À l’occasion de son passage dans notre studio pour Brandiiing, le podcast qui décrypte l’univers des grandes marques, Cynthia Riblet, Directrice Marketing, RID et RSE chez Lesieur a répondu à nos questions.
Née en Provence il y a près de 170 ans, Puget s’est imposée comme un acteur majeur de l’huile d’olive en France. Leader historique du marché, la marque a largement contribué à démocratiser son usage dans les foyers français. Entre héritage, ancrage méditerranéen et exigence de qualité, elle conjugue savoir-faire et modernité pour répondre aux attentes d’un public toujours plus attentif au goût, à l’origine et à la simplicité des produits.
Dans cet entretien, Cynthia revient sur la manière dont Puget fait évoluer son image sans perdre son ADN, tout en continuant à nourrir l’attachement des Français. Innovation produit, développement de nouveaux usages comme les vinaigrettes, collaborations inattendues, exigence qualité et nouvelle plateforme de communication « Puget, Sel, Poivre… ». Une conversation éclairante sur la stratégie d’une marque patrimoniale qui continue de se réinventer. Pour en savoir plus, ne manquez pas cet épisode de Brandiiing !

JUPDLC : L’huile d’olive s’est largement démocratisée en France ces dernières décennies. Quel rôle Puget a-t-elle joué dans cette évolution des usages et des habitudes culinaires ?
Cynthia Riblet : Adolphe Puget, c’est celui qui a démocratisé l’huile d’olive. Depuis les années 90, Puget est la première marque d’huile d’olive vendue en France. L’année prochaine, on fêtera les 170 ans de la marque, donc c’est 170 ans dans le placard des Français. Vous ouvrez le placard d’un Français dans l’année, vous avez plus de 25% de chances d’y trouver un produit Puget. C’est plus de 10 millions de litres vendus par an. C’est clair qu’aujourd’hui, Puget est la marque que tout le monde connaît, qui est le leader historique de l’huile d’olive. Mais c’est aussi une marque qui est en constante évolution et qui a besoin de se renouveler, de montrer d’où elle vient, son attachement à la Provence, son ancrage méditerranéen et ce qui fait sa qualité.
JUPDLC : Tu es également chargé de la R&D. En quoi est-ce que ça consiste pour une marque d’huile d’olive d’aller chercher de l’innovation, du développement de produits ?
Cynthia Riblet : On s’est étendu sur un territoire qui est un peu adjacent à celui de l’huile d’olive, en proposant des vinaigrettes à base d’huile d’olive vierge extra. C’est aujourd’hui un véritable succès pour la marque. Ça permet aussi parfois de toucher des cibles plus jeunes, plus familières que l’huile d’olive.
Ce sont aussi des produits qui sont très intéressants. Par exemple, on a lancé dernièrement deux innovations, une vinaigrette à base de miel et de moutarde et une à base de citron et de romarin. Ce sont des produits qui permettent de renouveler la marque et d’être présent dans l’esprit des consommateurs.
Le co-branding permet de le faire. D’ailleurs, il y a deux ans, on s’est associé avec les sardines Parmentier. On est assez exclusif dans nos choix. On cherche vraiment des produits de qualité où l’huile d’olive a un vrai rôle et permet vraiment de venir apporter une vraie qualité dans le produit final. C’est pas juste la marque, mais c’est le produit.
Plus récemment, pour créer une certaine forme de modernité, on s’est associé à une marque de glace. On avait vu dans les trends que Dua Lipa, son dessert préféré, c’était de la glace à la vanille avec un trait d’huile d’olive et un peu de sel.
Dans ce cadre, on a travaillé avec un fournisseur de glace en circuit court qui s’appelle l’AMMR. Avec notre oléologue et le meilleur ouvrier de France de l’AMMR, on a travaillé sur des recettes fleur de lait et huile d’olive qui viennent vraiment sublimer le produit, que ce soit la glace ou l’huile d’olive, et qui apportent vraiment quelque chose de différent, de nouveau, d’assez inattendu. Et ça fait du bien aussi parfois à la marque.
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JUPDLC : Vous insistez beaucoup sur l’assemblage des huiles, comparable à celui du vin. Qu’est-ce que cela dit du positionnement de Puget ?
Cynthia Riblet : Ça parle avant tout de savoir-faire, puisque Puget, c’est vraiment le savoir-faire d’un œnologue, qui est à Vitrolles, dans notre usine, et qui va assembler, à la manière d’un maître de chais, les différents arômes de terroirs, pour pouvoir, in fine, proposer une huile d’olive avec le goût et la signature aromatique que l’on connaît de Puget, et qui va être inimitable et constante, surtout dans le temps.
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JUPDLC : Vous avez fait le choix exigeant du 100 % vierge extra et d’une extraction à froid en moins de 24h. Comment traduisez-vous concrètement cette exigence qualité pour qu’elle soit perçue et comprise par les consommateurs ?
Cynthia Riblet : Il faut rester effectivement simple. La première chose, c’est de pouvoir être sûr que, chaque fois que le consommateur va ouvrir sa bouteille d’huile d’olive, il va retrouver ce goût inimitable.
Et puis, c’est aussi ce qui nous fait dire que cette qualité est constante. C’est par exemple les résultats UFC Que Choisir : être top 3 dans le classement, c’est être élu marque préférée des Français sur la qualité et sur le goût.
Ce sont des moyens simples aussi de montrer au consommateur qu’il a fait le bon choix, celui de la qualité. Et puis, c’est cette mention vierge extra dont on sait qu’aujourd’hui, c’est un marqueur de qualité. Même si le consommateur ne comprend pas exactement de quoi il relève avec cette mention-là, c’est un gage de qualité.

JUPDLC : Vous avez récemment lancé une nouvelle plateforme avec la signature “Puget, Sel, Poivre”. Quel était l’enjeu derrière ce repositionnement et qu’est-ce qu’il change dans votre manière de communiquer ?
Tout l’enjeu de cette nouvelle plateforme, c’était avant tout de créer un choc de considération, de faire en sorte de renouer avec l’amour des Français, mais de créer une rupture aussi dans ce qui peut se faire dans le paysage audiovisuel.
L’idée, c’est vraiment d’incarner l’esprit de la Provence, d’incarner ces produits bruts, peu transformés, qui vont être magnifiés avec un peu d’huile d’olive, un peu de sel, un peu de poivre.

Et puis, c’est aussi cette cuisine qui est simple, qui est généreuse, qui resserre les liens. Donc, ce n’est pas une Provence de carte postale, c’est la Provence qui est la spontanéité de gens qui se rassemblent autour de la table.
Même si ce n’est pas tout à fait parfait, ce qui compte, c’est avant tout le moment qu’on partage. Et l’huile d’olive, c’est ce liant qui va lier les produits comme les gens.

Cette interview a été réalisée à la suite de l’enregistrement de Brandiiing, notre podcast qui vous fait découvrir ou redécouvrir les marques les plus emblématiques.



