En 2026, J’ai un pote dans la com lance La Sélection, son premier Grand Prix dédié à celles et ceux qui font réellement évoluer les industries du marketing, de la communication et des médias. Une initiative pensée pour dépasser la simple mise en avant des campagnes et s’intéresser aux profils qui, par leur vision et leurs actions, transforment le secteur en profondeur.
Pour constituer ce jury, la rédaction s’entoure d’experts aux parcours solides et aux regards affûtés. Parmi eux, Anne Machenaud, Marketing Lead France chez Amazon Ads. Passée par L’Oréal avant de rejoindre l’univers tech, elle évolue aujourd’hui à la croisée du brand marketing, de la data et de la performance, avec une approche centrée sur l’impact réel des stratégies.
Parcours, vision du marketing moderne, prise de risque et définition d’un talent influent : elle a répondu à nos questions.

JUPDLC : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en retraçant les grandes étapes de votre parcours ?
Anne Machenaud : J’ai construit mon parcours à l’intersection de la marque, des insights et de l’innovation. J’ai passé plusieurs années en marketing opérationnel chez L’Oréal au Canada puis en France, où j’ai appris les fondamentaux du brand building dans un environnement exigeant et formateur, porté par une forte culture du produit, de l’excellence et de la compréhension fine du consommateur.
J’ai ensuite rejoint Amazon Ads, avec l’envie d’évoluer dans un univers plus tech et d’approfondir ma compréhension des enjeux média. Aujourd’hui, je pilote des sujets de brand marketing, avec l’objectif de structurer le positionnement d’Amazon Ads et de mettre en valeur nos solutions à travers des narratifs et des expériences à fort impact.
JUPDLC : Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre rôle aujourd’hui chez Amazon Ads ?
Anne Machenaud : Ce qui me stimule le plus, c’est la capacité à connecter des univers qui étaient historiquement séparés : la création, les insights et la performance.
Nous ne sommes plus dans une logique d’opposition entre branding et ROI. Aujourd’hui, on peut construire des approches qui font les deux, de manière mesurable.
Mon rôle consiste justement à structurer ces narratifs et à faire évoluer la manière dont Amazon Ads se positionne sur ces enjeux, et c’est particulièrement stimulant.
JUPDLC : Chez Amazon Ads, vous travaillez au cœur des enjeux du brand marketing dans la beauté en Europe. Y a-t-il une campagne ou un projet qui illustre particulièrement votre approche stratégique et votre compréhension des consommateurs ?
Anne Machenaud : Ce qui m’intéresse particulièrement, ce sont les approches qui partent réellement du consommateur et de ses signaux, et non d’une simple intuition marketing.
Dans le cadre de mes fonctions, je travaille sur des narratifs et des cas qui illustrent comment la combinaison de data first-party, d’insights comportementaux et d’environnements comme le streaming permet de reconstruire des parcours complets : rejoindre de nouvelles audiences, réengager, puis convertir.
Ce qui est clé pour moi, c’est de montrer comment on sort d’une logique de silo pour aller vers des stratégies réellement intégrées, où chaque point de contact a un rôle précis dans le parcours.
JUPDLC : Dans votre parcours, quelle a été la plus grande prise de risque ? Et avec le recul, referiez-vous le même choix ?
Anne Machenaud : Quitter un environnement qui m’était très familier comme L’Oréal pour rejoindre Amazon Ads a été une vraie prise de risque.
Après plusieurs années passées à évoluer sur 4 marques, 3 divisions et 2 pays, j’avais acquis une compréhension très solide du brand marketing et de ses mécaniques. J’ai fait le choix de quitter cet environnement maîtrisé pour rejoindre un écosystème plus technologique, avec l’envie de renforcer ma compréhension des stratégies média.
C’était un saut vers plus d’incertitude, mais aussi vers un terrain d’apprentissage beaucoup plus large. J’y apprends énormément au quotidien, et c’est un univers particulièrement stimulant et passionnant.
Avec le recul, je referais exactement le même choix. C’est dans ces environnements en mouvement qu’on apprend le plus vite.
JUPDLC : Vous rejoignez le jury de La Sélection de J’ai un pote dans la com. Pourquoi avoir accepté ? Qu’est-ce qui vous a parlé dans ce projet ?
Anne Machenaud : Ce qui m’a immédiatement parlé, c’est le fait de mettre en lumière des talents, et pas uniquement des campagnes.
On parle beaucoup des idées, mais moins de celles et ceux qui les portent et les rendent possibles. Or, ce sont ces profils hybrides, curieux et exigeants qui font réellement évoluer notre industrie.
C’est cette volonté de valoriser les parcours et les trajectoires qui m’a donné envie de rejoindre le jury.

JUPDLC : Selon vous, qu’est-ce qui distingue un talent vraiment influent d’un talent simplement visible ? Quels critères personnels allez-vous défendre au sein du jury ?
Anne Machenaud : La visibilité peut être conjoncturelle. L’influence, elle, se mesure dans la durée et dans l’impact réel.
Un talent influent, c’est quelqu’un qui fait bouger les lignes : dans la manière de penser, de créer ou de mesurer. Quelqu’un qui ne se contente pas d’exister, mais qui transforme.
Personnellement, je serai attentive à trois choses :
- la capacité à créer de la valeur concrète
- la cohérence entre vision et exécution
- et l’impact réel sur les marques, les organisations ou le marché
JUPDLC : Que pensez-vous des grands prix et palmarès traditionnels du secteur ? Ont-ils encore un rôle structurant pour l’industrie aujourd’hui ?
Anne Machenaud : Ils ont toujours un rôle structurant, mais ils doivent évoluer avec l’industrie.
Aujourd’hui, la créativité seule ne suffit plus : elle doit s’inscrire dans des stratégies mesurables, responsables et utiles. Les palmarès doivent refléter cette réalité.
Ils restent essentiels pour inspirer et fixer des standards, à condition de continuer à se réinventer.
JUPDLC : Qu’attendez-vous de cette première édition de “La Sélection” ? Qu’aimeriez-vous ressentir ou découvrir à travers les profils sélectionnés ?
Anne Machenaud : J’attends d’être surprise. J’aimerais découvrir des profils qui ne rentrent pas dans les cases classiques, avec des parcours atypiques, des approches nouvelles et une vraie capacité à faire avancer le secteur.
Si cette sélection permet d’élargir notre définition de ce qu’est un « talent » aujourd’hui, alors ce sera déjà une réussite.
JUPDLC : Si vous aviez un message à adresser aux futurs candidats, quel serait-il ? Qu’est-ce qu’ils doivent oser montrer pour vraiment marquer le jury ?
Anne Machenaud : Ne cherchez pas à cocher toutes les cases. Ce qui marque vraiment, ce n’est pas un parcours parfait, c’est une trajectoire assumée. Montrez ce que vous avez construit, ce que vous avez changé, et surtout pourquoi vous le faites.
Et surtout, osez sortir du cadre : c’est souvent là que se trouvent les profils les plus intéressants !



