À l’heure où l’insertion professionnelle devient un enjeu central des formations en communication, l’alternance s’impose comme un véritable accélérateur de carrière. Mais au-delà de l’accès à une première expérience, une question persiste : comment distinguer une opportunité « correcte » d’une alternance réellement structurante et alignée avec son projet professionnel ?
Entre attentes des entreprises, accompagnement des écoles et aspirations des étudiants, la recherche d’alternance révèle des enjeux multiples : montée en compétences, qualité de l’encadrement, adéquation des missions ou encore choix du secteur.
Pour mieux comprendre ces dynamiques, nous avons croisé les regards de Nathalie Morize, Directrice des Relations Entreprises du Groupe IGENSIA Education et de trois étudiants en Mastère Communication à Paris, Lyon et Toulouse, engagés dans des environnements variés : industrie, sport et agence. Ensemble, ils partagent leurs expériences, leurs critères de choix et leurs conseils pour transformer l’alternance en véritable levier de développement professionnel.

JUPDLC : Trouver une alternance, c’est une chose. Trouver la bonne alternance, c’en est une autre. Selon vous, qu’est-ce qui fait réellement la différence ?
Nathalie Morize : Trouver la bonne alternance, c’est intégrer l’entreprise qui va vous accompagner dans votre montée en puissance, en vous proposant des missions en lien avec le référentiel de compétences de votre formation et en suivant les phases d’apprentissage. La relation avec le tuteur est essentielle et il appartient à chacun de faire en sorte qu’elle soit de bonne qualité.
JUPDLC : Avant de commencer votre recherche, aviez-vous une idée précise de ce que serait « la bonne alternance » pour vous ? Et avec le recul, qu’est-ce qui fait aujourd’hui que vous estimez avoir trouvé la bonne structure ?
Alexandra Doussat : Pour moi, la « bonne alternance » c’était intégrer une équipe d’experts capables de m’accompagner dans ma montée en compétences tout en me donnant les clés de l’autonomie. Je cherchais un environnement où la bienveillance est une réalité quotidienne.
Aujourd’hui, je sais que j’ai trouvé la bonne structure. Airbus Atlantic, c’est la force d’un grand groupe qui offre un terrain d’apprentissage immense, mais avec un cadre humain qui permet de grandir sereinement.
Mathias Gilard : Avant de commencer ma recherche, j’avais une idée bien précise de ce que je voulais et ne voulais pas, malgré que le marché de l’alternance soit complexe. J’avais tout au long de ma licence cette idée de faire un master en école et en alternance, donc je me suis formé sur la partie production de contenu et organisation. Aujourd’hui, j’évolue dans une très bonne structure et je suis très heureux de ma situation.
Lola Potier : Après une première expérience en stage au sein d’une petite agence de publicité, qui m’a permis de faire mes premiers pas dans cet univers, mon idée de l’alternance idéale était celle d’intégrer un grand groupe afin de me plonger pleinement dans le monde de la publicité pour deux années de formation professionnalisante.
Avec le recul, ce qui fait que j’estime avoir trouvé la bonne structure est avant tout l’environnement bienveillant dans lequel je progresse. Mais aussi les projets à rayonnement international sur lesquels je suis amenée à travailler, les collaborations quotidiennes avec des profils de tous horizons, experts de la publicité, qu’ils soient créatifs, stratégiques ou commerciaux. Le tout dans le cadre d’un partenariat historique avec le compte Renault.
JUPDLC : Concrètement, comment accompagnez-vous les étudiants dans leur recherche d’alternance pour les aider à trouver un contrat cohérent avec leur projet professionnel ?
Nathalie Morize : Notre processus d’accompagnement comprend des phases de découverte de l’étudiant, du futur apprenti, ses aspirations, ses savoirs faire technique et d’approfondissement du projet professionnel. Est-ce bien le métier qui me convient, quelles sont les contraintes et avantages des missions et de mises en relation avec les entreprises cibles (selon la typologie de la structure, le secteur d’activité, la localisation géographique…). Tout au long de ce processus, nous accompagnons les étudiants dans leur réflexion et dans la mise en visibilité des points de concordance de leur projet ou des points à ajuster avec les besoins des entreprises.
