Nous sommes le 11 décembre, la fin de l’année est déjà là, et avec elle tout son lot de traditions : les fêtes, les décorations, les repas à rallonge… et les articles de tendances pour l’année à venir. S’il est difficile de prédire l’avenir avec précision, une chose reste néanmoins sûre et certaine : dans le monde du marketing et de la communication, le social media va continuer de prendre de plus en plus d’importance dans l’écosystème médiatique. Face à ce constat qui se renforce avec les années, les marques doivent continuer de suivre de près ce qu’il s’y passe, sous peine de voir leur visibilité noyée dans un torrent de contenus. Chez J’ai un pote dans la com, on s’est donc retroussé les manches pour vous présenter les 7 grandes tendances qui façonneront selon nous le paysage du Social Media en 2026.
L’IA : un outil à double tranchant
Ce n’est pas un scoop : sur les réseaux sociaux comme ailleurs, l’intelligence artificielle est partout. Chaque plateforme, chaque outil, chaque agence propose la sienne, et il devient difficile de faire sans. Il faut dire que l’IA générative est d’une efficacité redoutable dans la production de contenus, où elle est utile à chaque étape. De l’idéation à la diffusion en passant par la création, elle permet un gain de temps inestimable. La récente annonce du déploiement de certaines des applications de la suite Adobe directement au sein de ChatGPT ouvre par exemple des possibilités quasi infinies.
En quelques prompts, l’IA permet de générer des posts, des illustrations, des voix off, et même maintenant de courtes vidéos, avec un réalisme saisissant. Dans une logique de productivité, il devient donc difficile de passer à côté… et ça, les professionnels du marketing et de la communication l’ont bien compris. Selon un rapport de Metricool publié en août dernier, 96 % des community managers, agences et responsables marketing utilisent déjà des outils d’IA, dont 72,5 % de façon quotidienne. Dans le même esprit, une étude publiée fin 2024 par l’agence Influence Metrics révélait que plus de six posts sur dix publiés sur LinkedIn en France étaient écrits totalement ou partiellement grâce à l’IA.
Cette tendance à utiliser l’IA dans sa communication en social media est donc déjà bien implantée et devrait encore s’accélérer en 2026, ce qui n’est pas sans conséquence. L’utilisation généralisée de l’IA fait craindre deux dérives. Premièrement, des contenus toujours plus nombreux, alors que la guerre de l’attention n’a jamais été aussi féroce sur les différents réseaux sociaux.
Deuxièmement, des contenus uniformisés, standardisés, et donc moins impactants. En 2026, les communicants auront cette délicate double mission d’apprivoiser l’IA pour optimiser leur temps, tout en prenant soin de garder une touche humaine et créative. Tout le challenge sera alors de savoir utiliser l’IA pour démultiplier l’impact des contenus, plutôt que les contenus eux-mêmes.

Une quête de transparence et d’authenticité toujours plus forte
À l’heure des contenus générés automatiquement par l’IA, des publicités intrusives et des bad buzz en tout genre, les consommateurs et plus particulièrement la Génération Z traversent une perte de confiance globale. Et cette défiance n’épargne pas les marques : l’étude State of Social 2026 de Brandwatch relève ainsi que les appels au boycott d’une marque ont augmenté de 95 % au premier semestre 2025, la plupart suite à une mauvaise expérience d’achat. Dans ce contexte, l’authenticité et la transparence seront donc des valeurs cardinales pour les marques sur les réseaux sociaux en 2026.
Pour diffuser au mieux leurs valeurs et leurs messages, les entreprises disposent de plusieurs moyens efficaces. Premièrement, l’UGC et les micro influenceurs, qui se muent en véritables relais de confiance. Plus proches de leurs communautés, ils sont perçus comme moins déconnectés que les macro influenceurs, parfois accusés de multiplier aveuglément les collaborations. Toujours selon la même étude, ces micro influenceurs bénéficient sur ce premier semestre 2025 de + 44 % de mentions positives.
