Interview : Snapchat fait le bilan 2025 et se projette vers 2026, avec Grégory Gazagne, Directeur Général

Par Océane Correard

19 décembre 2025

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Mercredi 17 décembre, Snapchat organisait son petit-déjeuner annuel de fin d’année à Paris, l’occasion de dresser un bilan de 2025 et d’annoncer les grandes priorités pour l’année à venir.

L’événement, qui se tenait dans les nouveaux locaux récemment inaugurés de l’entreprise, a permis de découvrir un espace de 4 000 m² regroupant pour la première fois les équipes marketing, commerciales et techniques françaises, ainsi que l’AR Studio, centre d’excellence pour la création d’expériences immersives.

Au programme de ce petit-déjeuner : présentation du rapport Génération Snap, démonstration des dernières innovations de la plateforme (dont les fameuses lunettes de réalité augmentée « Spectacles », bientôt commercialisées au grand public) et échanges autour des grandes tendances à venir.

Avec près de 20 millions d’utilisateurs quotidiens en France, Snapchat confirme son ancrage sur le marché local, soutenu par un engagement toujours croissant des créateurs et des marques présentes sur la plateforme.

À cette occasion, nous avons pu nous entretenir avec Grégory Gazagne, Directeur Général de Snapchat France, qui revient sur les succès et enseignements de 2025, détaille les innovations qui ont marqué l’année et livre ses conseils pour tirer le meilleur parti de Snapchat en 2026, notamment à travers la réalité augmentée, l’IA et les nouvelles expériences retail.

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Crédit photo : Gregory Gazagne

JUPDLC : Lors de votre précédente interview en début d’année, vous évoquiez une année ambitieuse pour Snapchat France. Maintenant que 2025 touche à sa fin, quels sont les principaux succès et apprentissages que vous retenez ?

Gregory Gazagne : 2025 a été une année extrêmement intense pour Snapchat. Nous avons ouvert nos nouveaux bureaux, ce qui a suscité beaucoup de couverture médiatique avec la présence de notre président, de la maire de Paris, de ministres… Tout cela à l’occasion de l’ouverture de l’AR Studio, qui a été un vrai succès ! Nous avons également eu des partenariats remarquables, notamment avec le château de Versailles.

Sur le plan de l’audience, Snapchat continue de croître : nous sommes aujourd’hui à presque 20 millions d’utilisateurs quotidiens en France selon Médiamétrie.

Du côté commercial, nous avons lancé de nombreux formats publicitaires et innovations, et nous demeurons dans une dynamique extrêmement positive.

Dans l’ensemble, Snapchat a créé un mouvement très fort, amplifié par cette inauguration, avec un ancrage en France qui se renforce. Nous continuons à construire des succès auprès de la communauté, des marques et des créateurs, et nous comptons bien poursuivre cette dynamique en 2026 !

 

JUPDLC : Entre votre centre d’excellence en réalité augmentée, les investissements en IA (Smart Campaigns, partenariat Perplexity…) Quelles innovations ont eu le plus d’impact cette année, en matière d’usages comme d’opportunités publicitaires ?

Gregory Gazagne : Il y a plusieurs innovations importantes, mais si je dois en citer les plus impactantes :

Premièrement, la moins glamour, mais c’est sans aucun doute la refonte totale de nos outils de performance publicitaire. Depuis deux ans, nous travaillons avec l’IA pour améliorer nos outils qui permettent de générer des ventes pour nos clients et de prédire les taux de conversion et d’achat sur site. Ces Smart Campaigns nous ont permis de générer énormément de croissance, en France et dans le monde.

Deuxièmement, la réalité augmentée combinée à l’IA générative. Nous avons créé des lenses génératives qui permettent de plonger les utilisateurs dans un univers complètement transformé. Ces lenses génèrent entre 25 et 45 % de partages supplémentaires par rapport aux lenses classiques, ce qui montre l’engouement pour cette technologie.

Troisièmement, l’utilisation de la Snap Map. Aujourd’hui, 85 % de nos utilisateurs en France se géolocalisent, ce qui permet de créer des campagnes extrêmement ciblées et de mesurer l’impact en magasin. Par exemple, McDonald’s a généré plus de 9 millions d’interactions sur la Map et un million de visites en magasin grâce à cet outil. Ces innovations touchent à la performance, à l’attention, à l’interaction et mêlent vie digitale et vie réelle.

