À l’occasion de son passage dans notre studio pour Brandiiing, le podcast qui décrypte l’univers des grandes marques, Thomas Matteï, Director of Brand Strategy & Digital du Bristol Paris, a répondu à nos questions.
Institution emblématique du 112 rue du Faubourg Saint-Honoré, Le Bristol Paris incarne depuis 1925 l’excellence de l’hôtellerie de luxe parisienne. Membre de l’Oetker Collection, le palace conjugue héritage, service d’exception et art de vivre, tout en poursuivant une évolution constante à travers des formats et des expériences inédites.
Dans cet entretien, Thomas Matteï revient sur la manière dont Le Bristol construit une marque vivante et désirable, bien au-delà de l’hébergement. Choix des partenariats, rapport à l’innovation, équilibre entre héritage et audace, célébration des 100 ans, exigences liées à la direction d’une maison iconique… Une conversation riche qui éclaire la stratégie d’un palace capable de casser les codes tout en restant fidèle à son élégance intemporelle. Pour en savoir plus, ne manquez pas cet épisode de Brandiiing !

JUPDLC : Aujourd’hui, un palace ne peut plus se contenter d’être un lieu d’hébergement. Comment travaillez-vous l’idée d’un Bristol « vivant » à travers des soirées, des collabs, une ligne de vêtements pour en faire une véritable marque lifestyle ?
Thomas Matteï : C’est précisément en faisant sortir Le Bristol « hors les murs » que la marque prend vie et s’exprime pleinement. Nous cherchons à prolonger l’expérience au-delà du séjour, à travers des initiatives, des collaborations et des créations qui permettent d’entrer dans l’univers du Bristol.
Par exemple, pour célébrer son centenaire, Le Bristol Paris a choisi une approche inattendue en confiant à Hasbro la création d’un Cluedo entièrement sur mesure, une première mondiale pour un hôtel. Pensé comme une immersion ludique dans l’univers du palace, le jeu remplace le manoir traditionnel par les lieux emblématiques du 112 rue du Faubourg Saint-Honoré et met en scène la mystérieuse disparition de Socrate, le chat iconique de la maison.

Autre exemple avec Le Bristol Unlocked, le palace s’est aventuré sur le terrain du Web3 en lançant une collection ultra-limitée de 11 NFTs en collaboration avec la start-up Metav.rs. Pensés comme des clés d’accès à une expérience réelle et exclusive, ces NFTs ouvrent les portes d’un club privé, l’Héritage, offrant à leurs détenteurs des privilèges IRL uniques.

JUPDLC : Et justement, comment choisissez-vous vos partenaires et initiatives ?
Thomas Matteï : Nous privilégions avant tout des associations qui font sens, aussi bien dans la démarche que dans l’image qu’elles véhiculent. Le Bristol s’adresse à une clientèle extrêmement sollicitée, très mobile, qui a déjà fait l’expérience de nombreuses destinations, lieux et collaborations. Il est donc essentiel que chaque projet, chaque partenariat ou activation parvienne à surprendre, à proposer un regard différent, et à emmener Le Bristol là où on ne l’attend pas spontanément. Dans le cadre d’un co-branding, je le rappelle systématiquement : « Je vous confie l’image du Bristol, notre bien le plus précieux. »
JUPDLC : Qu’est-ce qui fait qu’un projet est « dans le ton » de la maison Bristol ?
Thomas Matteï : L’élégance et la générosité constituent le socle de tout projet, quelle qu’en soit la forme ou l’envergure. Nous n’avons pas peur de bousculer les codes, de déplacer le palace hors de son cadre habituel, voire de chahuter notre image. Mais cela se fait toujours dans un cadre maîtrisé, avec un fond et une intention qui nous ressemblent profondément. Des initiatives comme Bristol After Dark illustrent parfaitement cette approche.

Nous avons également travaillé avec des maisons et imaginé des formats variés, allant de collaborations avec Trudon, à la création d’objets comme un vinyle, au développement de l’Épicerie des Ateliers du Bristol, en passant par des événements festifs comme la Garden Party, ou encore des mises en avant gastronomiques dédiées, notamment autour du Japon.
JUPDLC : Le Bristol Paris fête cette année ses 100 ans. Comment avez-vous construit cette célébration pour qu’elle parle à la fois à vos clients historiques et à une nouvelle génération de voyageurs ?
Thomas Matteï : L’année du centenaire a été pensée très en amont, avec tous les « Bristoliens ». Tous les services ont été impliqués dans cette réflexion collective : de nombreuses réunions de travail ont été nécessaires pour aligner l’opérationnel, les budgets, la communication et l’ensemble des activations.
Notre ambition était claire : faire de 2025 une véritable année de célébration, et non un simple événement ponctuel. L’année a ainsi été rythmée, du début à la fin, par des annonces, des événements, des lancements et des prises de parole. Cette programmation s’adressait à la fois à notre clientèle internationale, aux Parisiens, et bien sûr aux équipes du Bristol.
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JUPDLC : Quand on dirige une marque aussi iconique, est-ce que la pression est plus forte pour « faire bien » ou au contraire, est-ce une opportunité unique pour expérimenter et raconter une nouvelle histoire ?
Thomas Matteï : L’excellence et l’élégance sont au cœur de notre stratégie, que nous soyons dans une démarche d’expérimentation ou dans des formats plus classiques. Le professionnalisme est poussé à l’extrême : c’est une exigence que nous nous imposons chaque jour, et que nous attendons également de nos partenaires et prestataires.
Finalement, c’est par passion et attachement à la maison que nous le faisons, naturellement.

Cette interview a été réalisée à la suite de l’enregistrement de Brandiiing, notre podcast qui vous fait découvrir ou redécouvrir les marques les plus emblématiques.