Dans ce même esprit de recherche d’authenticité, la forme des contenus compte également. Les contenus bruts, moins soignés et moins scriptés, ont la cote, notamment sur TikTok. Oubliez les prods bien léchées, les micros dissimulés et tout ce qui pourrait ressembler à de la publicité. Un micro cravate tenu à bout de bras, une réalisation chancelante et un montage au hachoir : voilà la recette du succès !
Dernier moyen pour les annonceurs de se montrer authentiques et transparents dans leur communication : écouter leur communauté puis le faire savoir, via des cocréations par exemple. Selon l’étude de Brandwatch, 99 % des discussions social media sur les marques se font sans elles. Il est temps pour les marques d’écouter, de comprendre et d’agir pour regagner la confiance de leur audience !
La vidéo : un incontournable qu’il faut savoir bien utiliser
En 2026, rien de nouveau sous le soleil : la vidéo reste le média incontournable pour performer sur les réseaux sociaux. à une condition cependant : celle de bien choisir son format, en fonction de son message et de sa cible.
La vidéo très courte, à une époque où l’attention est toujours plus limitée, reste ultra-efficace pour du contenu viral et engageant. Longtemps cantonnée à TikTok et Instagram, elle est désormais également ultra populaire sur YouTube, X et même… Facebook. Dans son rapport « L’État de la vidéo courte en 2025 », Metricool dévoile ainsi que le nombre de Reels publiés sur le doyen des réseaux sociaux progresse de 72 %, avec des vues qui augmentent de 24 %.
Ces vidéos courtes peuvent se suffire à elles-mêmes, où constituer un produit d’appel pour rediriger vers un contenu plus long. L’idée est alors de mettre en appétit le viewer via un snack content pour le convaincre d’aller dévorer un plus gros morceau. C’est évidemment très fréquent sur YouTube, où les chaînes majeures comme celles de McFly & Carlito ou Squeezie multiplient ces vidéos « vitrines ».
Le streaming vidéo a la cote
Sur YouTube toujours, l’année 2025 restera marquée par des vidéos très produites chez les big players de l’industrie. Dans la lignée de Kaizen l’année précédente, Stop the train chez Squeezie et Terminal chez Michou ont franchi un nouveau step dans la course à la superproduction. Un moyen XXL pour les annonceurs (qui peuvent se le permettre) de faire parler d’eux en associant leur marque à une vidéo blockbuster.
La vidéo est tellement populaire qu’elle se retrouve même… sur les plateformes d’écoutes. Il suffit de voir le boom des podcasts vidéos sur Spotify, toujours plus nombreux. Une tendance de fond confirmée par l’annonce du partenariat entre Spotify et Netflix, qui conduira à l’intégration de 16 podcasts vidéo à la plateforme de streaming américaine dès 2026.
Tendance bonus : après s’être longtemps cherché un public, les Ray-Ban Meta (ainsi que leurs cousines sportives les Oakley Meta) sont de plus en plus présentes sur les plateformes, notamment en influence. Le VLOG en POV, the next big thing ?

Search, Commerce : quand tout est social
Au départ, les réseaux sociaux étaient utilisés pour se connecter à ses amis, ses proches, voire des inconnus. Puis, ils sont devenus une source de divertissement, d’information, d’évasion. Désormais, ils sont tout cela à la fois et bien plus encore, se muant au passage en moteurs de recherche, ainsi qu’en plateformes d’achat-vente : c’est l’ère du social search et du social commerce.
Le social search était une tendance en 2025, et risque bien de devenir un usage ancré définitivement dans les mœurs en 2026. Une étude Google France sortie en 2024 indiquait déjà que 65 % des 15-24 ans utilisaient les réseaux sociaux comme principal outil de recherche d’information. Toujours dans cette quête d’authenticité dont on parlait précédemment, la Gen Z préfère prendre connaissance de l’expérience sans filtre d’un autre utilisateur plutôt qu’un discours de marque neutre, que cela soit pour savoir comment réparer une fuite d’eau ou trouver un restaurant près de chez soi. Plus qu’une nouvelle pratique, c’est un écosystème entier qui se déploie. Les marques doivent donc s’adapter et se positionner pour apparaître dans ces recherches de la manière la plus naturelle et pertinente possible.
