Interview – L’IA générative au service de la création publicitaire, avec Jason Day (Luma AI)

Par Laurent Garrouste

10 février 2026

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Alors que l’intelligence artificielle révolutionne l’industrie créative, Luma AI s’impose comme l’un des acteurs majeurs de la génération vidéo. Suite à sa récente levée de fonds, la société américaine accélère son expansion européenne avec l’ouverture prochaine de « Dream Labs » – des studios créatifs axés sur l’IA à Paris, Londres et en Allemagne.

Nous avons rencontré Jason Day, Head of EMEA de Luma AI, pour discuter de son approche de la création de contenu assistée par IA, et de son ambition de démocratiser l’accès à des outils de production de qualité hollywoodienne auprès des agences de publicité et des créatifs.

 

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Crédit photo : Luma AI

 

JUPDLC : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre vision à long terme pour pénétrer le marché EMEA suite à votre récente levée de fonds ?

Jason Day : L’Europe est un marché important pour Luma, c’est la raison pour laquelle notre première expansion internationale se fait en Europe. Bien que nous commencions par Londres, nous prévoyons d’ici la fin de l’année prochaine d’avoir une présence très forte en France, en Allemagne, ainsi qu’au Moyen-Orient.

La France en particulier possède un grand héritage de créativité. C’est le siège de deux des plus grands groupes de communication au monde et de marques incroyables : maisons de luxe, beauté, cosmétiques, hôtellerie, automobile. Il est donc logique de cibler Paris aux côtés de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Nous allons également lancer ce que nous appelons des « Dream Labs » – nos studios créatifs axés sur l’IA. Actuellement, nous en avons un à Los Angeles, notre flagship très orienté sur Hollywood et les studios de cinéma. Nous en aurons dans tous les marchés que j’ai mentionnés. À Paris, nous voulons vraiment démontrer l’art du possible tout en créant un centre de formation et d’accompagnement pour nos partenaires agences, marques ou studios. Nous nous concentrerons particulièrement sur le marché du luxe, de la beauté et des cosmétiques.

 

JUPDLC : Concrètement, pour une agence, à quelle étape du workflow créatif devrait-elle commencer à implémenter les outils Luma ?

Jason Day : Il y a trois façons de travailler avec nous. N’importe qui peut acheter un accès à notre outil en tant que consommateur, mais nous voulons vraiment établir des partenariats stratégiques avec les agences. Nous voulons les former, leur permettre de vraiment comprendre la puissance de la technologie. Nous voulons aider les agences à faire mieux, avec une qualité et une vitesse jamais atteintes auparavant.

Notre modèle permet d’obtenir une qualité de niveau hollywoodien pour une fraction du coût. Il leur permet de générer du contenu et d’itérer sur des idées très rapidement. L’un des enjeux majeurs aujourd’hui est que les marques exigent que les agences « bougent à la vitesse de la culture » pour que le contenu délivré soit pertinent pour leurs clients.

Enfin, nous voulons vraiment que la technologie arrive entre les mains des agences et de la communauté créative. L’IA ne va pas disparaître. Il y a une forte demande pour la production de contenu hybride – par exemple, avoir un vrai acteur ou une vraie voiture, tandis que tout le reste est généré par IA. Nous pensons qu’en formant correctement la communauté créative, nous allons voir une nouvelle Renaissance créative dans les 10 prochaines années, comme celle qu’on a connue dans les années 90 avec Photoshop.

 


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JUPDLC : Le marché de la vidéo générative devient très compétitif. Comment vous différenciez-vous des autres acteurs ?

Jason Day : Beaucoup d’entreprises font de l’orchestration de modèles, alors que nous fournissons le modèle fondamental lui-même.

Lors d’évaluations indépendantes face à Google, OpenAI ou Runway, nous surperformons constamment sur de nombreuses métriques. Nous sommes au coude-à-coude avec Google. Quand on pense à la taille de Google et au fait que notre société n’a que quelques années et beaucoup moins de financement, nous sommes très fiers et enthousiastes pour l’avenir.

Notre ADN n’a pas été le text-to-image, nous sommes allés directement au video-to-video. La qualité de notre rendu est à un niveau dont nous sommes très satisfaits. Ce n’est pas juste la qualité de surface – quand vous regardez des éléments comme la peau ou la profondeur d’une voiture, ça ne paraît pas superficiel. Ça paraît réel. C’est cet héritage du video-to-video qui nous donne cette qualité de rendu de niveau hollywoodien, qui sera selon nous la norme.

 

JUPDLC : Votre cible principale étant les agences publicitaires, comment vous positionnez-vous sur les questions de droits, d’usage commercial et de propriété intellectuelle ?

Jason Day : Les données d’un client sont les données d’un client. Nous pouvons personnaliser et entraîner notre modèle sur les données d’un client spécifique. Si vous imaginez notre modèle de base, nous pouvons en créer une version dédiée à la marque X ou à l’agence Y, entraînée sur leurs données. Mais nous n’entraînons jamais notre modèle de base sur les données clients. C’est vraiment critique chez nous et important de respecter cette règle.

La propriété intellectuelle appartient au client. Le contrôle des données appartient au client. Nous travaillons déjà avec plusieurs Fortune 500 et plusieurs grands groupes.

Nous avons satisfait leurs exigences légales autour de la propriété intellectuelle. Aussi, nous nous assurons d’opérer dans le cadre réglementaire tout en répondant aux standards que les marques exigent.

Si un client travaille avec nous, nous entraînons le modèle sur leur marque et leurs données pour obtenir la qualité. Mais si la relation s’arrête, cette propriété intellectuelle disparaît aussi.

 

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Crédit photo : Luma AI

 

JUPDLC : Comment envisagez-vous d’aider les agences à recruter et former des profils type « AI creative directors » ? Jouez-vous un rôle dans le développement de ces nouvelles compétences ?

Jason Day : Je veux vraiment réitérer que nous voulons aider la communauté créative. Notre vision est que dans les Dream Labs, nous aurons un espace de formation et d’accompagnement. J’aimerais vraiment pouvoir accueillir la communauté créative dans nos espaces, pour rencontrer nos équipes, découvrir la technologie, avoir un espace pour travailler.

Nous réfléchissons beaucoup à comment nous assurer que la communauté créative – côté marque, agence, studio de cinéma, gamers – puisse vraiment bénéficier de cela. Voulons-nous une communauté d’utilisateurs Luma ? Oui. Mais c’est plus que ça. J’ai grandi dans les agences créatives et je pense qu’il est vraiment important de continuer à former et soutenir la communauté créative.

 

JUPDLC : Un dernier mot ?

Jason Day : Nous pensons avoir quelque chose de vraiment intéressant qui va bénéficier à la communauté créative. Nous prévoyons d’ouvrir un bureau à Paris prochainement et de recruter en France, c’est donc une belle opportunité pour les personnes intéressées.

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