Avec son nouveau manifeste publié fin juillet 2025, Mark Zuckerberg dévoile sa vision d’une intelligence artificielle superintelligente accessible à tous. Une stratégie ambitieuse qui divise analystes et experts, certains y voyant une innovation majeure, d’autres un énième pivot après l’échec relatif du métaverse.

Une vision personnalisée face à la centralisation
Dans son manifeste, Mark Zuckerberg annonce que « développer la superintelligence est désormais en vue » et présente sa conception d’une IA révolutionnaire. Contrairement à ses concurrents, Meta positionne la superintelligence comme un outil d'”autonomisation personnelle” plutôt que d’automatisation et d’efficacité.
Cette approche se distingue nettement « de ceux qui croient que la superintelligence devrait être dirigée de manière centralisée pour automatiser tout travail de valeur », une allusion claire aux stratégies d’OpenAI et d’autres acteurs du secteur. La vision de Meta privilégie un assistant IA personnel qui « vous aide à atteindre vos objectifs, à créer ce que vous voulez voir dans le monde ».
Pour concrétiser cette ambition, Meta s’engage à « investir des centaines de milliards de dollars dans le calcul pour construire la superintelligence ». Le PDG a annoncé une restructuration majeure du groupe IA de l’entreprise, incluant un engagement envers le développement de systèmes d’IA “superintelligence” capables d’accomplir des tâches aussi bien, voire mieux que les humains. L’urgence est palpable : Zuckerberg est si pressé qu’il fait dresser des tentes pour héberger des centres de données temporaires, illustrant la course effrénée dans laquelle s’est lancée Meta.
Entre promesses technologiques et défis éthiques
La réception de ce manifeste divise les observateurs. Certains analystes s’inquiètent de cette « nouvelle obsession IA de Zuckerberg ». Les critiques les plus sévères dénoncent un dirigeant « déterminé à dépenser tout ce qu’il faut pour gagner la course à la superintelligence, sans avoir réfléchi au reste ».
Malgré les polémiques, Zuckerberg reconnaît que « la superintelligence soulèvera de nouveaux problèmes de sécurité » et promet d’être « rigoureux dans l’atténuation de ces risques ». Cette prudence marque un changement de ton par rapport à l’approche historiquement ouverte de Meta en matière d’IA.
Les résultats financiers exceptionnels du deuxième trimestre, avec 3,48 milliards d’utilisateurs actifs quotidiens, donnent à Meta les moyens de ses ambitions. Reste à savoir si cette “superintelligence personnelle” sera la révolution annoncée ou un nouveau défi technologique et sociétal pour l’entreprise.



