À l’occasion de son passage dans notre studio pour Brandiiing, le podcast qui décrypte l’univers des grandes marques, Eric Pecoraro, Directeur Marketing et Communication chez Triumph Motorcycles, a répondu à nos questions.
Née en 1902 à Coventry, Triumph Motorcycles perpétue plus de 120 ans de passion, d’innovation et de performance. De la Speed Twin de 1937 à la Thunderbird, chaque modèle a marqué l’histoire par ses victoires en compétition, ses records de vitesse et sa présence au cinéma. Aujourd’hui, la marque britannique s’impose dans plus de 87 pays grâce à un réseau de plus de 950 concessionnaires et symbolise un équilibre unique entre tradition, innovation et style emblématique.
Dans cet entretien, Eric Pecoraro revient sur le partenariat avec Call of Duty, la place de Triumph dans le cinéma, les projets humains et communautaires, ainsi que sur l’importance de la personnalisation et de l’électrique pour la marque. Pour en savoir plus, ne manquez pas cet épisode de Brandiiing !

JUPDLC : En octobre 2024 vous avez annoncé un partenariat avec Call of Duty. Comment cette initiative sert-elle votre stratégie de marque ?
Eric Pecoraro : En octobre 2024, nous avons lancé notre nouvelle gamme de motos cross et enduro. Pour la faire découvrir, nous avons activé plusieurs leviers : publicité traditionnelle, présence en compétition, notamment sur le Supercross US, mais il fallait aussi être visibles sur le digital, car la cible de cette gamme est plus jeune que notre clientèle habituelle.
C’est là que Call of Duty est intervenu. Ils nous ont proposé d’intégrer notre moto directement dans leur jeu, ce qui était une manière originale et immersive de toucher cette audience. De leur côté, ils cherchaient une marque différenciante et emblématique, et « comme Triumph, c’est une belle marque, ça matchait bien ».
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JUPDLC : Triumph a une longue histoire avec le cinéma, de La Grande Évasion à Mission Impossible. Est-ce que ces placements sont le fruit d’une stratégie, ou est-ce que les productions viennent naturellement vers vous parce que Triumph est déjà une icône culturelle ?
Eric Pecoraro : En fait, c’est un peu des deux. Les productions viennent souvent naturellement vers nous parce que Triumph est une icône culturelle. Si on prend l’histoire, ça remonte vraiment loin. Avant même La Grande Évasion, il y a un film très connu dans le monde de la moto, L’Équipée sauvage, avec Marlon Brando qui joue Johnny. C’est l’histoire de deux bandes de motos rivales qui s’affrontent. Marlon Brando roule sur une Triumph, belle et performante, ce qui a contribué à ancrer la marque dans le cinéma américain.
Puis vient La Grande Évasion avec Steve McQueen, vrai passionné de Triumph qui en possédait une centaine. Dans le film, toutes les scènes où il roule sont effectuées par lui-même, le fameux saut par-dessus la barrière ayant été réalisé par son ami Bud Ekins, concessionnaire Triumph. Ce film montre bien comment une star passionnée peut naturellement mettre en avant une marque au cinéma.
Mais il y a aussi des placements plus stratégiques de notre part. Par exemple, dans Mission Impossible 2, Tom Cruise roule sur une Triumph Speed Triple lors de la scène finale. Cette moto apparaît aussi dans Matrix. Quant à James Bond, il roule en Triumph dans plusieurs films. Et plus récemment, dans le dernier Avengers, la scène d’ouverture montre Captain America sur une Triumph. Un choix du producteur, qui voulait absolument une de nos motos.
Donc, en résumé, il y a une vraie dimension culturelle qui fait que les productions viennent naturellement vers nous. Mais il y a aussi des moments où nous participons activement au placement pour assurer la meilleure visibilité possible.
JUPDLC : Dans Side to Side, vous soutenez l’aventure de François et Marc, qui ont traversé 30 000 kilomètres en side-car pour changer le regard sur le handicap. Pourquoi était-il important pour Triumph de s’engager dans ce projet ?
Eric Pecoraro : Pour nous, c’était avant tout une histoire humaine. La moto peut changer les choses et transmettre de la passion, même dans des situations difficiles. François est en fauteuil roulant, et grâce à la moto, il a pu retrouver un vrai sentiment de liberté. C’était important pour Triumph de montrer que la moto peut être accessible et permettre à chacun de vivre cette expérience.
JUPDLC : Lors de votre campagne de Noël, vous avez mis en scène un père et son fils avec la gamme électrique TXP. C’est un choix fort : est-ce une façon de normaliser l’électrique en l’associant à une émotion universelle ?
Eric Pecoraro : Complètement, c’était exactement ça. L’idée était de montrer la passion de la moto à travers un moment simple et universel : un père qui apprend à son fils à rouler. Pour ça, nous avons utilisé nos motos électriques TXP, qui permettent de partager ce plaisir en toute sécurité et tranquillité. Ce moment de transmission et de passion, c’est exactement ce que nous voulions mettre en avant.
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JUPDLC : Avec Triumph Originals, vous invitez vos équipes à customiser des Bonnevilles autour du thème « Icônes de l’Originalité Britannique ». Qu’est-ce que ça dit de votre culture d’entreprise qu’on laisse ses collaborateurs s’approprier le produit phare de la marque ?
Eric Pecoraro : Ça a toujours été un moment important pour nous. On a de très belles motos et depuis longtemps, on organise des concours de customisation avec nos concessionnaires, parce que c’est essentiel que nos équipes aient envie de personnaliser leur moto, d’avoir leur propre machine unique à eux « pas juste un choix de couleur, mais vraiment leur bébé ».
L’Angleterre pousse maintenant l’idée plus loin en l’ouvrant au monde entier. L’idée est de montrer, partout, le véritable savoir-faire du monde de la moto et des professionnels Triumph pour créer des motos extrêmement customisées.
Mais attention, une moto customisée doit coller aux valeurs de la marque, avec une finition impeccable et une cohérence stylistique totale. Tout doit rentrer dans le cadre. Donc pour ce projet, nos préparateurs et concessionnaires nous soumettent d’abord leurs idées, des vues 3D, des détails précis de ce qu’ils veulent faire… et ensuite, on valide, ou pas.
JUPDLC : Triumph soutient depuis plusieurs années le « Distinguished Gentleman’s Ride », un événement mondial qui allie élégance, motos classiques et collecte de fonds pour la santé masculine. Quel rôle joue cet engagement dans la relation de Triumph avec sa communauté de motards ?
Eric Pecoraro : C’est un engagement vraiment essentiel pour nous. Le « Distinguished Gentleman’s Ride », c’est un événement mondial désormais bien ancré, et cette année marque notre treizième participation en tant que partenaire. On l’a rejoint dès la troisième édition, et depuis, c’est devenu un rendez-vous incontournable.
Ce moment permet de partager quelque chose de fort avec notre communauté, notamment autour des motos classiques, mais aussi pour une belle cause. L’ambiance est unique : chacun vient en costume ou avec une touche d’élégance, sans compétition ni esprit de performance. C’est convivial, bon enfant, l’opposé total de l’univers plus agressif de la course.
Et ce qui est très positif, c’est la diversité des participants : beaucoup de femmes participent aussi, ce qui reflète bien l’évolution du monde de la moto. Cet événement incarne pleinement nos valeurs : la passion, le partage et le respect autour d’une même culture moto.

Cette interview a été réalisée à la suite de l’enregistrement de Brandiiing, notre podcast qui vous fait découvrir ou redécouvrir les marques les plus emblématiques.