Pour mener à bien cet accompagnement, un référent dédié du service relations entreprises accompagne chaque étudiant ou futur étudiant de l’ISCPA sur chacun de nos campus.

JUPDLC : En quoi l’accompagnement de l’école a-t-il été déterminant dans votre recherche ? Y a-t-il un conseil, un atelier ou un suivi qui a fait la différence ?
Lola Potier : Le service relations entreprises de l’ISCPA est un soutien sans faille pour les apprenants à la recherche de l’entreprise qui saura satisfaire leurs ambitions. En effet, l’équipe rencontre chaque étudiant afin de les aider à mettre toutes les chances de leur côté pour trouver le match parfait entre la jeunesse qui a soif d’apprendre et les entreprises qui ont un désir de former de nouvelles générations aux métiers de la communication. L’ISCPA nous soutient dans la mise en forme de notre CV ainsi que dans l’élaboration de lettres de motivation personnalisées et spontanées. Puis tout au long du processus qu’est la recherche d’alternance.
De plus, j’ai été accompagnée par l’équipe relations entreprises de l’ISCPA pour structurer mon storytelling et me mettre en avant lors des entretiens. Ils m’ont appris à raconter d’où je viens, ce que je faisais et où je souhaitais aller. L’exercice « passé-présent-futur » m’a permis de gagner de l’assurance en entretien.
Mathias Gilard : Pour moi, l’ISCPA a eu un rôle de guide et de conseiller pour ne pas tomber dans certains pièges. Je me souviens particulièrement de l’accompagnement lors de mes demandes quand je réalisais mon CV. J’ai appris énormément de mes erreurs que nos accompagnants m’ont fait remonter.
Alexandra Doussat : L’accompagnement de l’école m’a beaucoup aidé. Ils m’ont proposé une opportunité en or pour briser la glace et rencontrer directement les acteurs du secteur, l’Aerodate Airbus Atlantic. C’est un job dating exclusif dont le concept permet aux étudiants de rencontrer directement les recruteurs Airbus Atlantic dans un format court et dynamique. C’est le moment parfait pour transformer un entretien en un échange humain.
De plus, j’ai été accompagnée par l’équipe relations entreprises de l’ISCPA pour structurer mon storytelling et me mettre en avant lors des entretiens. Ils m’ont appris à raconter d’où je viens, ce que je faisais et où je souhaitais aller. L’exercice « passé-présent-futur » m’a permis de gagner de l’assurance en entretien.

JUPDLC : Quels sont, selon vous, les critères essentiels à vérifier avant de signer un contrat d’apprentissage (missions, tuteur, environnement, perspectives…) ?
Nathalie Morize : Nous validons tout d’abord avec l’étudiant que les missions soient bien en adéquation avec ce qu’il va apprendre dans le cadre de son cursus en alternance à l’ISCPA. Quel est l’enjeu à la source du besoin en recrutement (projet à soutenir, à développer, ou développement d’activité à long terme…), quelle est la fonction du tuteur dans l’entreprise, quel sera le suivi au quotidien… Toutes ces réponses sont essentielles avant de s’engager dans un contrat en alternance.
JUPDLC : Vos missions sont-elles en adéquation avec votre formation en Mastère Communication ? Comment êtes-vous encadrés au quotidien (tuteur, autonomie, feedback…) ?
Alexandra Doussat : Totalement ! La communication est au cœur de mon rôle qui consiste à accompagner les employés Airbus Atlantic à adopter les outils numériques. Mes missions gravitent notamment autour de la sensibilisation à la cybersécurité et au numérique responsable.
Mon quotidien ? C’est beaucoup de création de snack content, qui est en plein dans le thème de mon Master Communication & Brand content, tout cela dans le but de rendre des sujets techniques accessibles à tous. J’ai notamment travaillé sur le redesign de la newsletter interne du service informatique. Un projet stratégique puisqu’il touche l’ensemble des collaborateurs d’Airbus Atlantic.
Côté management, le curseur est bien placé entre encadrement et liberté. J’ai un point hebdomadaire avec mes managers pour suivre l’avancée des dossiers et de mon bien-être. Ce qui est précieux, c’est cette culture du feedback. On ajuste mes missions en fonction de ma progression. Je me sens écoutée, je peux demander de l’aide si j’en ai besoin et, surtout, on me fait confiance pour gérer mes projets en autonomie.
