent de confier au moins un rôle à l’IA dans le cadre des devoirs. Une adhésion qui reste toutefois encadrée : les fonctions pédagogiques, comme expliquer une méthode, proposer des exercices, vérifier un travail ou donner des indices, sont privilégiées. À l’inverse, 95 % rejettent l’idée que l’IA fournisse directement la réponse à l’enfant.
Cette acceptation évolue également avec l’âge. 36 % des parents encouragent l’utilisation de l’IA chez les 6-10 ans, contre 56 % pour les 11-15 ans et 60 % chez les 16-18 ans.

Un guide pour l’orientation, pas un décideur
L’IA pourrait aussi jouer un rôle dans la préparation de l’avenir. 58 % des parents lui accorderaient une place dans l’orientation scolaire ou professionnelle de leur enfant, principalement comme source d’information ou outil complémentaire pour éclairer les choix.
Mais dès lors que les décisions deviennent plus engageantes, l’humain reprend clairement l’avantage. Pour l’orientation, les études, les démarches ou le financement, 42 % des parents considèrent l’accompagnement humain comme la référence. L’IA est davantage envisagée comme un outil lorsqu’elle est proposée par des acteurs jugés légitimes, comme l’école, les services publics ou encore les banques et assurances.
Pour les marques, l’IA ne convaincra qu’à condition d’être utile
Cette attente ouvre aussi de nouvelles perspectives pour les marques et les enseignes. Près d’un parent sur deux serait prêt à privilégier une entreprise proposant un service d’IA réellement utile pour préparer la rentrée.
Mais la technologie seule ne suffira pas. Les familles attendent avant tout de conserver le dernier mot, de voir leurs données protégées et de pouvoir comparer plusieurs offres, sans que l’outil ne mette uniquement en avant les produits de la marque qui le propose.
Une fois cette confiance installée, 64 % des parents accepteraient de partager au moins une information personnelle pour obtenir des recommandations plus adaptées. La liste de fournitures, le budget ou l’âge et la classe de l’enfant semblent ainsi plus facilement partageables que l’historique d’achat.


