OpenAI transforme la création de deepfakes en divertissement grand public avec Sora 2

Par Louane Choplin

3 octobre 2025

openai deepfakes divertissement sora 2
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OpenAI vient de dévoiler Sora 2, une plateforme de génération vidéo et audio par IA, associée à une appli sociale qui rappelle furieusement TikTok. Mais cette innovation, aussi fascinante que déroutante, soulève déjà de sérieuses inquiétudes. Entre prouesse technologique et dérive potentielle, la frontière devient floue, très floue…

 

Une nouvelle ère pour la création de contenu… et pour les deepfakes

Imaginez une appli où il est possible de créer une vidéo ultra-réaliste de n’importe qui, en train de dire n’importe quoi. C’est exactement ce que propose Sora, la nouvelle appli sociale signée OpenAI. Dans une démo présentée à la presse, les équipes ont montré des clips bluffants de réalisme. Sam Altman buvant dans une brique géante de jus de mangue, de fausses pubs, des conversations inventées entre amis… sauf que rien de tout cela n’est réel.

Avec Sora 2, les utilisateurs peuvent enregistrer un court clip dans l’app iOS. En bougeant la tête et récitant une suite de chiffres pour autoriser l’IA à générer des vidéos avec leur visage et leur voix. Un concept baptisé  « Cameos », pensé pour favoriser les interactions, les remixes et la viralité. Les utilisateurs gardent un droit de regard et peuvent supprimer les contenus. Mais pour l’instant, l’approbation avant publication n’est pas obligatoire.

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Crédit photo : Canva / Vanessa Nunes

 

Quand la fiction devient indiscernable du réel

La grande avancée de Sora 2 réside dans sa capacité à synchroniser image et audio. Résultat : des vidéos réalistes, crédibles, avec des dialogues naturels dans plusieurs langues. Même les détails physiques comme les mouvements, l’eau ou la gravité sont modélisés avec une précision inédite.


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Et c’est justement ce réalisme qui pose problème. Car si un Altman géant sirotant un jus de mangue prête à sourire, la même technologie peut être détournée à des fins beaucoup plus sombres. La journaliste Salomé Saqué en a été la cible récemment. Notamment avec la diffusion de contenus pornographiques falsifiés à partir de son visage. Ce type de deepfakes, aujourd’hui facilité par des outils accessibles et puissants comme Sora 2, souligne l’urgence d’un encadrement légal et éthique renforcé.

 

Un outil puissant… pour le meilleur comme pour le pire !

OpenAI présente Sora 2 comme un nouveau moyen de s’exprimer et de créer une évolution naturelle après ChatGPT pour le texte et DALL·E pour les images. Les employés affirment même que l’app a remplacé les messages, les emojis et les vocaux dans leurs échanges internes.

L’appli, accessible sur invitation (iOS, US et Canada), s’accompagne d’un site web  et d’une version Pro réservée aux abonnés ChatGPT. Une API est aussi prévue pour les développeurs.

Mais à l’heure où la désinformation explose et où l’identité numérique devient une donnée sensible, OpenAI devra faire plus que promettre des contrôles. L’enjeu n’est pas seulement technique ou artistique. Il est profondément sociétal. Transformer les deepfakes en divertissement social, c’est jouer avec une boîte de Pandore.

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