Mathias Gilard : En effet, mes missions sont bien en adéquation avec ma formation car je peux appliquer plein de méthodes et d’outils que je découvre chaque semaine. Dans mes missions au quotidien, j’évolue dans une association, donc cela implique que la majorité du temps je travaille avec des bénévoles qui sont présents lors de leur temps libre. Je suis tout de même suivi par mon tuteur au quotidien dans mes tâches car nous échangeons à chaque production de contenu, bien que ce ne soit pas son activité principale. Cela nécessite donc énormément d’autonomie et de proactivité.
Lola Potier : L’avantage du Mastère Communication à l’ISCPA est que la première année est une année de tronc commun. Parcourant plusieurs axes d’enseignements, de la définition de la stratégie globale d’une organisation, au pilotage du déploiement d’une stratégie de communication, en passant par le management de projet stratégique ou encore la définition de la communication interne ou de l’influence.
En tant qu’alternante, les missions réalisées en entreprise se situent dans la continuité des différents cours que le Mastère nous propose. C’est l’occasion de mettre en pratique les enseignements de nos intervenants, qui sont tous des professionnels de la communication. Il faut être capable de mettre en pratique ces compétences, cette fois-ci avec des enjeux réels, mais toujours sous l’œil aguerri de notre tuteur. Dans mon cas, chez Publicis Conseil, tous les membres de mon équipe me confient des missions aussi variées soient-elles, avec une autonomie plus ou moins importante en fonction de mon expertise sur le sujet. Au fil des mois, les missions que je réalisais en binôme avec mon tuteur peuvent aujourd’hui être réalisées en autonomie. Dans ce milieu qu’est la gestion de projet en tant que chef de publicité, les missions, autant diversifiées qu’elles puissent être, sont souvent les mêmes mais sur des sujets différents. C’est grâce à cette répétition des tâches qu’une certaine habileté est acquise et permet à mon équipe d’avoir confiance en moi et de gagner en autonomie.
JUPDLC : Comment aidez-vous les étudiants à identifier le type de structure (agence, annonceur, collectivité…) ou le secteur (industrie, culture, etc.) qui leur correspond le mieux ?
Nathalie Morize : C’est grâce aux différentes phases d’échange conduites par les équipes. Et ce, en fonction de leur personnalité, de leur parcours ou des compétences déjà en place… Du côté des annonceurs, les petites et les grandes entreprises n’ont pas les mêmes attentes en termes d’opérationnalité. Il en va de même pour les collectivités ou les agences de communication. Quant au secteur, nous invitons les candidats à se laisser surprendre, en portant leur intérêt à des secteurs inconnus à priori. Ce sont souvent de belles découvertes et les meilleures expériences.

JUPDLC : Vous évoluez dans des structures et secteurs différents. Pourquoi avoir choisi cet environnement ? Et en quoi correspond-il à votre projet professionnel ?
Mathias Gilard : Depuis que je suis très jeune, ma position était sur le terrain en tant que joueur, mais dans un autre sport : le basket. Mon projet était d’atteindre le haut niveau, mais à la suite du Covid, qui a arrêté ou du moins ralenti les projets, j’ai pu découvrir d’autres métiers autour des terrains, dont ceux de la communication et du marketing. Désormais je suis attiré par l’univers de la communication dans le monde du sport et souhaiterais évoluer dans ce milieu par la suite.
Alexandra Doussat : C’est un choix à la fois stratégique et de cœur. En tant que communicante à Toulouse, Airbus est une entreprise incontournable. Je voulais intégrer une structure leader de son marché pour comprendre comment s’articulent la vie et le travail à une telle échelle.
Mon objectif pour mon projet professionnel était d’adopter les bons automatismes dès le départ. Pour construire une carrière solide, il faut de bonnes fondations, et Airbus Atlantic est un cas d’apprentissage idéal. Évoluer dans un environnement aussi exigeant et innovant, c’est la garantie de prendre des réflexes professionnels de haut niveau qui me suivront partout par la suite.
