En France, un enfant sur trois ne part pas en vacances, soit près de 3 millions d’enfants privés chaque année de ce droit fondamental. Face à cette réalité alarmante, le Secours populaire français, avec l’aide de l’agence Auditoire, a organisé le 20 août 2025 une édition exceptionnelle de sa “Journée mondiale des oubliés des vacances“, baptisée “Vacances de OUF“.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des 80 ans de l’association et capitalise sur l’héritage des Jeux Olympiques de Paris 2024, dont le Secours populaire était partenaire, pour prolonger l’esprit d’inclusion et de solidarité.

Un défi logistique et créatif immense
L’ampleur de l’opération défie l’imagination. Dès 6 heures du matin, près de 300 bus se sont rendus à Paris pour amener des dizaines de milliers d’enfants et leurs accompagnateurs, dont 3 000 venus des cinq continents et des territoires ultramarins. Cette mobilisation exceptionnelle a nécessité la coordination de 8 000 personnes et l’engagement de plus de 150 partenaires, faisant de cette journée l’un des plus grands événements solidaires jamais organisés en France.
La matinée était consacrée à une immersion dans le “Paris des sports, de la culture et de la République“. Soixante lieux emblématiques ont ouvert leurs portes simultanément, du Grand Palais au Château de Versailles, en passant par le Louvre, le Sénat et les sites olympiques et paralympiques. Les visites étaient menées par des parrains, marraines et personnalités, créant des moments de rencontre privilégiés entre ces enfants et des figures inspirantes.
L’après-midi a transformé les 20 hectares du Champ-de-Mars en véritable “destination vacances“. Quatre univers thématiques ont recréé l’expérience de la mer, de la montagne, du camping et du stade.. Cent-soixante animations simultanées ont proposé initiations sportives (+ de 30 sports), ateliers créatifs, découvertes pédagogiques, culminant avec un karaoké géant et un concert exceptionnel.

Des “Vacances de OUF” sur-mesure
Le génie de cette édition réside dans sa capacité à transformer une problématique sociale lourde en concept événementiel fédérateur. Le slogan “vacances de OUF” illustre parfaitement cette alchimie créative qui rend accessible et désirable une cause pourtant sensible.
Cette approche s’appuie sur une co-création authentique avec les enfants bénévoles du mouvement “Copain du Monde“, qui ont imaginé une partie des animations, des stands de sensibilisation, conçu l’affiche avec l’illustrateur Gwendal Le Bec. Ils ont également imaginé une grande collecte en faveur des projets d’accès à l’eau dans le monde. Cette dimension participative garantit que l’événement reste fidèle aux attentes et à l’imaginaire des enfants.
L’événement s’appuie sur une mobilisation qui dépasse la seule journée du 20 août. En amont, vingt villages “Copain du Monde” ont accueilli les 3 000 enfants étrangers du 16 juillet au 29 août, créant des espaces de rencontre et de transmission des valeurs de solidarité.

Un modèle de solidarité collective inédit
La Journée des Oubliés des Vacances s’est appuyée sur un modèle de production et d’organisation aussi singulier que puissant, véritable levier structurant pour l’avenir du Secours Populaire Français.
- D’un côté, l’engagement massif de 8 000 bénévoles – dont 5 000 accompagnateurs mobilisés dès le départ des enfants en région, et 3 000 bénévoles opérationnels, parmi lesquels 200 professionnels ayant offert gracieusement leur expertise – a démontré la puissance d’un réseau humain soudé, agile et engagé.
- De l’autre, la mobilisation de près de 160 partenaires publics et privés ayant apporté gracieusement un soutien logistique, financier et humain a permis la mise en œuvre d’un événement d’une ampleur exceptionnelle.
Ce double levier, à la fois humain et partenarial, ne constitue pas seulement une réussite ponctuelle : il renforce les bases d’un modèle de solidarité que le Secours Populaire fait grandir à travers l’ensemble des initiatives qu’il développe depuis 80 ans. Ce dispositif d’une ampleur inédite a été rendu possible grâce à la force du lien entre le Secours Populaire Français et l’agence Auditoire, partenaire de longue date, qui a joué un rôle déterminant dans l’identification et la mobilisation de ces ressources clés, en particulier les professionnels, de nombreux partenaires et athlètes.
Au-delà de l’objectif de créer des souvenirs de ouf à des dizaines de milliers d’enfants, la production de l’événement a été construite au quotidien avec l’enjeu majeur de créer des effets de levier pour l’avenir du Secours populaire, bien au-delà de la journée du 20 août : identifier de nouvelles ressources à entretenir, réactiver et accompagner pour leurs futures initiatives, et ainsi renforcer leur capacité collective à répondre aux enjeux de solidarité à grande échelle.
L’impact et la reconnaissance officielle
La portée de l’événement dépasse le cadre associatif traditionnel. Il a obtenu le label “Grande cause nationale 2025 – Parlons santé mentale !“, reconnaissant le lien essentiel entre vacances et bien-être psychologique. L’UNESCO souligne sa dimension éducative et citoyenne, tandis que le label “Célébration du premier anniversaire des Jeux de Paris 2024” du CNOSF ancre l’événement dans la continuité olympique et paralympique.
Cette reconnaissance institutionnelle valide l’approche innovante qui consiste à considérer les vacances non comme un luxe, mais comme un enjeu de santé publique. Les vacances favorisent en effet la détente, le renforcement des liens sociaux et le sentiment d’appartenance, autant d’éléments cruciaux pour l’épanouissement des enfants.