L’irrésistible ascension de TikTok Shop
L’année 2025 restera comme celle ayant vu TikTok Shop débarquer en France, le 31 mars dernier. Une nouvelle fonctionnalité qui illustre concrètement les innombrables opportunités qu’offre le social commerce. En débloquant la possibilité d’acheter sans quitter la plateforme, un réseau social comme TikTok propose désormais aux annonceurs toutes les étapes du funnel d’acquisition sur sa plateforme, de la notoriété à l’achat. C’est quasiment le graal pour les marques : toucher les intentionnistes au bon moment, au bon endroit, sans aucun frein à l’achat ni rupture dans l’expérience utilisateur.
Finalement, c’est la suite logique de l’influence marketing : le créateur de contenu n’est plus seulement un prescripteur, mais un vendeur. En 2026, le social commerce devrait continuer de déployer ses ailes, car tout indique que nous ne sommes qu’au début de son essor. En France, TikTok shop a ainsi atteint 1 % de part du marché du e-commerce devant des acteurs comme La Redoute ou eBay, et ce en seulement six mois…
La guerre de l’attention : se démarquer sans en faire trop
Soyez honnêtes : savez-vous combien de temps vous passez par jour sur votre smartphone ? Et si oui, êtes vous surpris, voire effrayés par ce chiffre ? Les chiffres, eux, sont équivoques : selon un rapport de l’ARCEP, 25 % des Français passent plus de 5 heures par jour sur les écrans pour un usage personnel. Un chiffre qui monte même à 39 % chez les 18-24 ans.
Mais si les Français passent beaucoup de temps sur leur écran de smartphone, cela ne signifie pas pour autant qu’ils sont davantage disposés à recevoir un message publicitaire, bien au contraire. D’un côté, une fatigue numérique s’est installée. 42 % d’entre eux estiment ainsi passer trop de temps devant les écrans. De l’autre, on frôle l’overdose de contenu et le burnout publicitaire. En ouvrant les réseaux sociaux, on s’insère dans un flot continu d’informations et de contenus, encore accéléré avec l’arrivée de l’IA. Dans ce contexte, le temps de cerveau humain disponible cher à Patrick Le Lay est réduit à portion congrue.
Pour les marques, il devient délicat de se démarquer. Il convient alors de se montrer agile, réactif et malin pour arriver à capter l’attention de l’audience. Un exemple parlant d’une manière astucieuse de parvenir à transmettre son message jusqu’à sa cible est la vidéo Stop the train de Squeezie. Pour ne pas se faire zapper à grands coups d’avance rapide, l’annonce de la collaboration avec Boursobank est amenée à un moment crucial de la vidéo, difficilement skippable.
Le modèle Duolingo
Une autre astuce est de s’insérer dans les trends du moment, tout en finesse (ou pas). Une discipline dans laquelle Duolingo est passé maître. La marque au célèbre hibou vert est devenue une référence pour tous les annonceurs désireux de surfer sur la viralité d’une trend, ou plus globalement de se démarquer par une communication audacieuse.
En 2026, il faudra être à l’image de la mascotte Duo : réactive, mais surtout créative. Les réseaux sociaux sont un terrain mouvant, ou le moindre faux pas peut s’avérer dangereux pour l’image d’une marque. Tout le challenge est de se montrer assez ingénieux pour s’intégrer dans un meme sans y nuire, tout en restant fidèle à son image de marque. Un bon moyen pour cela est d’être à l’écoute de sa communauté, qui peut donner des indices sur les prises de paroles à saisir. Comme Zaria Parvez, la désormais ex-social media manager de Duolingo, l’a rappelé dans une interview au Wall Street Journal : « comme je le dis toujours, votre section commentaires est votre meilleur brief social media. »
Voir cette publication sur Instagram
Les communautés, nouvel eldorado des marques
Si vous avez lu ce top de tendances scrupuleusement jusqu’ici, vous savez maintenant que les annonceurs se frotteront à un double défi en 2026. Premièrement, se montrer authentique pour continuer d’engager son audience dans un contexte de défiance globalisé. Deuxièmement, surnager dans un flot de contenu pour capter une attention qui s’amenuise de façon inversement proportionnelle au temps d’écran. Pour surmonter ces deux difficultés, les marques peuvent surfer sur une tendance qui a fait surface en 2025 et qui devrait continuer de se développer en 2026 : le marketing communautaire.
