Influence et secteur bancaire : les coulisses d’une première fois pour le Crédit Agricole du Languedoc

Par Charlotte Pierre

20 avril 2026

En collaboration avec Wonderful

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Revolut, Qonto, N26… Les néo-banques ont la vitesse, l’interface, le ton start-up. Ce qu’elles n’ont pas, c’est 140 ans de maillage local, de conseillers en agence et d’accompagnement dans la vraie vie. C’est sur ce terrain que le Crédit Agricole du Languedoc a choisi de se positionner : ne pas chercher à paraître plus moderne que les pure players, mais en rappelant une évidence : ce que les néo-banques découvrent (la confiance, la proximité), la banque régionale le pratique depuis plus d’un siècle. 

C’est l’idée au cœur de « 140 ans d’avance », une campagne institutionnelle conçue avec l’agence Wonderful pour toucher les 18-35 ans, une cible plus encline à choisir les banques en ligne pour leur usage digital et leurs cartes gratuites. L’enjeu : moderniser l’image du Crédit Agricole du Languedoc en valorisant ce qui fait sa singularité : une banque à la fois connectée et humaine. Le dispositif était global, et amplifié par des formats social media fortement affinitaires avec la cible, portée par des personnalités locales à forte influence sur les jeunes : visuels fixes et animés sur Facebook, Instagram et TikTok, micro-trottoirs incarnés par l’humoriste Camille Tissot, et un volet influence porté par deux créateurs montpelliérains, Léa Coffrant et Valentin Tartin. Car avoir 140 ans d’avance, c’est aussi ça : oser tester des nouveaux formats, et s’adapter à son public !  

C’est sur le volet influence, premier du genre pour le Crédit Agricole du Languedoc, que nous avons voulu creuser. Retour sur cette opération et ses enseignements avec Romain Le Gall, responsable service CRM & communication clients au Crédit Agricole du Languedoc et Anouk Plantevin, responsable social media & influence chez Wonderful.

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Crédit photo : Wonderful

 

Deux créateurs, deux mécaniques

Pour cette campagne, le choix de Wonderful s’est donc porté sur deux profils implantés à Montpellier. Un détail qui n’en est pas un, puisqu’il ancre la campagne dans le territoire du Crédit Agricole du Languedoc dès le casting.

Léa Coff (plus de 2 millions d’abonnés sur YouTube, Instagram et TikTok) a traité le sujet sous l’angle de l’éducation financière personnelle. Ses contenus partent de ses propres erreurs d’argent (pertes, disputes, incompréhensions) et débouchent sur la question de l’accompagnement bancaire. Un angle qui parle particulièrement à son audience, majoritairement féminine et jeune adulte.

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Valentin Tartin (plus de 1,5 million d’abonnés sur les mêmes plateformes) évolue quant à lui dans un tout autre registre : humour absurde, mise en scène loufoque, codes cassés. Ses vidéos pour le Crédit Agricole ne ressemblent à rien de ce qu’on attend d’une collaboration bancaire, et c’est idéal pour susciter la curiosité et générer de la viralité.

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L’intérêt de ce duo ne repose pas sur l’opposition de styles, mais dans le fait que chacun active un mécanisme différent : Léa Coff installe de la confiance et de l’identification sur la durée, Tartin produit de la visibilité, de la viralité, et de la mémorisation. 

À ces deux volets influence s’ajoutent les micro-trottoirs de Camille Tissot, humoriste, déployés sur Instagram et TikTok. Un autre registre encore : le vox pop, l’interaction spontanée dans la rue, avec ce que ça comporte de réactions non scriptées et d’humour. Le format complète le dispositif en ramenant la campagne dans le quotidien et en testant, en conditions réelles, la perception de la banque auprès des passants, souvent jeunes, pas toujours clients.