Les enjeux de communication expérientielle
Cette collaboration entre le Secours populaire et l’agence Auditoire illustre parfaitement les nouveaux enjeux de la communication expérientielle. Il s’agit de transformer l’exclusion en inclusion par l’expérience collective, de créer des “souvenirs de OUF” qui changent durablement la vie des enfants, et de démontrer le potentiel du soft power solidaire à travers un événement gratuit, éducatif et international.
L’opération consistait à faire de la logistique un langage émotionnel où chaque bus, chaque animation, chaque rencontre racontait une histoire et contribuait à une narration collective. L’événement s’ancre intelligemment dans l’actualité post-olympique et paralympique sans tomber dans l’opportunisme, prouvant qu’il est possible de concilier excellence opérationnelle et authenticité sociale.
Les chiffres clés
- Des dizaines de milliers d’enfants et accompagnateurs venus de toute la France
- Plus de 3000 enfants venus de délégations étrangères et des territoires ultramarins, qui ont défilé sur la Seine, 1 an après les Jeux olympiques et Paralympiques de Paris 2024
- 10 000 personnes mobilisées pour l’organisation depuis des mois
- 200 professionnels bénévoles
- près de 300 bus venus de toute la France
- 60 sites culturels et patrimoniaux
- 160 animations l’après-midi : jeux, sport et créativité sur 20 hectares du Champ-de-Mars
- 1 concert exceptionnel, des démonstrations sportives en live et temps forts collectifs
- Plusieurs dizaines de parrains et marraines mobilisés pour l’occasion
- 160 partenaires engagés sur l’organisation
- 20 athlètes olympiques et paralympiques
- 8 alphajets de la Patrouille de France pour un survol surprise en fin de concert

Interview exclusive de Christian Lampin, Secrétaire national du Secours populaire français et Pauline Hamel, Directrice de projet chez Auditoire
JUPDLC : Comment transformer une problématique sociale aussi lourde en concept événementiel fédérateur et joyeux ?
Pauline Hamel : L’objectif de cette journée était ambitieux : tenir la promesse d’une véritable “vacances de ouf” pour des milliers d’enfants, concentrée en une seule journée. Il s’agissait de leur proposer, dans un temps limité, une programmation dense et diversifiée mêlant activités culturelles, sportives, ludiques et pédagogiques, pour leur permettre de vivre une expérience collective forte et marquante. Plus qu’un simple moment de divertissement, cette journée se voulait porteuse d’espoir et d’ouverture, en offrant à ces enfants des instants d’évasion et des découvertes inaccessibles pour beaucoup, y compris pour certains enfants ayant pourtant la chance de partir en vacances. C’est cette exigence de diversité, d’intensité et d’inclusivité qui a guidé l’ensemble de la conception de l’événement.
Christian Lampin : Le non-départ en vacances n’est pas un sujet nouveau pour le Secours populaire, depuis son origine l’accès aux vacances, faire partir le maximum de personnes est une priorité pour l’association. Les vacances sont un droit et certainement pas un luxe. Aussi le Secours populaire a inscrit cette thématique comme une campagne annuelle, pour notamment faire en sorte qu’au niveau national, chaque année nous contribuons à faire partir ceux qui n’ont pas la chance de découvrir de nouveaux horizons. L’esprit de la Journée des oubliés des vacances est de partager un temps fort, parfois loin d’un quotidien difficile, pour qu’à la rentrée chacun puisse avoir des souvenirs heureux à raconter.
JUPDLC : près de 300 bus, 60 sites, 160 animations simultanées : comment orchestrez-vous une machine logistique de cette ampleur tout en préservant l’émotion et la spontanéité ?
Pauline Hamel : L’enjeu était immense : réussir à condenser, en une seule journée, ce que peuvent représenter des vacances inoubliables pour des milliers d’enfants qui, pour la plupart, n’ont pas eu la chance de partir. Aux côtés du Secours populaire français, avec qui nous avons tissé une relation de confiance de longue date, nous avons abordé ce projet avec une conviction forte : ce sont les expériences humaines et les liens créés qui font la magie d’un événement.
Nous n’avons pas misé sur les artifices ou la technologie, mais sur la richesse des contenus et la diversité des expériences et rencontres proposées : culture, sport, jeux, pédagogie, musique…
En tant qu’agence, notre rôle a été de coordonner, d’agréger les énergies, de mobiliser nos réseaux – notamment pour identifier des professionnels bénévoles – et de garantir la cohérence et la fluidité de cette journée hors norme. Une mission qui demande une expertise très forte des événements de grande ampleur, et qui repose sur un travail de préparation dense et approfondie autour d’une équipe soudée réunissant l’ensemble des expertises nécessaire pour anticiper l’ensemble des défis événementiels d’un tel dispositif.
Christian Lampin : Pour réussir les Journées des oubliés des vacances, il faut bien sûr mobiliser toute l’association, les structures locales, les fédérations et l’association nationale. Cette mobilisation passe par une mise en mouvement de l’ensemble des bénévoles où chacun va jouer un rôle. Trouver des sites d’accueil, imaginer des animations, inscrire les personnes, organiser les déplacements, préparer les repas, prévoir la sécurité, inviter les partenaires, les médias, solliciter des financements… la liste des tâches est longue, les défis sont nombreux et toujours l’objectif reste la récompense d’un bonheur partagé, le sourire des enfants et les remerciements des adultes.

