C’est un matin de juin. À deux pas du Louvre, dans une rue calme et pavée. Nous sonnons au pied d’un vieil immeuble, QG de Jump Influence. Une plaque discrète, aucun logo. La porte s’ouvre. Les escaliers grincent à peine sous nos pas. Au mur, des miroirs au verre un peu jauni racontent une autre époque. À l’étage, Manon nous ouvre avec un sourire, nous propose un verre d’eau fraîche : « Lucien est en call, il nous rejoint tout de suite. » Nous passons l’open space et son ambiance studieuse, et entrons dans la salle de réunion, accueillis par une grande table en bois et une vue sur un jardin paisible.
Lucien arrive, nous salue, et notre discussion démarre. En déroulant son fil, nous réalisons plusieurs choses : ici, on va à l’essentiel, pas de grands discours, ni de grands détours. Ici, on ressent une passion sincère pour les plateformes, les créateurs, les audiences. Ici, on porte une conviction : que l’influence peut être autre chose que du placement produit en story. Plus durable, plus efficace. Plus fun, aussi.
Jump s’est imposée sur YouTube, Twitch, et l’e-sport. Un terrain que peu osent encore explorer sérieusement. Eux y ont vu une opportunité, et une culture. En moins de deux ans, l’agence s’est structurée, professionnalisée, a grandi. Sans perdre son ton ni son âme. Sans oublier sa passion ni sa flamme.
Mais allons bon. Trêve de bavardages. Laissons Lucien Melki et Manon-Charlotte Loire, les co-fondateurs de Jump Influence, nous conter son histoire.

On saute le pas : aux origines de Jump
L’histoire de Jump Influence, c’est d’abord celle de retrouvailles. Celles de Lucien et Manon, qui se connaissent depuis leurs études à Aix-en-Provence. Ils se recroisent en 2022, lors du mariage d’un ancien camarade de promo. Ce jour-là, les conversations dépassent vite les souvenirs d’université. Après avoir travaillé dans des secteurs différents, mais complémentaires (Lucien en finance, Manon en marketing), ils renouent autour d’une ambition commune. Très vite, l’idée germe : et si on bossait ensemble ?
« À la base, j’ai lancé Jump tout seul, en 2022. J’avais 23 ans », se souvient Lucien. « Puis Manon m’a rejoint quelques mois plus tard, après son passage chez Emma (la marque de matelas). On bossait déjà ensemble, elle côté annonceur, moi côté agence, donc la suite s’est faite naturellement. »
Ça balance pas mal, à Bali
En début d’automne 2022, Manon part en Asie pour un long voyage, Lucien la rejoint à Bali. Pendant un mois et demi, ils travaillent ensemble dans une villa, en digital nomades, dans un esprit très start-up. Là, un premier tournant a lieu : une marque les contacte, non pas pour une campagne Instagram… Mais pour YouTube. « Sur le coup, on a ouvert grand les yeux », raconte Lucien. « On s’est dit : YouTube ? Pourquoi pas ? Et très vite, ça a fait sens. On était déjà consommateurs, on connaissait bien la plateforme. On a lancé une première opé, puis deux, puis trois… Et ça a pris. »
YouTube : le 16:9, c’est plus carré
YouTube devient leur terrain de jeu privilégié. Là où Instagram leur paraissait saturé, peu rentable et trop désordonné, la plateforme vidéo offre un cadre plus clair, une meilleure résonance avec leur culture internet… Et surtout, une valeur business plus concrète. « Professionnellement, c’est plus carré », complète Lucien. « La vidéo doit être postée le 17, on a la preview de l’intégration sponsorisée trois jours en avance, on ajuste si besoin, on valide, et c’est réglé. » Ce cadre leur permet de gagner en volume.
C’est aussi sur YouTube que Jump affine son approche ROIste : « Il y a deux types de marques : celles qui font de la notoriété, du branding, et celles qui veulent du retour sur investissement », explique Lucien. « Nous, on bosse beaucoup avec les secondes. C’est plus challengeant. Mais c’est ce qui nous motive. »
« Sur Twitch, il n’y a rien, ou presque, côté agences. »
Jump Influence : agence pionnière sur Twitch
Leur second terrain de jeu ? Twitch. Cette fois, c’est Lucien qui ouvre la voie. Tout part d’une passion (il connaît bien la plateforme) et d’une rencontre fortuite sur LinkedIn avec un streamer. Cette prise de contact débouche sur une première collaboration avec Emma sur la plateforme de streaming. L’essai est concluant. Depuis, Jump y accompagne la marque à l’année. Puis d’autres sont venues. « Sur Twitch, il n’y a rien, ou presque, côté agences », souligne Lucien. « On s’est positionnés avec une vision très business. Et ça a tout de suite parlé à certains annonceurs. On a développé des méthodes, des outils, une vraie expertise. » Jump entretient d’ailleurs une relation privilégiée avec Twitch France, ce qui leur permet d’accéder à des deals en direct ou de faire remonter les besoins en talents.
