Cannes Lions 2024 : entretien avec Mathieu Laugier, Directeur Général chez BETC

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À l’occasion des Cannes Lions 2024, toute l’équipe de J’ai un pote dans la com se mobilise pour vous faire vivre le festival comme si vous y étiez. Tout au long de la semaine, nous allons à la rencontre de personnalités issues du monde de la pub pour qu’elles nous partagent leurs insights sur cet événement phare, et leur vision des tendances qui façonnent – et façonneront ! – le secteur.

Dans cet article, nous recevons Mathieu Laugier Nous discuterons de son expérience et de sa vision des Cannes Lions, de campagnes marquantes et performantes ainsi que du rôle que peut jouer la publicité au sein de la société.

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JUPDLC : Jusqu’ici, quelles sont vos impressions du festival ?

Mathieu Laugier : Nous sommes ravis d’être là, comme chaque année. C’est un moment incontournable pour l’agence, un moment incontournable pour l’industrie. On est très contents de notre bilan : on a fait une super année avec un certain nombre de campagnes, beaucoup de shortlists sur beaucoup de projets qui nous tiennent à cœur. Des vrais projets avec des beaux clients. On touche du bois pour la suite, mais on est ravis du bilan !

 

JUPDLC : À quel point est-ce important de célébrer ça en équipe et d’avoir des récompenses à Cannes ?

Mathieu Laugier : Cannes, c’est un moment formidable pour les agences, pour la cohésion des agences. On est descendus, certes pas tous ensemble depuis Pantin, mais il y a un maximum de personnes de l’agence qui sont venues avec nous. C’est un moment de partage, c’est un moment un peu de relaxation même si, on s’en doute, ça génère pas mal de stress aussi. Mais on passe un très bon moment, on rencontre beaucoup de gens à l’international, on fait des rencontres, on s’amuse, on profite de notre belle industrie… C’est un très bon moment comme chaque année !

 

JUPDLC : Quelle est la valeur d’un Cannes Lions par rapport à d’autres prix internationaux ?

Mathieu Laugier : Les Cannes Lions c’est le Graal des festivals internationaux ! Le plus prestigieux, le plus difficile. C’est une compétition dans laquelle les meilleurs ne gagnent pas toujours mais en tout cas on y trouve des projets magnifiques, donc il y a beaucoup d’enjeux pour nous. Un peu de stress aussi par ailleurs… Mais ça reste un moment de fête avant tout ! Et on est, comme chaque année, contents de faire partie du palmarès.

 

JUPDLC : Beaucoup de shortlists et de récompenses cette année pour BETC. Y en a-t-il une en particulier qui vous a marqué ?

Mathieu Laugier : Parmi les campagnes qui marquantes de l’agence cette année, j’aimerais parler des campagnes Heetch avec qui on fait un travail que je trouve formidable avec une marque qui nous suit, qui nous accompagne avec une vraie mission, des valeurs, un engagement pour la banlieue qui est un territoire qui en a énormément besoin.

Pour Heetch, on avait « Greetings from la banlieue », qui est la campagne qu’on a réalisée pour réduire les biais des intelligences artificielles sur le sujet de la banlieue. Et une autre campagne qui s’appelle « First Conversation », qui œuvre pour la santé mentale des jeunes de banlieue, durant laquelle on a remplacé les chauffeurs Heetch par de vrais psychologues. L’idée était de leur permettre d’avoir cette première étape qui manque au moment d’une prise en charge par un thérapeute.

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JUPDLC : Ce sont des campagnes très innovantes, notamment sur les formats. Comment fonctionnez-vous avec l’annonceur pour rester dans cet ADN de marque tout en étant innovant ?

Mathieu Laugier : Avec Heetch, on a un mode de fonctionnement qui est extrêmement simple : on est contraint par la taille de la marque et par leur budget. D’abord on s’aligne avec la plateforme sur laquelle on travaille avec eux. Ensuite, on va chercher dans les formes quelque chose qui change, qui est impactant et qui rattrape l’investissement média que l’on n’a pas pu mettre dans la campagne par une forme qui sera, encore une fois, rupturiste et qui interpellera un maximum d’audience.

 

JUPDLC : Ces campagnes véhiculent des messages forts. Qu’est-ce que ça nous dit du rôle de la publicité pour la société en général ?

Mathieu Laugier : Le rôle de la publicité pour la société ? Je pense qu’il ne faut pas en faire trop. Mais il faut être lucide sur le fait qu’on est une industrie de la culture et comme toute industrie de la culture, on a un rôle à jouer. Les marques ont un rôle à jouer pour faire en sorte que la société dans laquelle on vit aille mieux et se porte mieux. Je pense qu’il faut le faire avec énormément d’humilité parce qu’il y a des gens qui changent le monde de manière beaucoup plus rapide et efficace que la pub. Mais on fait notre part et on essaie, nous, à notre niveau, de le faire, de faire des vraies campagnes, de ne pas fabriquer des choses qui ne soient pas particulièrement réelles ou réalistes.

 

JUPDLC : Quelles sont les clés pour concevoir une campagne performante ?

Mathieu Laugier : Une campagne performante c’est assez simple finalement. D’abord, il faut qu’on définisse l’objectif qui nous a été donné sur cette campagne. Parfois, on va aller chercher de l’awareness. Parfois, on va aller chercher du reach, de l’engagement. En l’occurrence, sur les campagnes qu’on a citées précédemment côté Heetch, on cherche à ce que la marque soit la plus visible possible et à ce que sa cible soit la plus engagée et la plus participative. Et puis le business aussi, c’est évidemment important. Et ces campagnes-là ont très bien fonctionné. La marque se porte bien. Les parts de marché sont au rendez-vous. Donc on est très contents, et les clients aussi.

 

JUPDLC : Et pour terminer, quelles seraient vos perspectives, mais aussi vos espoirs, sur l’évolution de l’industrie créative dans les cinq prochaines années ?

Mathieu Laugier : Déjà je pense qu’on est tous dans la bonne voie. Il y a quelques trucs qui me marquent cette année : l’intégration de la catégorie humour dans le jury film – parce que je pense qu’on en a besoin, de se décoincer un peu, de se la péter peut-être parfois un peu moins – et donc cette catégorie fait beaucoup de bien de ce point de vue-là. Je pense qu’il y a aussi un retour au vrai réalisme… La course au fake, au case-study qui est là pour raconter seulement une demi-vérité, je pense qu’elle est terminée. J’attends davantage de vrai, un peu plus d’humour et de la simplicité. Une idée créative, si on n’est pas capable de la raconter à sa mère le soir en rentrant, c’est qu’elle n’est pas bonne ou qu’elle n’est pas assez claire.

 

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