JUPDLC : Vous transformez tout Paris en scène en utilisant ses lieux emblématiques ainsi que les 20 hectares du Champ-de-Mars. Comment “scénariser” un territoire entier ?
Pauline Hamel : Si le dispositif mis en place pour la Journée des Oubliés des Vacances était d’une ampleur exceptionnelle, sa force et sa réussite ne tiennent pas à des artifices scénographiques ou à des prouesses technologiques. Ce qui a véritablement marqué cette journée, c’est la richesse et l’authenticité des expériences proposées aux enfants, rendues possibles grâce à l’agrégation de centaines de partenaires et de talents engagés.
La programmation, généreuse et éclectique, a mêlé culture, sport, découvertes pédagogiques, jeux géants et un concert fédérateur avec des artistes emblématiques. Le tout dans un décor exceptionnel : pas moins de 60 lieux parisiens et franciliens emblématiques ont ouvert leurs portes, et le Champ-de-Mars, transformé pour l’occasion en terrain de jeu XXL, est devenu le théâtre d’un concert magique au pied de la Tour Eiffel, couronné par un final surprise avec le passage de la Patrouille de France.
Ce ne sont pas les effets spéciaux qui ont fait vibrer cette journée, mais bien l’émotion pure, la diversité des expériences, la sincérité des rencontres et la joie éclatante des enfants et de leurs accompagnateurs — autant de sourires qui incarnent à eux seuls la réussite de cette grande aventure solidaire
Christian Lampin : Sur une année exceptionnelle comme celle de nos 80 ans, nous avons souhaité que nos partenaires soient avec nous, à nos côtés pour faire de cette journée une réussite. Dès le début, nous avons exprimé la volonté de faire ensemble, sans imposer un programme mais plutôt en construisant ensemble. Ainsi, le scénario trouve une expression plus ambitieuse qu’espérée. Pour preuve, de nouveaux partenaires sont désormais dans l’aventure.

