« Les streamers Twitch continuent de trouver de nouvelles manières de rassembler les gens et d’influencer la culture. » Cette phrase du CEO de Twitch, Dan Clancy, prononcée à la TwitchCon Rotterdam, résonnait encore dans nos têtes lorsque nous foulions le sol du circuit Bugatti. Car nous y étions, au Mans, pour la troisième et dernière édition du GP Explorer : The Last Race.
Last, oui, but not least ! Cette édition a été celle de tous les records. Première diffusion télé, 1,5 million de viewers sur Twitch, près de 200 000 personnes sur place, une cinquantaine de marques activées… Mais surtout, un constat : la scène du streaming français a pris une longueur d’avance. Et le monde la regarde.
De pari fou à événement grand public
Pendant que le Grand Prix de F1 de Singapour se jouait à l’autre bout du monde, une autre course attirait tous les regards : le GP Explorer 3, événement créé par Squeezie, diffusé pour la première fois sur France 2. Au compteur : 1,22 million de téléspectateurs pour 10,8% de part d’audience, un score équivalent à celui de la F1 (1,09 million) sur Canal+, pourtant chaîne payante.
En coulisses comme à l’écran, tout était millimétré : casts de streamers français et internationaux, écrans géants, caméras et drones dignes des plus grandes productions, ambiance électrique… En trois ans, le GP Explorer est passé d’un pari fou à un événement hybride et rentable, suivi par 6,7 millions de personnes tous écrans confondus, selon France Télévisions. Un exemple flagrant de la porosité croissante entre streaming, télévision et événementiel.

Des chiffres records sur Twitch
Sur Twitch, les chiffres atteignent des records : 1,4 million de spectateurs simultanés, avec un pic global de 1,506 million en comptant les rediffusions et les streams des géants internationaux comme Ibai (Espagne, 19,8M de followers sur Twitch) et HasanAbi (États-Unis, 3M de followers). Ce dernier s’est d’ailleurs dit impressionné par l’événement et son organisation, affirmant dans un stream qu’il y a « des niveaux à ce sujet, et que les Français nous dépassent ».
🚨 HASANABI, LE CASTEUR AMÉRICAIN DU GP EXPLORER 3 ÉVOQUE PARLE DE L’ORGANISATION DU GP EXPLORER ! 🏎️
« Il y’a des niveaux à ce sujet et les français nous dépassent » 🇫🇷#GPExplorer3 #TheLastRace pic.twitter.com/oALeqRG8e6
— Le Meilleur De Twitch 👾 (@MeilleurDTwitch) October 4, 2025
Selon les chiffres présentés par GameSider, tirées de Twitch Tracker, la chaîne de Squeezie a atteint à elle seule 1 373 815 viewers, battant ainsi le précédent record français établi lors du GP Explorer 2 (1 340 960). Le record mondial, lui, reste entre les mains d’Ibai Llanos et sa Velada del Año III, avec plus de 3,4 millions de spectateurs. Mais combien de temps ce record tiendra-t-il encore ?
Le stream français observé… et envié à l’international
Dans le paysage du streaming mondial, la scène Twitch française ne se contente pas de suivre la danse : elle impose son rythme. Nous avons même croisé Dan Clancy, CEO de Twitch, qui a fait le déplacement jusqu’au Mans. S’il déclarait être là pour s’amuser, difficile de ne pas y voir un signal fort : le GP Explorer, né de la créativité tricolore, est devenu un étendard stratégique pour la plateforme. Et le monde observe.

Karchez, streamer espagnol aux 1,3 million d’abonnés et vainqueur de la course, n’a, quant à lui, pas caché son admiration. Il déclarait à l’AFP : « Je suis 100 % jaloux d’un tel événement. Ce serait génial d’en organiser un similaire en Espagne. »
« We have seen nothing like this in America. »
L’écart entre la scène française et celle des États-Unis a même été au cœur des discussions entre streamers internationaux. Lors d’un live avec Léna Situations et Chloé Gervais, HasanAbi (dont nous parlions plus tôt) et Pokimane, figures incontournables de Twitch outre-Atlantique, ont confié leur choc culturel face à l’ampleur de l’événement. Ils évoquaient une communauté « unifiée », massive et bienveillante, des moyens « insensés », et une légitimité médiatique impensable aux États-Unis, où les streamers restent souvent cantonnés à la marge. La richesse des échanges, la parité, ou encore l’absence de « flex culture » (étalage de richesse) ont marqué les esprits.
Quant aux marques, elles étaient nombreuses à avoir répondu présent. Nous avons pu échanger sur place avec des responsables marketing internationaux, dont une grande marque allemande, qui nous confiait que le streaming français était, à leurs yeux, bien plus puissant et structuré que son équivalent en Allemagne.
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Des formats innovants portés par des streamers français
Fier étendard, le GP Explorer n’est pas le seul format initié par des streamers français qui a fait parler de lui ces derniers mois (et années). Le streamer Zack Nani a récemment décroché les droits de diffusion de la Saudi Pro League, diffusant gratuitement jusqu’à trois matchs par semaine sur Twitch et YouTube. Une première dans l’histoire des droits sportifs en France qui témoigne de l’influence des streamers français sur des événements internationaux. Enfin, difficile de ne pas mentionner le ZEvent, événement caritatif mené par ZeratoR et Dach, réunissant depuis 2016 des streameurs francophones dans le but de récolter des dons reversés à au moins une association. Un événement annuel qui a récolté des dizaines de millions d’euros… Et qui a vu naître l’idée du GP chez Squeezie.
Des formats, communautés et productions qui continuent « de rassembler les gens », « d’influencer la culture », comme le disait Dan Clancy, et qui incarnent un streaming collectif, créatif, et fièrement tricolore. Si le GP Explorer tire sa révérence, nous serions bien tentés de croire que pour la France, la course au streaming mondial ne fait que commencer.
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