La fin d’une ère : Omnicom absorbe IPG et met fin aux légendes DDB, FCB et MullenLowe

Par Charlotte Pierre

1 décembre 2025

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Le séisme tant redouté a frappé Madison Avenue… et l’ensemble de l’industrie publicitaire. Avec la finalisation du rachat d’IPG pour 13,5 milliards de dollars, Omnicom crée un géant mondial sans équivalent. Pourtant, plus que le montant de la transaction, c’est la réorganisation dévoilée par John Wren (directeur général d’Omnicom Group) qui marque une rupture historique. Le verdict est tombé pour les agences iconiques du groupe, confirmant les craintes et rumeurs de ces dernières semaines : DDB, FCB et MullenLowe cessent d’exister.

 

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Crédit photo : Adobe stock / Timon

DDB, FCB, MullenLowe : un adieu aux géants historiques

Dans une volonté de simplification drastique, la nouvelle structure « Omnicom Advertising », dirigée par Troy Ruhanen, ne s’appuiera plus que sur trois réseaux créatifs mondiaux : BBDO, TBWA et McCann. Cette décision entraîne la disparition pure et simple de noms qui ont écrit l’histoire de la publicité. FCB (Foote, Cone & Belding), fondée au XIXe siècle, sera absorbée par BBDO. Plus criant encore pour les puristes, DDB, l’agence du légendaire Bill Bernbach, père de la révolution créative des années 60, cessera d’exister en tant que marque autonome pour être intégrée au réseau TBWA, tout comme MullenLowe.

La disparition de l’entité (Doyle Dane Bernbach) est sans doute le choc émotionnel le plus fort de cette restructuration. Il y a quelques semaines, les vives réactions suscitées par la simple rumeur de sa fermeture témoignaient déjà de l’attachement du secteur à ce mythe de Madison Avenue. L’agence cofondée par Bill Bernbach avait déclenché la « Révolution Créative » des années 60, changeant le visage de l’industrie avec des campagnes cultes comme Think Small pour Volkswagen. Oui, mais voilà : le réseau DDB perd son autonomie et son nom pour être absorbé. John Wren a tranché. Et c’est une décision qui tourne la page sur 75 ans d’histoire publicitaire. Notons toutefois que, côté Français, si l’agence DDB Paris change de nom au profit de BBDO Paris, l’agence fait figure d’exception en conservant son autonomie et ses équipes.

John Wren et Troy Ruhanen justifient ce choix par la nécessité de miser sur des positionnements clairs, la solidité des portefeuilles et des empreintes internationales fortes. C’est une rationalisation brutale : on ne garde que les « super-réseaux », sacrifiant l’héritage au profit de l’efficacité opérationnelle. De même, la marque IPG disparaît : ses actifs sont soit supprimés, soit digérés et intégrés dans les structures existantes d’Omnicom.

 

Une organisation en sept divisions

Le nouveau géant est réorganisé en sept divisions principales.

  • Omnicom Advertising, la branche créative regroupera donc TBWA, BBDO et McCann.
  • Omnicom Media, dirigée par Florian Adamski, devient la plus grande organisation média au monde, intégrant désormais OMD, PHD, mais aussi les anciennes agences IPG comme Initiative et UM.
  • La technologie et la data sont confiées à Duncan Painter via la division Flywheel et OmniPlus, soulignant l’importance critique du commerce et de l’IA pour l’avenir du groupe.
  • Omnicom Health, seule division dirigée par une ancienne cadre d’IPG, Dana Maiman, consolide la puissance du groupe dans le secteur santé.
  • Omnicom Production, qui fusionne avec Craft (IPG), sera dirigé par Sergio Lopez
  • Luke Taylor reste à la tête d’Omnicom Precision Marketing.
  • Enfin Chris Foster supervisera Omnicom Public Relations.


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Le coût humain de la fusion

Comme redouté, cette consolidation a un prix social élevé. John Wren a confirmé la suppression d’environ 4 000 postes dans le monde. Ces coupes visent à éliminer les doublons managériaux et à atteindre les synergies promises au marché. En ajoutant les licenciements pré-fusion effectués par IPG et Omnicom plus tôt cette année, c’est près de 10 000 rôles qui auront été supprimés, soit environ 8 % des effectifs totaux.

Pour la direction, cette douleur est nécessaire pour bâtir une entreprise tournée vers l’avenir, où l’IA jouera un rôle central. Florian Adamski prédisant même que d’ici cinq ans, la communication par IA dépassera les interactions humaines. Une réorganisation qui marque la fin d’une ère et une redéfinition du paysage publicitaire à l’échelle mondiale au profit de plateformes intégrées, massives et technologiques. Une page de l’histoire se tourne.

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