 

La liberté créative, version secteur bancaire

Travailler avec des créateurs de contenu suppose de leur laisser une marge d’appropriation du brief. Et dans le secteur bancaire, cette marge est plus étroite qu’ailleurs : contraintes réglementaires, enjeux de réputation, sensibilité du sujet argent. Wonderful le reconnaît : tous les influenceurs n’acceptent pas ce type de collaboration. La réticence ne vient pas d’un désintérêt pour le sujet, mais d’une crainte très concrète : celle de perdre le contrôle éditorial sur son propre contenu, et avec lui la confiance de sa communauté.

Sur cette campagne, l’agence a fait le choix de laisser Léa Coff et Tartin traiter le sujet en autonomie, selon leur propre ligne. La ligne, justement, était fine : il fallait garantir l’alignement avec les valeurs du Crédit Agricole du Languedoc sans verrouiller le ton ni le format. Mais le résultat est là : les contenus qui s’intègrent naturellement dans les feeds. C’est un facteur direct de crédibilité auprès des communautés, ce que semble appuyer le taux de commentaires positifs (98 %). 

L’autre parti pris touche au cœur du positionnement « 100 % humain ». Comme le formule Wonderful : « Il était primordial de conserver de l’humain, faire intervenir de vrais collaborateurs du Crédit Agricole du Languedoc, valoriser le contact en agence et le fait de pouvoir débloquer des situations grâce à l’expertise et la proximité de son conseiller. » Ici, la promesse n’est pas énoncée dans un claim, mais incarnée dans le contenu lui-même, par des visages et des situations concrètes.

 

Une synergie des plateformes

Ce que l’on note, ici, c’est que la synergie n’est pas seulement éditoriale, elle se trouve aussi dans le mix média. Le dispositif couvrait TikTok, Instagram et YouTube simultanément. La répartition des résultats dessine des rôles très nets. TikTok a concentré 70 % de la visibilité totale, c’est le levier d’exposition et de découverte. YouTube représente 90% du temps de visionnage cumulé, c’est là que le message prend le temps de se déployer, que le storytelling s’approfondit. Instagram a joué un rôle de relais auprès des communautés déjà constituées des deux créateurs.

Avec plus de 4M d’impressions, 42 219 heures de visionnage cumulées, 29 732 engagements, et surtout, 98% de commentaires positifs, on peut le dire : équilibre et synergie ont su faire leurs preuves ! 

 

Entretien avec Romain Le Gall (Crédit Agricole du Languedoc) et Anouk Plantevin (Wonderful)

Crédit photo : Wonderful

 

JUPDLC : C’était la première opération d’influence du Crédit Agricole du Languedoc. Qu’est-ce qui freinait jusqu’ici, et qu’est-ce qui a fait basculer la décision cette fois-ci ?

Romain Le Gall : En effet, il s’agissait de notre toute première opération d’influence. Jusqu’ici, il n’y avait pas de réel frein, simplement un manque d’expérience sur ce type de format, qui reste encore peu habituel dans la communication bancaire. Ce qui a fait basculer la décision, c’est une vraie volonté collective de tester de nouveaux modèles et de casser certains codes. Nous avons abordé cette campagne à travers un travail de réflexion en amont : qui voulait-on toucher, avec quel message ? Lors de l’appel d’offres, l’agence Wonderful a proposé une approche audacieuse, respectueuse de notre ADN, en s’appuyant sur des influenceurs locaux. Cette dimension à la fois disruptive, territoriale et alignée avec nos valeurs nous a convaincus.

 

JUPDLC : Vous avez laissé une vraie liberté créative à Léa Coff et Tartin. Où était la limite ? Y a-t-il eu des contenus recadrés, des allers-retours, des moments où ça a grincé ?

Anouk Plantevin : Tout l’enjeu était de trouver le bon équilibre. On a abordé cette collaboration comme une véritable co-création. Notre rôle, en tant qu’agence, a été de poser un cadre clair et rassurant pour la marque, tout en préservant la liberté créative des talents et le potentiel de performance des contenus. Cela s’est traduit par de nombreux échanges, des ajustements des deux côtés et une vraie logique de compromis pour lever les freins et aligner toutes les parties.