JUPDLC : Un an après les JO, comment réactiver la magie olympique sans faire du “recyclage événementiel” ?
Pauline Hamel : Un an après les Jeux, réactiver la magie olympique ne consiste pas à reproduire ce qui a déjà été vu, mais à prolonger l’esprit de Paris 2024 de manière vivante, utile et inclusive. C’est exactement ce que nous avons cherché à faire avec la Journée des Oubliés des Vacances, aux côtés du Secours populaire français : faire rayonner les valeurs de l’olympisme — le dépassement de soi, la fraternité, l’égalité des chances — à travers une expérience accessible, collective et marquante pour des milliers d’enfants.
Le sport a été placé au cœur de cette journée. D’abord parce qu’il porte des valeurs fondamentales pour la jeunesse : confiance, respect, persévérance, coopération. Mais aussi parce qu’il s’inscrivait naturellement dans la continuité des liens tissés entre le Secours populaire et l’écosystème olympique et paralympique, notamment à travers la billetterie solidaire mise en place lors des Jeux de Paris 2024.
“Il ne s’agissait pas de recycler des dispositifs, mais de réinventer un modèle d’événement populaire“
La magie olympique ne tient pas seulement aux cérémonies spectaculaires, mais à ce qu’elle représente : le collectif, le dépassement de soi, le partage, l’émotion. Nous avons cherché à faire vivre ces valeurs à grande échelle, mais dans un cadre qui a du sens, celui de l’accès à des expériences exceptionnelles pour des enfants qui n’ont pas la chance de partir en vacances.
Grâce à la force de nos réseaux conjoints – associatifs, institutionnels et événementiels – nous avons pu mobiliser de nombreux athlètes olympiques et paralympiques, présents à différents moments forts : sur scène, pour la présentation de la torche de Paris 2024 ; sur le terrain, lors d’échanges, de dédicaces ou de démonstrations avec les enfants ; et sur les zones d’animation, à travers 30 disciplines sportives proposées en initiation, avec le soutien de fédérations, clubs, associations, ligues et partenaires engagés.
La visite de sites emblématiques, comme celle de la vasque de Paris 2024 aux Tuileries, a également offert un ancrage concret et symbolique à cette journée d’exception.
Il ne s’agissait pas de recycler des dispositifs, mais de réinventer un modèle d’événement populaire, fédérateur, accessible, porté par un maillage unique de bénévoles, de partenaires publics et privés, et de professionnels engagés. En transformant Paris et ses lieux emblématiques en un terrain de jeu géant, en proposant une programmation mêlant sport, culture, musique et découvertes, nous avons ravivé la flamme et les promesses portées par le projet olympique et paralympique : celles du rêve partagé, d’une société plus solidaire, active et ouverte.
JUPDLC pour Secours populaire : Vous étiez partenaire de Paris 2024 : en quoi cette “Journée des oubliés” prolonge-t-elle l’esprit des Jeux ?
Christian Lampin : Dès que nous avons appris que la France était candidatée à l’accueil des JO, nous avons proposé au Comité d’Organisation des JO d’être dans la démarche. Nous avons soutenu cette candidature, nous nous sommes mobilisés pour que cet événement planétaire trouve aussi un écho chez ceux qui sont éloignés du monde sportif. Très vite notre démarche a été soutenue et nous avons compris la notion d’Héritage.
Deux quinzaines Olympiques et après, la question était posée, comment faire en sorte que l’accès aux sports soit une réalité pour tous ? Les JO avec le Secours populaire ont assurément permis que des personnes en difficultés puissent voir les épreuves, que des enfants puissent pratiquer des disciplines sportives, et pour certains d’avoir une licence afin de faire du sport toute l’année. La Journée des oubliés des vacances prolonge cette démarche, nous faisons vivre les valeurs de l’olympisme – égalité, respect et solidarité. Ce sont des moments de partage et d’inclusion qui permettent à celles et ceux qui en sont privés de goûter, eux aussi à l’esprit des Jeux.

