Cette année encore, Cannes ouvre ses portes aux grands noms de la créativité mondiale à l’occasion des Cannes Lions. Pour cette nouvelle édition, J’ai un pote dans la com est sur place en tant que partenaire média officiel du festival. Tout au long de la semaine, notre équipe sera sur le terrain pour rencontrer les professionnels qui font et pensent la communication. L’occasion de revenir avec eux sur les grandes tendances qui se dessinent, les stratégies qui s’imposent et les enjeux qui redessinent le secteur. Ces interviews réalisées vous offriront une variété de regards et d’éclairages sur cette édition.
Dans cet entretien, nous recevons Bruno Latapie, General Manager EMEA de Dailymotion. Il revient avec nous sur les grandes mutations du ciblage publicitaire, le rôle des signaux propriétaires et la manière dont Dailymotion s’appuie sur l’IA.

JUPDLC : Contextuel, cookieless, signal-based… les annonceurs s’y perdent. C’est quoi la vraie révolution du ciblage en 2026 ?
Bruno Latapie : La vraie révolution, ce sont les signaux propriétaires. Chez Dailymotion, nous maîtrisons notre propre player vidéo et notre propre SSP, ce qui nous rend totalement indépendants sur le plan technologique. Depuis plusieurs années, plus de 5 000 éditeurs dans le monde utilisent notre player vidéo, ce qui nous permet de collecter et d’analyser une richesse de signaux issus des usages sur le mobile, le desktop ou encore la CTV. Cette capacité à comprendre ces comportements grâce à des données que nous possédons en propre est aujourd’hui le véritable facteur différenciant.
JUPDLC : Tout le monde parle d’IA à Cannes cette année. Dailymotion, vous en faites quoi concrètement, et qu’est-ce que ça change pour vos annonceurs ?
Bruno Latapie : L’IA est évidemment au cœur des discussions cette année, mais pour nous, sa valeur est très concrète : elle nous permet d’interpréter beaucoup plus rapidement les signaux que nous collectons. Nous avons lancé notre plateforme agentique, Ray, qui exploite ces données pour mieux comprendre les comportements des audiences et aider les marques à mieux cibler leurs campagnes.
L’IA ne remplace pas l’humain, elle l’accompagne. Elle accélère l’analyse et permet de prendre de meilleures décisions. Notre approche consiste à partir de l’audience et du brief client, plutôt que d’un format publicitaire ou d’un écran. Nous adaptons ensuite la création au profil du consommateur et au device utilisé. Grâce à des technologies d’analyse en temps réel, notamment des heatmaps, nous sommes capables d’optimiser les créatives pour améliorer les performances des campagnes.
JUPDLC : Est-ce que l’IA tue le ciblage contextuel, ou elle l’habille juste différemment ?
Bruno Latapie : Pour moi, ça ne vient pas tuer et ça ne vient pas l’habiller. Le contexte reste essentiel, notamment grâce à la diversité des contenus proposés par les plus de 5 000 éditeurs avec lesquels nous travaillons. Mais nous allons au-delà du simple contexte éditorial.
Par exemple, une personne qui consulte des contenus sportifs peut également s’intéresser à d’autres thématiques liées à cet univers. En analysant ces différents signaux, nous affinons la compréhension de l’audience afin d’identifier la bonne personne au bon moment. C’est précisément ce que permet notre plateforme agentique.
JUPDLC : Quels signaux a Dailymotion que les grands acteurs internationaux ne peuvent pas répliquer ?
Bruno Latapie : Notre force repose sur nos signaux propriétaires. Dailymotion est avant tout une entreprise technologique. Cette maîtrise de notre écosystème nous permet de collecter et d’exploiter des données auxquelles les autres acteurs n’ont pas accès.
Comprendre précisément les comportements de nos audiences est le point de départ de toute notre approche. Nous analysons ces signaux puis nous adaptons les créations publicitaires en conséquence. Cette maîtrise de la donnée propriétaire est, selon nous, ce qui fera la différence dans les années à venir.
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JUPDLC : Dans deux ans, les annonceurs qui auront gagné, c’est ceux qui auront misé sur quoi ?
Bruno Latapie : Les annonceurs qui réussiront seront ceux qui auront adopté une vision transversale et décloisonnée de la vidéo. Aujourd’hui, le marché reste très fragmenté entre le social, la télévision, le digital ou encore l’audio. Pourtant, les usages des consommateurs ne suivent plus ces frontières.
Une même personne passe du mobile le matin à la télévision connectée le soir, tout en étant exposée à d’autres écrans tout au long de la journée. C’est pourquoi nous défendons une approche omnicanale et multiscreen qui part de l’audience plutôt que des formats.
Le social et les créateurs de contenus occupent également une place essentielle dans cette stratégie. Notre rôle consiste à amplifier leurs messages sur l’ensemble de nos environnements média afin de construire une stratégie vidéo cohérente, défragmentée et centrée sur les audiences.


