Alors que la pression sur les géants des réseaux sociaux pour protéger les adolescents s’intensifie, plusieurs entreprises acceptent désormais de se soumettre à une évaluation indépendante de leurs pratiques. Meta, TikTok, Snap, ainsi que YouTube, Discord et Roblox participent à cette initiative. La Mental Health Coalition a lancé le programme SOS « Safe Online Standards », un système de notation inspiré du « Nutri-Score ». Le dispositif, déployé à l’international depuis février 2026, vise à mesurer concrètement les efforts des plateformes pour prévenir les contenus préjudiciables et protéger la santé mentale des jeunes. Il repose sur une vingtaine de critères évalués par un panel d’experts internationaux.

Un « Nutri-Score » pour évaluer la protection des adolescents
Le programme SOS repose sur des critères précis :
- fonctionnalités de sécurité
- pauses imposées
- désactivation du défilement infini
- signalement de contenus sensibles
- politiques de modération
Les entreprises participantes doivent fournir volontairement des documents détaillant leurs outils, les paramètres par défaut et les dispositifs de signalement. Ces éléments sont ensuite examinés par un panel indépendant d’experts internationaux.
Des badges pour visualiser le degré de protection
À l’issue de l’évaluation, chaque plateforme se voit attribuer une mention accompagnée d’un code couleur, comme un « Nutri-Score » pour les réseaux sociaux :
- Bleu « Use carefully » : la meilleure note, indiquant que le réseau social a mis en place des protections solides et des règles claires
- Rouge « Does not meet standards » : signale des insuffisances majeures dans le blocage des contenus préjudiciables
- Jaune « Partial protection » : protection partielle, certaines mesures sont encore insuffisantes
- Blanc « Under review » : l’évaluation est encore en cours
- Orange « Application Pending » : l’entreprise a commencé le processus d’évaluation mais ne l’a pas encore terminé
Vers une protection renforcée
La mise en place du « Nutri-Score » pour les réseaux sociaux s’inscrit dans un contexte législatif de plus en plus strict. En France, l’Assemblée nationale a adopté la majorité numérique à 15 ans. Cette loi est validée par la Commission européenne. Les évaluations indépendantes, les codes couleurs et les interdictions d’âge se multiplient. Les protections numériques se renforcent pour encadrer l’usage des adolescents et responsabiliser les géants du numérique. Normes volontaires et régulation étatique se combinent pour offrir un environnement en ligne plus sûr. Elles posent aussi les bases d’une surveillance plus transparente et efficace des plateformes.