À la manière des micro influenceurs évoqués plus haut, les communautés peuvent être utilisées pour engager une cible réduite mais proactive, plutôt qu’une large cible passive. C’est l’anti mass-marketing qui a longtemps prévalu ; les consommateurs ne souhaitent plus un discours unilatéral centré sur la marque, mais plutôt une discussion centrée sur l’humain. L’annonceur devient alors un facilitateur des échanges entre les membres de son audience, plutôt qu’un interlocuteur unique.
Les marques ont le choix. Elles peuvent se créer leur propres communautés via du owned media, à l’image de Decathlon, Duolingo ou encore PMU. Ou alors communiquer auprès de communautés déjà existantes, qu’il s’agisse de celles de créateurs scrupuleusement choisis ou de fandoms précis. Dans les deux cas, c’est une véritable mine d’or pour les annonceurs : les communautés constituent une audience ciblée, qualifiée et surtout engagée.
C’est dans cette dynamique du retour en grâce de la communauté que s’inscrit le fort développement récent de Reddit, boosté par cette quête d’échanges humains, constructifs et surtout organiques. Tout l’enjeu pour les marques est alors de s’y fondre naturellement, et surtout de ne pas s’y imposer.

La force de frappe des évènements live
Si on parle depuis tout à l’heure de réseaux sociaux et de digital, il ne faut surtout pas oublier ce qu’il se passe IRL. Les évènements organisés « dans la vraie vie » (en public ou non) et retransmis en live sur les réseaux sociaux puis (re)partagés sous divers contenus offrent une superbe opportunité aux annonceurs de se démarquer. D’abord parce qu’il n’y a rien de tel pour se connecter à son audience que de créer littéralement l’évènement autour d’un temps fort. Ensuite parce que ces sessions de live offrent de nombreuses possibilités de replay et de création de contenus additionnels, potentiellement viraux.
Il existe deux catégories d’événements live. Il y a ceux organisés par les créateurs de contenus eux-mêmes, qui ont été nombreux encore en 2025 : le GP Explorer 3, Stream for Humanity 2, ZEvent 2025… Si on prend le premier nommé en exemple, la visibilité offerte à à la petite cinquantaine de marques partenaires est incomparable : 200 spectateurs sur place, 1,5 millions de viewers sur Twitch, 1,22 devant leur télé… sans compter tous les contenus uniques créés par chacun des 24 pilotes, avant, pendant et après la course.
La Star Ac’, reine de X
Et puis, il y les événements produits hors de la sphère des réseaux sociaux, mais dont les contenus inondent ces derniers. Les émissions comme Star Academy, Secret Story ou encore L’amour est dans le pré investissent les plateformes, offrant aux téléspectateurs une tribune pour réagir en direct à ce qui s’y passe. Et cette caisse de résonance n’est pas négligeable pour les annonceurs. En 2024, Visibrain a ainsi révélé que le hashtag #staracademy avait été utilisé 3,3 millions de fois en France sur X, le plaçant 4e du top 10 des hashtags les plus populaires, entre #macron et #agriculteursencolère. Sur TikTok, les publications en lien avec la Star Ac’ ont généré 323 millions de vues et 21 millions de likes sur la même période. Une aubaine pour les marques partenaires de l’émission, qui bénéficient ainsi d’une visibilité à 360 degrés.