JUPDLC : Les enfants “Copain du Monde” ont conçu une partie de l’événement. Comment avez-vous intégré leur créativité dans votre processus de production professionnel ?
Pauline Hamel : Intégrer les enfants “Copain du Monde” dans la conception de l’événement, c’était bien plus qu’un symbole : c’était une volonté forte de leur donner une place pleine et entière au cœur du dispositif. Leur spontanéité, leur créativité, leur manière d’exprimer le monde avec sincérité ont nourri à la fois la direction artistique de l’événement et une partie de la programmation.
En les associant dès les premières étapes, nous avons pu construire, avec eux, un univers visuel et des contenus qui leur ressemblent, tout en traduisant cela dans un cadre de production professionnelle. Ce travail à leurs côtés a permis de préserver l’authenticité du projet, tout en lui donnant une vraie puissance émotionnelle et collective.
Mais au-delà de leur participation créative, nous avons souhaité leur offrir un rôle actif pendant l’événement. En leur permettant de présenter leurs initiatives, de porter leur parole, de raconter leurs engagements à d’autres enfants. Avec pour objectif de valoriser ceux qui s’engagent, mais aussi de donner envie à d’autres de rejoindre le mouvement “Copain du Monde” et de s’impliquer à leur tour, toujours avec l’enjeu majeur de créer des effets de levier pour le Secours populaire, bien au delà de l’événement.
Christian Lampin : C’est très simple, le mouvement des enfants bénévoles « Copain du Monde » se fixe comme objectif de rendre les enfants auteurs et acteurs de la solidarité qu’ils mettent en place. Cet objectif est dans toutes les actions et activités des jeunes, nous y travaillons sans relâche. Du coup, pas besoin d’intégrer leur créativité, nous estimons que sans elle il n’y a pas d’actions solidaires, je dirai que l’on trouve cela dans les gènes du Secours populaire.
JUPDLC : Quels ont été les principaux obstacles rencontrés et comment avez-vous dû adapter votre approche initiale ?
Pauline Hamel : Le premier défi consistait en la coordination fine entre tous les acteurs : associatifs, institutionnels, partenaires privés, bénévoles et professionnels. Avec la nécessité de composer avec une diversité d’acteurs, de rythmes, de cultures de travail, tout en maintenant une vision unifiée du projet.
D’un point de vue organisationnel, l’un des principaux défis de cette édition a clairement été la gestion opérationnelle et sécuritaire d’un dispositif d’une telle ampleur.
La cible elle-même renforçait la responsabilité : des enfants venus de toute la France, parfois très jeunes, pour qui il fallait garantir à chaque instant un environnement sécurisé, fluide, et rassurant. Cela impliquait une organisation rigoureuse des flux, un encadrement renforcé, une gestion millimétrée des transports et transferts, des points de rassemblement, de l’accueil, de la restauration et des animations.
Face à ces risques, un important travail de préparation a été mené en amont, avec la mise en place de plans de contingence détaillés, scénarisant différents cas de figure (météo dégradée, enfants perdus, problèmes de sécurité, participant blessé…), en étroite collaboration avec les autorités publiques.
Ce dispositif, aussi complexe soit-il, a été efficace grâce à la solidité de l’ingénierie événementielle mise en place, à l’intelligence collective entre tous les acteurs, et à la mobilisation exceptionnelle des équipes sur le terrain. Cette réussite confirme que même les projets les plus ambitieux peuvent être menés dans des conditions exigeantes, dès lors qu’ils reposent sur une préparation rigoureuse, des chaînes de décision claires, et une vraie culture du travail en commun.
Par ailleurs, nous avons toujours gardé en tête la finalité du projet : offrir une journée inoubliable à ces enfants. Cela nous a permis de garder le cap, de prioriser les décisions avec clarté, et de mobiliser l’énergie collective autour de ce qui compte vraiment.

JUPDLC : Cette collaboration préfigure-t-elle un nouveau modèle pour les agences : utiliser l’expertise événementielle au service de l’utilité sociale ?
Pauline Hamel : Absolument — et cette collaboration en est une démonstration concrète. Mettre l’expertise événementielle au service de l’utilité sociale n’est pas une tendance opportuniste, c’est une évolution de fond. Les agences – et l’éco-système événementiel au sens large – ont aujourd’hui un rôle à jouer au-delà de la performance ou de l’impact médiatique : elles peuvent devenir des leviers puissants de mobilisation, de sensibilisation et de transformation.
Avec le Secours populaire français, nous avons co-construit un événement d’utilité publique, en mobilisant des savoir-faire issus de l’événementiel, du milieu artistique, de la logistique, de la coordination de réseaux… mais pour une cause profondément humaine. Ce modèle repose sur la capacité à fédérer, à rendre visible l’invisible, à créer de l’émotion collective — des compétences clés que les agences savent activer, mais qui prennent ici une nouvelle résonance.
Ce projet préfigure un modèle où les agences deviennent des actrices de l’intérêt général, en s’associant à des acteurs engagés, et en plaçant le sens, l’impact et l’inclusion au cœur de leur démarche.
JUPDLC : Dans un monde de plus en plus inégalitaire, quel rôle peuvent jouer les professionnels de la communication et de l’événementiel dans vos combats ?
Christian Lampin : La communication est essentielle. Il nous faut communiquer d’abord pour nous faire connaître des donateurs, des institutions, des entreprises et partenaires privés, de tout le monde. Souvent pour réunir les moyens matériels, humains et financiers nécessaires à la réalisation de nos actions de solidarité. Enfin pour faire savoir ce que nous mettons en place, pour dire ce que l’on fait, un bon moyen de faire ce que l’on dit ! Pour démontrer que c’est possible d’agir, qu’il faut refuser la précarité, la misère et ne pas accepter des situations inhumaines. S’inscrire dans une démarche d’éducation populaire, avoir un rôle d’aiguillon auprès des pouvoirs publics, se faire l’avocat des plus démunis, co-construire des solidarités populaires demandent beaucoup de mobilisation et d’engagement.
A tous d’y prendre part. Ce que nous sollicitons des professionnels de la com et de l’évènementiel c’est qu’ils y contribuent à nos côtés pour faire de ce monde un monde plus juste et plus solidaire.
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