Peu à peu, Jump se structure. Pas selon un modèle classique, mais selon une logique qui lui est propre. « On n’a pas de modèle en tête, on a juste construit un truc qui nous ressemble, et qui nous plaît », résume Lucien. « On est très réactifs, très libres, et très focus business. » Aujourd’hui encore, cette liberté est un marqueur fort de Jump et se ressent en interne. Organisation souple, management basé sur la confiance, pas de pointage ni de validation permanente : chacun est autonome, et les résultats sont là.

La sauce Jump : se distinguer dans un marché saturé
Depuis ses débuts, Jump Influence s’est structurée autour de quatre pôles : la création de campagnes, la production, le talent management, et l’e-sport. Quatre expertises qui incarnent à la fois sa spécialisation et son agilité.
Une expertise née des usages
Premier pilier : la création de campagnes. Jump travaille principalement sur YouTube et Twitch, mais ne s’interdit rien. En fonction des briefs, elle peut aussi proposer du 360°, avec des activations Instagram ou TikTok. « On a compris qu’on était ultra-bons en ROI », indique Lucien, « donc même sur du format court, on développe des offres verticales avec cette logique de performance. »
La production
Jump s’est aussi imposée sur le terrain de la production, notamment pour des lives Twitch. « On bosse en marque blanche avec plusieurs agences. Elles nous contactent quand elles ont un client qui veut se lancer sur Twitch, mais qu’elles ne savent pas comment faire. » Reco stratégique, émission, captation, diffusion : l’équipe gère tout. L’agence conçoit aussi des formats plus techniques, comme une extension Twitch développée pour la mise à jour d’un jeu culte. « Tu peux pas faire une activation classique sur ce genre de jeu. […] C’est un projet qu’on adore. »
Le talent management, en soutien
Le troisième pôle, le talent management, vient en appui des campagnes. Lévi accompagne une dizaine de créateurs ciblés, sans chercher à transformer Jump en « agence de talents » classique.
L’e-sport : un pari assumé
Quatrième pilier, et pas des moindres : l’e-sport, un univers où l’agence s’est engagée avec sérieux. « On a des ayants droit, on a des accords avec des compétitions e-sport pour les accompagner surtout sur la partie commerciale et la gestion de projet », explique Lucien. L’expertise de Jump sur ce terrain est renforcée par l’arrivée récente de Rodolphe, ancien joueur pro de Valorant. L’approche, quant à elle, est structurée : « l’idée, c’est de développer ça intelligemment, sans mettre tous les œufs dans le même panier, » précise-t-il.
Car même si l’e-sport se démocratise doucement, le travail de pédagogie reste nécessaire. « Quand tu appelles un directeur marketing qui n’est pas joueur, c’est normal qu’il se demande “Pourquoi je mettrais cinq chiffres dans une équipe d’e-sport ?” » explique Manon. Et pourtant : « Il y a beaucoup d’équipes en France, comme la Karmine Corp ou Gentle Mates, menées par des influenceurs. L’audience est là, l’engagement aussi. Et dans certains cas, c’est même hyper ROIste », explique Lucien. Et ça, il faut le faire savoir : c’est là que l’agence joue un rôle de médiateur.
« On ne se contente pas de ce qu’on a, on veut toujours proposer du nouveau. »
Une approche business-first et humaine
L’agence collabore ainsi avec d’autres structures : « On a des clients qu’eux n’ont pas forcément, et inversement. […] Le relationnel, c’est aussi ce qui fait la différence. » Tout en assumant une culture proactive. « On ne se contente pas de ce qu’on a, on veut toujours proposer du nouveau », affirme Manon. Lucien ajoute : « On ne se repose jamais sur nos acquis, on va chercher le business, on initie. »
Bien sûr, rien n’est jamais garanti : certains produits marchent, d’autres pas. « On ne peut pas tout prévoir, c’est le jeu », sourit Manon. Mais c’est justement cette culture du test, cette capacité à apprendre vite, qui fait aujourd’hui la force de Jump. Avec sa mentalité start-up, elle valorise la vitesse d’exécution, le test & learn et la capacité à rebondir. « On sait s’adapter très vite, se professionnaliser, construire des choses solides. […] De plus en plus, on vient nous chercher directement », se réjouit Lucien.