Les équipes du Crédit Agricole du Languedoc ont fait preuve d’une réelle écoute. Elles ont su nous faire confiance et reconnaître que les créateurs étaient les mieux placés pour comprendre leurs audiences et proposer des formats pertinents. De leur côté, les influenceurs ont aussi joué le jeu en acceptant d’ajuster certains éléments, que ce soit dans les formulations ou dans le montage, lorsque cela ne correspondait pas aux exigences du client, tout en proposant des alternatives cohérentes. Au final, la collaboration a été fluide, avec des interlocuteurs réactifs et une vraie confiance mutuelle.


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Romain Le Gall : C’était effectivement un modèle de collaboration nouveau pour nous, donc forcément un peu challengeant au départ. Ce que nous avons particulièrement apprécié, c’est la pédagogie et la flexibilité de Wonderful, qui nous a aidés à comprendre les codes de l’influence. Les influenceurs ont aussi pleinement joué le jeu. Il y a eu des allers-retours, ce qui est tout à fait normal, notamment pour clarifier certaines notions importantes. 

Nous avons pu être présents, à effectif réduit, lors de certains tournages. Cela nous a permis de mieux comprendre leur manière de travailler et de vérifier la cohérence avec notre brief, notamment sur la mise en valeur du conseiller. Il n’y a jamais eu de tensions : parfois de l’étonnement, parfois un temps d’acceptation, mais globalement une grande confiance. Et avec le recul, certaines choses que nous aurions pu vouloir recadrer se sont révélées très efficaces une fois montées.

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Crédit photo : Wonderful


JUPDLC : L’un des enjeux majeurs était de valoriser le conseiller en agence face aux néo-banques. Comment avez-vous réussi à rendre la figure du conseiller bancaire “désirable” ou “accessible” pour une génération qui cherche avant tout l’immédiateté digitale ?

Anouk Plantevin : L’enjeu n’était pas d’opposer le conseiller bancaire aux services en ligne, mais au contraire de démontrer leur complémentarité. L’idée était de faire comprendre qu’au Crédit Agricole, on peut pleinement bénéficier des deux.

Dans la vidéo de Tartin, on a donc choisi de mettre en scène des situations du quotidien où l’accompagnement d’un conseiller prend tout son sens, en adoptant un ton volontairement décalé et humoristique pour casser les codes traditionnels du secteur bancaire. La preuve qu’on peut faire passer des messages sérieux pour une institution financière à travers des formats d’influence plus audacieux.

Du côté de Léa, l’approche est différente mais complémentaire. On est allé vers un registre plus intime, basé sur le partage d’expérience et la proximité, avec un format de témoignage. Le conseiller n’apparaît pas directement à l’écran, mais il est au cœur du discours : Léa évoque des moments de vie où elle aurait aimé être accompagnée, en expliquant qu’au Crédit Agricole du Languedoc, cet accompagnement existe justement.

 

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Romain Le Gall :  L’enjeu principal était effectivement de valoriser le conseiller, l’agence et la relation humaine. Nous voulions montrer que l’expertise, l’accompagnement et la compréhension des projets de vie restent essentiels, même pour une génération très digitale. Le message était clair : le digital et l’humain ne s’opposent pas, ils se complètent et peuvent même s’augmenter mutuellement. Il s’agissait de rendre cette relation accessible et désirable, en montrant qu’on peut avoir besoin d’un conseiller à tout âge, y compris dans une logique d’immédiateté.

 

JUPDLC Les résultats montrent des rôles très distincts selon les plateformes. Est-ce une répartition que vous aviez anticipée dès le brief, ou est-ce l’audience qui a dicté cet usage ?