Lola Potier : La publicité en agence, qui plus est dans l’une des premières agences mondiales, est un choix risqué mais judicieux. L’envie était d’expérimenter la publicité là où naissent les idées, au cœur de la création. C’est un environnement vivant et stimulant qui permet d’être en première ligne de la création publicitaire en collaboration avec les annonceurs.
Après avoir passé une ou deux années d’alternance chez Publicis on a la chance de toucher à tout, cela permet de développer une polyvalence qui nous permet, par la suite, de naviguer avec aisance dans n’importe quel autre univers de la communication. Cela nous apprend aussi l’adaptabilité, la gestion et surtout la rigueur. Cette alternance correspond parfaitement à mes ambitions professionnelles qui sont de travailler dans le milieu de la publicité, au croisement entre la création et la gestion de projet.
JUPDLC : Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui s’apprête à chercher son alternance en communication pour maximiser ses chances de trouver non pas une opportunité par défaut, mais un contrat réellement formateur ?
Nathalie Morize : Laissez-vous surprendre ! Ne soyez pas trop sélectif d’entrée car souvent comme indiqué, il y a de belles expériences à la clef. L’entreprise de vos rêves, n’existe peut-être pas telle que vous l’imaginez. En revanche d’autres que vous n’auriez pas envisagées vous permettent souvent de poser les bases d’un beau parcours professionnel. Un contrat réellement formateur, c’est une somme de critères qui ont chacun leur importance : un recrutement qui répond à un enjeu de développement, un tuteur volontaire et en capacité de vous accompagner, de l’enthousiasme de votre part, de la curiosité et une volonté de découvrir. Ce sont des critères primordiaux pour l’ensemble de nos écoles et particulièrement à l’ISCPA dans le domaine de la communication.

JUPDLC : Avec votre expérience, quel conseil donneriez-vous à un futur alternant en communication ? Y a-t-il une erreur à éviter ou un réflexe à adopter absolument ?
Alexandra Doussat : Mon premier conseil est soyez curieux ! Cela est très utile dans notre métier puisqu’on ne peut pas expliquer clairement aux autres quelque chose que l’on ne comprend pas soi-même. Aussi gardez vos objectifs de communication en tête. C’est un bon réflexe de bien se demander : Quelle est ma cible ? Quel est mon objectif ? Quel est mon message ? Enfin, faites vous confiance et n’oubliez pas que l’alternance sert à apprendre donc les erreurs sont normales.
Mathias Gilard : Oui, je conseillerais de ne pas avoir peur d’échanger et de poser un maximum de questions pour ne pas rester dans la difficulté ou « l’angoisse », car le rythme peut être très chargé entre l’entreprise et les cours. Des personnes sont là pour vous aider. Ensuite, je dirais : beaucoup d’anticipation et d’organisation pour être le plus à l’aise possible.
Lola Potier : Si vous envisagez l’alternance pour vos études, il ne faut pas manquer d’audace. Pas seulement dans la personnalité ou les compétences, mais aussi dans la façon dont vous abordez les entreprises. Les services ressources humaines des grands groupes d’agence ne peuvent pas se permettre d’éplucher toutes les candidatures reçues via les annonces de candidature sur les plateformes de recrutement. Il faut trouver le moyen de couper le circuit pour que votre CV ait une chance de se faire remarquer. Et bien évidemment, les entreprises du secteur de la communication cherchent un profil qui dénote. Il faut donc que vous puissiez trouver en vous le petit plus qui fera pencher la balance de votre côté. C’est comme ça que vous vous démarquez et que votre candidature sortira du lot.
Ils ont témoigné dans cet interview :
- Nathalie Morize, Directrice Relations Entreprises – Groupe IGENSIA Education
- Alexandra Doussat, Etudiante en Mastère Communication ISCPA Toulouse, Chargée de l’adoption des outils numériques en alternance chez Airbus Atlantic
- Mathias Gilard, Etudiant en Mastère Communication ISCPA Lyon, Chargé de communication & événementiel en alternance à ASUL Lyon Volley
- Lola Potier, Etudiante en Mastère Communication ISCPA Paris, Assistante cheffe de publicité en alternance chez Publicis Conseil
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