Si jeune, et déjà si grande : les défis d’une agence en croissance
En moins de deux ans, Jump Influence est passée d’un binôme à une équipe de dix personnes, renforcée de temps à autre par des freelances et stagiaires. Une croissance rapide, mais maîtrisée, portée par une équipe soudée et une organisation souple.
Une équipe soudée et engagée
« À partir du moment où on a recruté Yelena, tout s’est enchaîné », résume Lucien. Yelena, Sylvain, Cem, Lévi, Alyssa, Rodolphe… Les arrivées se sont échelonnées tous les deux à trois mois, avec une attention particulière portée à l’alchimie et à l’engagement de chacun. L’ambiance reste jeune (la moyenne d’âge tourne autour de 24-25 ans) et conviviale, avec une vraie dynamique de groupe.
En dépit de son jeune âge, l’équipe ne manque ni de compétence, ni d’assurance. « Peut-être qu’au tout début, j’avais un peu chaud quand on pitchait face à des gens qui avaient 20 ou 30 ans de marketing derrière eux », reconnaît Manon. « Mais ça n’a pas duré : on sait ce qu’on fait. » Lucien confirme : « On a l’expertise, » et donc, les solutions.
Une organisation souple, mais rigoureuse
Chez Jump, chacun a ses clients, ses expertises (Twitch, YouTube, shorts, com globale…), mais les projets restent fortement collaboratifs. « C’est rare qu’un projet soit porté par une seule personne. On bosse toujours à deux, parfois trois », explique Manon. La répartition des tâches est fluide, l’entraide naturelle. Le mot d’ordre : ne pas se marcher dessus, mais partager ses idées et ses contacts. Lucien garde aussi un rôle de coordinateur. « Je suis ultra dispo, je suis dans plein de boucles. Dès qu’il y a un souci, j’interviens. »

Du télétravail, mais pas d’isolement
Si toute l’équipe ne vit pas à Paris (une grande partie travaille depuis Tours), Jump cultive la vie collective. Réunions régulières, échanges constants sur Discord (leur hub maison), appels vocaux, et des moments de retrouvailles IRL : Lisbonne, Berlin, Parc Astérix, anniversaires de l’agence, déjeuners d’équipe…
« Il y en a qui vivent très bien le télétravail, d’autres ont plus besoin d’échanger. On essaye de faire en sorte que tout le monde soit bien, » souligne Manon. Le serveur Discord sert aussi à ça : recréer une forme de présence, même à distance. « Il y a toujours quelqu’un de connecté. Même sans parler, c’est une présence, » conclut Lucien.
« On veut que les marques et agences non spécialisées sachent que si elles veulent faire du Twitch ou du YouTube, et même de l’influence au sens large, Jump Influence est là. »
Garder son ADN malgré la croissance
La montée en puissance aurait pu déséquilibrer l’agence. C’est l’inverse qui s’est produit. « Ça s’est fait vite, mais par étapes. On a toujours eu deux ou trois mois pour s’habituer à chaque nouvelle personne », explique Manon. Le recrutement ? « Un peu comme un groupe de potes. Ça aurait pu mal se passer et avoir l’effet inverse, mais pas chez nous : tout le monde est productif et, surtout, content de bosser ensemble. »
Résultat : une équipe agile, réactive, complémentaire. Même si Jump commence à se faire un nom (jusqu’à se faire usurper son identité !), l’objectif reste le même : « On veut que les marques et agences non spécialisées sachent que si elles veulent faire du Twitch ou du YouTube, et même de l’influence au sens large, Jump est là. »
La confiance et l’authenticité au cœur de Jump Influence
Chez Jump, la relation client repose sur trois piliers : la transparence, la réactivité et une vraie proximité générationnelle. Ici, pas de barrière inutile, on se tutoie, on échange facilement. « On préfère passer par WhatsApp, c’est plus naturel, plus simple. Et c’est aussi révélateur du lien qu’on entretient avec eux : on est dans une relation directe, efficace, détendue mais toujours pro », explique Manon. « Ça nous permet aussi d’être très réactifs, on répond dans les 5 minutes, grand max. »
Ce lien, ils le cultivent avec une cinquantaine de clients actifs, aux profils variés : du matelas au VPN, en passant par les plateformes d’intérim ou les brosses à dents. « On a des clients qu’on voit tous les mois, d’autres sur des périodes très précises. Mais à chaque fois, on essaye d’installer un rapport de confiance et de continuité », ajoute Lucien.
