En 2025, le bénévolat étudiant connaît un essor sans précédent. Dans un contexte où la précarité s’installe durablement dans le quotidien des jeunes, l’engagement associatif devient bien plus qu’un simple acte de solidarité : il est un levier d’épanouissement personnel, d’apprentissage et d’intégration sociale. Mais il révèle aussi un potentiel encore trop souvent sous-estimé pour les entreprises.
Car au-delà des discours sur la « jeunesse engagée », ce sont désormais les passerelles entre le monde étudiant et le monde de l’entreprise qui se construisent sur le terrain. Les marques, les fondations et les coopératives découvrent que soutenir l’engagement étudiant, c’est aussi nourrir leur propre culture d’entreprise, renforcer la cohésion interne et donner un sens concret à leurs valeurs.
C’est cette conviction commune qui réunit Florian Rippert, Directeur Général de StudHelp, et Christèle Peignon, représentante de Upcoop. Ensemble, ils portent une vision : celle d’un bénévolat qui crée du lien, inspire les salariés et transforme durablement la relation entre jeunes et entreprises.
Dans cet entretien croisé, ils reviennent sur la genèse de leur partenariat, les fruits d’une coopération bâtie sur la confiance, et la manière dont l’engagement solidaire des étudiants peut devenir pour les entreprises qui les accompagnent, un véritable moteur de transformation sociale et stratégique.

JUPDLC : Comment ce partenariat s’est-il développé concrètement au fil du temps ? Quelles sont aujourd’hui les principales formes d’engagement du groupe Upcoop aux côtés de StudHelp ?
Christèle Peignon : D’une initiative d’une salariée sensible et engagée sur la cause des étudiants en précarité en 2021, nous avons été sensibles et émus de la situation et des longues files d’attente pour se nourrir de cette jeunesse se retrouvant isolée et sans ressources. Nous sommes naturellement partis d’un besoin de distribuer et collecter les produits alimentaires pour ensuite structurer davantage en aidant l’association à grandir et à lui donner plus de visibilité. Nous avons reproduit les collectes, organisé du coaching en entreprise et incité l’association à écrire une stratégie de déploiement de son action. En 2023, les liens de confiance établis avec les cofondateurs ont permis à la fondation d’entreprise Upcoop, de soutenir le projet sur la durée pour lui permettre de se consolider.
JUPDLC : Selon vous, pourquoi est-il important pour un groupe comme Upcoop de s’engager sur des causes comme la précarité étudiante ? En quoi cela s’intègre-t-il dans la mission de la fondation du groupe ?
Christèle Peignon : Le groupe existe depuis plus de 60 ans et les fondements mêmes de sa création reposent sur une économie humaine, où chacun a sa place et peut s’épanouir. L’approche de ce groupe est issue d’un principe statutaire et démocratique puisque la maison mère est une coopérative. Chaque salarié porte un principe démocratique qui est un homme, une voix. Nous sommes donc tous concernés. L’entreprise fondatrice porte des valeurs humanistes, et sa raison d’être aujourd’hui témoigne de son engagement pour une économie juste et équitable.

JUPDLC : On parle souvent de partenariats associatifs « gagnant-gagnant ». Quels sont les bénéfices concrets de ce type d’engagement pour une organisation et ses salariés ? Et en quoi peuvent-ils renforcer l’attractivité de l’entreprise, notamment auprès des jeunes en quête de sens ?
Christèle Peignon : L’engagement de notre entreprise et de ses salariés dans cette dimension avec un partenaire porte sur la relation de confiance qui est établie. Elle amène de la transparence et nous incite à aller plus loin dans le partage et la mise en réseau. Nous essayons sur la base de l’écoute et d’une grande bienveillance de trouver ensemble des solutions face à une problématique donnée et de mettre en œuvre sur la base de nos expertises les solutions sur la durée. La relation est co-construite et nécessite un temps long pour que les opportunités détectées deviennent réalité. Également, qu’elles aient un impact réel sur le partenariat associatif et l’entreprise engagée avec sincérité et professionnalisme.
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JUPDLC : Du côté de StudHelp, qu’apporte un partenaire comme Upcoop à votre structure ?
Florian Rippert : Avec chaque partenaire, nous essayons de construire une belle histoire en engageant l’entreprise par toutes ses parties prenantes et notamment les salariés. Beaucoup de personnes souhaitent s’engager à titre personnel sur la précarité étudiante mais ne connaissent pas StudHelp. Le partenariat avec des entreprises comme Upcoop nous permet une visibilité et un engagement direct auprès des salariés qui souhaitent s’engager pour cette noble cause, à titre professionnel ou personnel. Les entreprises ont également un rôle à jouer auprès de leurs propres étudiants qu’elles embauchent, qu’ils soient stagiaires ou en alternance. Ce partenariat nous a permis de grandir, de nous professionnaliser et de réfléchir à une stratégie d’essaimage dans toute la France. Comme c’est le cas actuellement avec la création de plusieurs antennes StudHelp à Lyon, Aix-en-Provence, Nantes, Paris…dans toute la France

JUPDLC : À Lyon, un salarié Upcoop va co-piloter une nouvelle antenne StudHelp avec un étudiant bénéficiaire. Que dit cette initiative de l’évolution de votre partenariat ?
Florian Rippert : Je pense que c’est l’une des plus belles histoires de StudHelp avec cette ouverture de l’antenne StudHelp Lyon qui est pilotée par un donateur engagé, salarié Upcoop et un ancien étudiant bénéficiaire. Cette initiative et ce résultat montre que les salariés souhaitent très souvent aller plus loin dans les opérations de bénévolat avec les associations qu’elles rencontrent par le biais de leur entreprise. Il n’y a pas de plus belle réussite pour nous lorsqu’un ancien étudiant bénéficiaire qui plus est accompagné par son donateur décident de nous rendre l’appareil en s’engageant sur un tel projet de développement local.

JUPDLC : Pour finir, quels sont vos projets en commun à venir ? Avez-vous déjà identifié de nouvelles actions pour renforcer encore votre collaboration au service des étudiants ?
Florian Rippert : Grâce au soutien opérationnel de la fondation du groupe Upcoop, nous avons pu essaimer notre modèle dans toute la France avec le lancement de plusieurs antennes. Mais nous avons également pu lancer officiellement le premier label sur la précarité étudiante. Pleins de nouveaux concepts vont arriver en 2026, et plus que jamais nous tenterons d’engager les salariés du groupe à notre noble cause.
Christèle Peignon : Une belle année de coopération s’ouvre à nouveau devant nous en 2026 mais notre processus de décision étant collégial, les opportunités seront dévoilées en fin d’année. Nous restons très attentifs à la réussite de StudHelp car le sujet de l’éducation et de la lutte contre la précarité alimentaire des étudiants qu’elle soutient nous tient à cœur. Ces étudiants sont les citoyens de demain mais aussi les décideurs. Nous voulons promouvoir l’égalité des chances, l’espérance en un monde meilleur et plus juste.
Si vous souhaitez rejoindre Studhelp pour devenir bénéficiaire, bénévole ou donateur, rendez-vous sur le site de l’association !