Anouk Plantevin : Dès le départ, nous avons fait le choix d’un mix stratégique pensé pour exploiter les forces propres à chaque plateforme et maximiser la répétition du message auprès des audiences. TikTok joue le rôle de capteur d’attention, Instagram permet d’entretenir la relation avec la communauté, et YouTube vient installer un discours plus approfondi. Ce dispositif s’est révélé particulièrement efficace, notamment avec le contenu TikTok de Léa, construit autour du témoignage et de l’expérience, qui a atteint 1 million de vues organiques en seulement quelques jours.

@leacoff_

Faire 50/50 quand on ne gagne pas pareil, c’est pas de l’égalité. Comprendre ton argent, c’est reprendre ton pouvoir. 💸 #CollaborationCommerciale @creditagricolelanguedoc

♬ Library Vibes – Cozy-Cozy-Moodscape

 

JUPDLC : 98 % de commentaires positifs sur des contenus sponsorisés par une banque, c’est un chiffre qui interpelle. À quoi vous l’attribuez précisément ?

Anouk Plantevin : Je vois deux leviers clés dans le succès de cette opération. D’abord, le choix des deux profils, réalisé avec exigence et une vraie prise de risque créative, mais surtout leur niveau d’engagement dans le projet, qui a clairement fait la différence. Ensuite, notre capacité à leur laisser une réelle liberté créative, tout en concevant des concepts parfaitement alignés avec leurs univers éditoriaux respectifs. On n’est pas dans de l’adaptation, mais dans du sur-mesure.

Au-delà de la visibilité, la qualité des commentaires faisait partie de nos KPI prioritaires, puisque l’enjeu était avant tout de faire évoluer la perception du Crédit Agricole du Languedoc. Concrètement, la vidéo de Tartin a généré de nombreuses réactions soulignant l’originalité de la collaboration et son côté en rupture totale avec les codes du secteur bancaire. De son côté, Léa a suscité beaucoup de commentaires positifs autour de la valeur de son contenu et de la pertinence de ses conseils, ce qui positionne naturellement la marque comme une solution crédible et légitime. 

Romain Le Gall : Je l’attribue avant tout à l’authenticité. Nous avons laissé une vraie liberté de ton aux influenceurs, tout en restant alignés sur nos objectifs. Si nous avions adopté un discours trop publicitaire, cela aurait sans doute nui à la réception des contenus. Léa Coffrant, par exemple, était davantage dans le partage d’expérience, autour de l’éducation financière, notamment pour les femmes, avec une présence de la marque mesurée et naturelle. Tartin, lui, est resté totalement dans son univers : le ton, le rythme et les codes étaient identiques à ses contenus habituels, simplement transposés dans l’univers bancaire. Cette cohérence a surpris positivement les audiences et montré qu’une banque pouvait aussi adopter ces formats-là, avec simplicité et sincérité.

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Crédit photo : Wonderful

 

JUPDLC : Est-ce que cette opération ouvre la porte à d’autres prises de parole de ce type pour le Crédit Agricole du Languedoc ? Et si c’était à refaire demain, qu’est-ce qui changerait ?

Anouk Plantevin : On l’espère oui ! Nous sommes très fiers à l’agence d’avoir non seulement réussi une belle opération, mais surtout d’avoir rassuré les équipes du Crédit Agricole du Languedoc sur la pertinence et l’efficacité de l’influence, étant donné que c’était une première pour eux.  Si c’était à refaire je choisirai la même équipe, le même casting et le même dispositif, mais peut-être qu’on s’y prendrait quelques semaines plus tôt pour être un peu plus serein sur le timing.

Romain Le Gall : Oui, clairement. C’est une réflexion engagée depuis la fin de la campagne. L’influence est une façon de communiquer différente, complémentaire des canaux plus traditionnels comme l’email, la publicité ou la vidéo. Elle permet un format de storytelling particulièrement intéressant. Nous réfléchissons donc sérieusement à réutiliser ce levier dès 2026. Et si c’était à refaire, honnêtement, nous ne changerions pas grand-chose : peut-être , effectivement, de commencer un peu plus tôt, pour gagner encore en expérience. Aujourd’hui, c’est un canal devenu incontournable dans une stratégie de communication.

 

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