À l’occasion de son passage dans notre studio pour Brandiiing, le podcast qui décrypte l’univers des grandes marques, Ludovic du Plessis, Président de la Maison Champagne Telmont, a répondu à nos questions.
Fondée en 1912 à Damery, près d’Épernay, dans le sillage des révoltes champenoises de 1911, la Maison Telmont s’est construite autour d’un héritage fort et d’une longue histoire familiale. Depuis sa reprise en 2020 par le groupe Rémy Cointreau, la Maison connaît une nouvelle dynamique, portée par une ambition claire : concilier excellence champenoise et transition environnementale. À travers le projet « Au nom de la Terre », Telmont s’engage aujourd’hui vers une viticulture 100 % biologique et régénérative, avec l’objectif d’atteindre le « Net Zéro d’ici 2050 ».
Dans cet entretien, Ludovic du Plessis revient sur les grands axes de transformation de Telmont, entre héritage et modernité, et sur la manière dont la Maison entend faire évoluer les codes du champagne. Il partage également sa vision d’une marque incarnée, engagée et ouverte sur d’autres univers culturels. Pour en savoir plus, ne manquez pas cet épisode de Brandiiing !

JUPDLC : En 2022, Leonardo DiCaprio est entré au capital de Telmont. Dans le cadre de votre projet « Au nom de la Terre », qu’est-ce que cela change d’avoir une célébrité investisseur plutôt qu’égérie, en termes d’image et de crédibilité ?
Ludovic du Plessis : Leonardo est avant tout un ami de longue date. Nous nous connaissons depuis de nombreuses années et partageons une conviction forte : « l’urgence d’agir pour l’environnement et de le protéger, parce qu’il n’y a pas de planète B ». Leonardo est très engagé et porte-parole aux Nations Unies sur le sujet du changement climatique, et c’est lui qui m’a poussé à agir, notamment en me recommandant de voir 2 documentaires incroyables « Can we cool the planet ? » et «Ice in Fire ».
Lorsque je lui ai proposé de rejoindre l’aventure Telmont et le projet « Au Nom de la Terre », il a immédiatement accepté et choisi d’investir parce qu’il croit profondément en ce que nous construisons ici à Damery : une Maison de Champagne engagée vers le 100 % biologique et régénératif (avec déjà 70% de nos vignes converties ou en cours de conversion) et visant le Net Zéro d’ici 2050. Nous partageons la même philosophie : « le vin est bon si la Terre est belle ».
C’est un investisseur présent, qui est venu rendre visite aux équipes. Je lui donne régulièrement des nouvelles des vignes, de nos cuvées et de nos actions pour réduire notre empreinte carbone. Évidemment, sa présence à nos côtés est précieuse, en termes de visibilité, mais surtout parce qu’elle donne de l’élan à un mouvement plus large. Sa crédibilité sur les enjeux environnementaux renforce l’authenticité de notre démarche. Elle permet de porter ces sujets bien au-delà du cercle des amateurs de vin : elle contribue à sensibiliser un public plus large aux bénéfices de l’agriculture biologique et régénérative et à l’importance de prendre soin de la terre et de celles et ceux qui la cultivent.

