À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, et du HOKA Semi de Paris organisé le même jour, la marque de running HOKA et l’association SineQuaNon ont lancé une initiative symbolique pour dénoncer un problème largement sous-estimé : le harcèlement subi par les femmes lorsqu’elles courent. Imaginée avec l’agence PAVILLON NOIR, l’opération baptisée « Le sas manquant » a pris place directement sur la ligne de départ de la course parisienne. L’objectif : rendre visible l’absence de celles qui ont renoncé à courir dans l’espace public.
Au-delà d’une simple prise de parole, la campagne intitulée « Faire compter chaque coureuse » cherche à ouvrir le débat sur la liberté de pratiquer un sport dans l’espace public, un droit encore fragilisé pour de nombreuses femmes. En s’appuyant sur un moment très visible du calendrier running français, HOKA et SineQuaNon transforment le départ d’une course populaire en message engagé.
Un problème massif dans le running féminin
Les chiffres cités par la campagne illustrent l’ampleur du phénomène. Selon une étude mondiale menée par RunRepeat, près de 45% des femmes déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement pendant qu’elles couraient. Elles sont également 2,6 fois plus susceptibles d’être harcelées que les hommes.
Les conséquences vont au-delà du simple inconfort. Plus d’un tiers des femmes ayant subi du harcèlement ont modifié leur pratique : certaines réduisent leur fréquence de course, d’autres arrêtent complètement (20%) ou se tournent vers la pratique en salle (15%).
Pour les initiateurs de la campagne, ces chiffres représentent autant de « coureuses manquantes » sur les lignes de départ des courses. Une réalité invisible dans les classements officiels mais bien présente dans la pratique quotidienne du running.
« Le sas manquant », une absence matérialisée au départ
Le 8 mars 2026, quelques minutes avant le départ du HOKA Semi de Paris, un sas de départ vide a été placé en tête du peloton.
Ce dispositif visuel vise à matérialiser l’absence des femmes qui ne courent plus à cause du harcèlement ou du sentiment d’insécurité dans l’espace public. Un vide symbolique au milieu des milliers de participants, pensé comme un rappel direct de celles qui ont quitté les routes et les trottoirs.
À travers cette activation, HOKA marque de chaussures et de vêtements de performance née en montagne et aujourd’hui en forte croissance, souhaite défendre une liberté de mouvement sans entrave. L’association SineQuaNon, engagée depuis 2017 contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport et l’espace public, apporte quant à elle son expertise de terrain. Le projet bénéficie également du soutien logistique d’ASO, organisateur du Semi de Paris.

De la campagne à l’action collective
La prise de parole ne s’arrête pas au jour de la course. Le dispositif se déploie sur plusieurs temps forts.
Le 7 mars, la campagne a officiellement été annoncée avec la diffusion d’un film sur les réseaux sociaux. Le lendemain, le « sas manquant » a été installé sur la ligne de départ. Les 9 et 10 mars, un appel à projets communautaire baptisé Lift Paris sera lancé pour soutenir le développement du running féminin. Enfin, l’initiative s’inscrit dans un programme plus large : le développement des Sine Qua Non Squads. Ces groupes de course communautaires visent à permettre aux femmes de courir ensemble, afin de limiter les situations d’isolement souvent associées au harcèlement de rue.
Depuis le 8 mars, coureurs, coureuses et alliés sont invités à rejoindre ces groupes pour contribuer à faire de l’espace public un terrain de pratique partagé et sécurisé. Une manière de transformer un constat préoccupant en dynamique collective.
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