Côté talents, c’est Lévi qui pilote. Recruté par l’agence après avoir exercé ailleurs, il a apporté avec lui une partie de ses créateurs, avec lesquels il travaille depuis plusieurs années. La plupart évoluent dans la tech et le DIY, un secteur de niche sur YouTube, ce qui permet à Jump d’avoir une offre rare et cohérente. « Il reste très niché, parce que ça a du sens pour les marques, et ça crée des synergies entre les talents », précise Manon. Au-delà de la gestion, il y a une vraie proximité : « ce sont ses potes, ils s’entendent très bien », ce qui facilite le suivi, la cohésion et la fidélité.

Des globetrotters de l’influence
Et ça marche. Si bien que Jump commence à s’ouvrir à l’international. Deux marchés sont aujourd’hui prioritaires : l’Espagne et l’Allemagne. « L’Allemagne a été une vraie surprise », raconte Lucien. Après un test concluant avec un client qui n’avait jamais fait de Twitch ailleurs qu’en France, l’agence a signé un contrat jusqu’en 2026. « Il y a un vrai pouvoir d’achat, une grosse appétence à consommer, et moins de barrières légales. Ça change tout », poursuit-il. En France, certaines marques sont encore frileuses à investir. En Allemagne, les décisions se prennent vite et les budgets suivent. Une dynamique qui booste la croissance de l’agence.
Quant à l’Espagne, l’expansion est encore jeune, mais prometteuse. Plus souple dans sa manière de faire, elle demande une autre approche. « Les rythmes sont différents, la communication aussi, mais on s’adapte. C’est ça aussi qu’on aime : apprendre de chaque marché », précise Manon.
« On ne vend pas du rêve, on vend ce qu’on sait faire. Si on pense qu’un produit ne marchera pas, on le dira. Et s’il y a du potentiel, on se donne à fond. »
Jump into the future !
Après avoir trouvé sa vitesse de croisière, Jump Influence veut désormais viser plus haut. L’ambition ? Continuer à se structurer, sécuriser son modèle économique, enrichir et solidifier son portefeuille clients. Car dans un secteur où les budgets peuvent baisser d’un trimestre à l’autre, il est essentiel de ne pas dépendre de quelques contrats stratégiques. « On ne peut plus compter sur deux ou trois clients clés. L’objectif, c’est d’en avoir plusieurs, solides, sur le long terme », résume Lucien.
Depuis début 2025, plusieurs nouveaux comptes ont déjà rejoint l’aventure, à l’image de My Variation ou Trade Republic. Avec eux, comme avec les autres, l’agence instaure une relation de confiance durable. Elle peut aussi, luxe non négligeable, se permettre de décliner certains projets : une preuve que la valeur de leur accompagnement est aujourd’hui reconnue.
Jump Influence : ghostwriter officiel des agences
Côté production et création, la marque blanche a le vent en poupe. En collaborant avec de grandes agences (parfois sans B.U. influence), Jump Influence peut déployer son expertise sur des projets XXL, tout en restant prestataire discret. Une posture gagnant-gagnant, qui permet de travailler avec des annonceurs d’envergure, même sans les démarcher directement.
Évidemment, dans un secteur qui ne cesse de bouger, difficile de tout anticiper : les usages évoluent plus vite que les grilles télé. « Dans trois ans, peut-être que YouTube n’aura pas la même aura… On ne sait pas, » souligne Manon. Ce que l’équipe sait malgré tout, c’est qu’elle veut rester agile, curieuse et bienveillante, tant avec ses talents qu’avec ses clients. Et pour une marque qui hésite à se lancer ou une agence qui aimerait les contacter ? « On ne vend pas du rêve, on vend ce qu’on sait faire. Si on pense qu’un produit ne marchera pas, on le dira. Et s’il y a du potentiel, on se donne à fond. » Une transparence, une expertise et une volonté rares, qui pourraient bien devenir leurs meilleures armes dans les années à venir.
Pour en savoir plus sur Jump Influence, rendez-vous sur sa page dédiée !