JUPDLC : On vous voit prendre la parole, voyager dans les vignobles français, partager des bouteilles outre-Atlantique avec des chefs, ou encore prendre la parole à l’École Hôtelière de Lausanne pour parler de Telmont. Pourquoi avoir choisi d’incarner vous-même la marque ?
Ludovic du Plessis : Parce que notre projet « Au Nom de la Terre » n’est ni une campagne marketing ni un slogan publicitaire. C’est notre quotidien, la pierre angulaire de tout ce que nous faisons. Et dans le luxe, aujourd’hui plus que jamais, l’authenticité est indispensable. Les gens ne se contentent plus d’un discours : ils veulent comprendre qui est derrière, pourquoi on agit, ce qui nous anime réellement.
Nous sommes 17 hommes et femmes chez Telmont, et tous nous l’incarnons à notre façon et sommes fiers de travailler pour cette mission « Au Nom de la Terre ». En incarnant Telmont, nous prenons cette responsabilité. On assume nos choix pour le bio, alors que seulement 6% du vignoble champenois l’est, on explique pourquoi c’est meilleur pour la vigne et pour le vin, avec des bénéfices œnologiques hors du commun.
Je suis là pour porter la voix de la Maison Telmont, avec sincérité et transparence, dans les bons moments comme dans les plus difficiles, car je le dis aussi, nos choix radicaux (le bio, le régénératif, l’abandon du fret aérien, la réduction du poids des bouteilles, l’abandon de tous les emballages et coffrets…) ajoutent de la complexité dans notre quotidien. Et puis, enfin, c’est une question de cohérence : on ne peut pas appeler à l’engagement sans s’engager soi-même.
JUPDLC : Vos collaborations avec Loci Wear ou Brompton peuvent surprendre pour une maison comme Telmont. Est-ce une manière de toucher une cible plus jeune, plus urbaine ?
Ludovic du Plessis : Ces collaborations, que nous développons à l’international (hors France) sont avant tout des rencontres avec des marques qui partagent nos valeurs et qui ont envie, comme nous, de faire bouger les lignes, de challenger le statu quo. Quand une marque de vélo ou de mode durable agit concrètement pour réduire son impact, sans greenwashing, collaborer avec elle est une manière de montrer qu’il n’y a d’intelligence que collective, que le changement est déjà en route, et qu’il dépasse largement le seul monde du vin.
JUPDLC : Du tapis rouge de Cannes aux grands rendez-vous sportifs, Telmont s’invite en tant que fournisseur officiel dans des univers variés. Quelle place ces évènements occupent-ils dans votre stratégie ?
Ludovic du Plessis : C’est toujours une question de cohérence et de bon sens : dire ce que l’on fait, et faire ce que l’on dit, être fournisseur officiel d’évènements alignés avec notre vision. Nous ne cherchons pas la visibilité pour la visibilité. À chaque fois, notre rôle c’est de montrer que l’on peut célébrer tout en respectant la Terre.

JUPDLC : On vous a également vu explorer la création musicale générée par intelligence artificielle. C’est assez inattendu pour une maison de champagne… Est-ce un nouveau terrain d’expression que vous souhaitez développer dans votre communication ?
Ludovic du Plessis : Nous sommes une start-up centenaire ! Un pied dans la modernité, l’autre dans la tradition. Donc rien d’étonnant à cela. Telmont a toujours été une maison qui aime explorer, créer des ponts avec d’autres disciplines (l’art, la gastronomie, la musique…). Cela fait partie de notre identité. Mais le fond ne change pas. Quel que soit le médium, le message reste le même : produire le meilleur champagne possible, sans aucun compromis sur la durabilité, « Au Nom de la Terre ».

JUPDLC : Quelles sont les grandes nouveautés prévues pour 2026 en termes de campagnes publicitaires, activations digitales ou partenariats à l’international ?
Ludovic du Plessis : Cette année s’annonce particulièrement riche !
Nous allons d’abord capitaliser sur une étape majeure pour la Maison, l’obtention de la certification Regenerative Organic Certified® (ROC™). En 2026, Telmont est devenue la première Maison de Champagne certifiée ROC™ sur ses vignobles déjà certifiés biologiques (un label exigeant, qui va au-delà de l’agriculture biologique, en intégrant la protection de la biodiversité, la régénération des sols et des conditions de travail équitables pour les femmes et les hommes qui les cultivent).
Nous poursuivrons également notre engagement dans des événements emblématiques, avec une sixième année consécutive en tant que fournisseur officiel du Festival de Cannes.
Enfin, nous serons présents sur plusieurs grands rendez-vous internationaux, en tant que fournisseur officiel de compétitions majeures comme les championnats de courses nautiques SailGP et E1.
À travers ces moments, un même but : porter haut notre projet « Au Nom de la Terre » et partager notre vision d’un champagne d’exception engagé.

Cette interview a été réalisée à la suite de l’enregistrement de Brandiiing, notre podcast qui vous fait découvrir ou redécouvrir les marques les plus emblématiques.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.



