À l’approche du 10 septembre, la mobilisation prend forme sur les réseaux sociaux : un espace où elle s’organise, s’amplifie et gagne en visibilité jour après jour. À quelques semaines de l’échéance, les publications se multiplient, les hashtags se diversifient et l’écho généré dépasse même celui des grandes vagues comme celle des Gilets Jaunes.
Mais derrière cette effervescence digitale, que dit réellement cette mobilisation en ligne ? Quels messages dominent ? Quels acteurs influencent la conversation ? Visibrain, l’outil de veille des réseaux sociaux, a décrypté les dynamiques de cette contestation digitale et en dévoile les principaux enseignements.

11 200 tweets quotidiens : la contestation prend vie sur les réseaux sociaux
En l’espace d’un mois, la mobilisation autour du 10 septembre fait la une des réseaux sociaux, et particulièrement X, qui concentre la majorité des messages. Ce sujet est au centre de plus de 338 627 tweets, soit une moyenne de 11 287 publications quotidiennes.
À titre de comparaison, cette période de préparation de la mobilisation du 10 septembre génère un volume de tweets supérieur à celui observé autour des Gilets Jaunes en 2018, avec environ 69% de messages supplémentaires.
L’analyse de la timeline révèle une dynamique en plusieurs temps : un démarrage rapide, avec près de 43% des tweets concentrés dans les premiers jours, avant une période de recul relatif. Depuis le 15 août, l’intérêt repart nettement à la hausse suite à la prise de parole du parti LFI appelant à se rendre dans la rue (représentant déjà 15% du volume total observé).

Une mobilisation portée par diverses communautés
La mobilisation du 10 septembre se distingue par la diversité des communautés qui la portent. La pluralité des comptes se reflète notamment dans les hashtags les plus utilisés : en tête, ceux visant le gouvernement, tels que #gouvernementdetromperie, #macrondestitution ou #macrondegage (en bleu dans le nuage). Ils sont suivis par des références au mouvement des Gilets Jaunes (en rose), tandis qu’un hashtag en forte progression, #bloquonstout (en orange), témoigne de nouvelles formes d’organisation et de mobilisation.

Une mobilisation amplifiée à l’aide de nombreux faux comptes sur X
À noter, un phénomène d’astroturfing se distingue dans cette mobilisation en ligne. Pour le définir, Guillaume Sylvestre, directeur digital intelligence de l’ADIT et partenaire de Visibrain, explique : « Il s’agit d’un phénomène qui repose sur une seule idée, celle de faire croire à un mouvement spontané, massif, venu de la « base » et forcément légitime. L’astroturfing, en somme, est une opération réalisée par des faux comptes pour générer du bruit ou par des militants ou professionnels rémunérés pour influer sur le débat public. »
Dans le cadre du 10 septembre, plusieurs comptes apparaissent comme de faux profils, relayant le mouvement de manière artificielle. Certains publient plus de 1 000 tweets par jour sur X, amplifiant la visibilité du mouvement et donnant l’impression d’une mobilisation massive.
TikTok, vecteur de visibilité pour la mobilisation : 6,2 millions de vues en un mois
Outre X, qui concentre la majorité des publications, d’autres plateformes comme TikTok et Facebook servent également de terrain pour commenter le mouvement. Sur TikTok, le mouvement du 10 septembre est particulièrement visible, avec plus de 6,2 millions de vues cumulées pour les contenus qui en parlent.
On y trouve des vidéos variées : certains internautes donnent leur avis sur la mobilisation, d’autres appellent à descendre dans la rue, tandis que d’autres encore pointent certains partis politiques, comme LFI, accusés de récupérer le mouvement à des fins partisanes.