 

JUPDLC : La dernière campagne de Boulanger affiche un ROAS +80%, vous avez lancé un pop-up Citadium… Comment expliquez-vous que le retail soit devenu si stratégique pour Snapchat en 2025 ?

Gregory Gazagne : Le retail s’est accéléré chez Snapchat. Certes, ce dernier a toujours été présent sur la plateforme, notamment via la réalité augmentée et l’essayage virtuel (« try-on »), qui fonctionne très bien, mais cela n’était pas suffisant pour créer une suite complète de produits adaptés aux retailers.

Nous avons donc ajouté une brique créateur, tout ce qui relève de l’advocacy, et surtout une brique « lower funnel », plus proche de la conversion. Cela permet de générer des ventes mesurables, en magasin comme en ligne. Des clients comme Boulanger ont ainsi vu une forte accélération de leur performance sur Snapchat, et ce type de campagne justifie aujourd’hui l’accélération du chiffre d’affaires de la plateforme en France.


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JUPDLC : Dans un contexte de fragmentation des audiences et de pression accrue sur les budgets, comment Snapchat se positionne-t-il aujourd’hui dans le mix média des annonceurs français ? Pour quels objectifs marketing la plateforme est-elle la plus pertinente ?

Gregory Gazagne : La fragmentation des audiences est importante, notamment avec la chute des audiences télé et du temps d’interaction des moins de 50 ans. Ce n’est pas une surprise : ces populations sont de plus en plus sur les plateformes sociales, notamment Snapchat.

Snap est particulier car il est l’un des seuls réseaux qui parvient à conjuguer une forte présence sur la jeune génération – 91 % des 15-24 ans sont présents dessus – tout en touchant également les plus de 25 ans, qui représentent plus de deux tiers de l’audience totale. La moyenne d’âge est de 35 ans, ce qui permet de faire des campagnes aussi bien pour la Gen Z que pour les plus âgés, voire même potentiellement pour leurs parents.

Nos solutions publicitaires sont adaptées aux problématiques actuelles : performance, attention, visibilité. La baisse des médias traditionnels profite au digital et à Snapchat, qui offre des produits répondant à ces trois enjeux à la fois.

 

JUPDLC : Quelles tendances majeures se dégagent pour l’année à venir ? Comment ces usages vont-ils influencer les priorités produit et publicitaires de Snapchat pour 2026 ?

Gregory Gazagne : Nous constatons une vraie volonté de connexion avec la vie réelle, avec ses amis et sa famille, et avec la spontanéité. Depuis quatre ans, il y a une baisse massive de l’engagement sur toutes les plateformes, plus de 50 % en moyenne sur la totalité des plateformes sociales. Les utilisateurs interagissent moins, se connectent moins.

Snapchat a été conçu pour être différent : engager avec ses amis et sa famille via le chat, les stories, la Map.

Nous voyons aussi l’émergence de beaucoup de vidéos d’IA sur d’autres plateformes, souvent du fake à grande échelle, mis à disposition des utilisateurs. Chez Snapchat, nous recentrons l’expérience sur des valeurs simples : connexion, humanité, échange. Nous sommes la plateforme où tout se vit.

L’année prochaine, nous allons continuer à accompagner les clients qui veulent engager avec la Gen Z, travailler avec les créateurs de plus en plus présents sur la plateforme et ceux de retour après des années comme Kylie Jenner par exemple, et enfin continuer à améliorer nos produits pour générer de la performance, même dans un contexte économique difficile.

 

JUPDLC : Pour un directeur marketing qui lirait cette interview, quel serait votre conseil prioritaire pour tirer le meilleur parti de Snapchat en 2026 ?

Gregory Gazagne : Il est essentiel de combiner authenticité et performance. Miser sur des contenus engageants, interactifs et adaptés à l’utilisateur, tout en utilisant les innovations de Snapchat (réalité augmentée, IA, géolocalisation) permettra de tirer le meilleur parti de la plateforme en 2026.

Plusieurs points. Premièrement, utiliser l’application pour créer de l’attention et de la présence dans les grands moments. Nos formats publicitaires permettent de toucher jusqu’à 10 millions de personnes en une journée. L’année prochaine, il y aura des événements majeurs comme la Coupe du monde de football, mais aussi de nombreuses opportunités culturelles pour être visibles sur la plateforme.

Il est important de travailler le haut du tunnel pour générer de la visibilité et de la considération, mais aussi d’utiliser les créateurs pour atteindre le bas du tunnel, c’est-à-dire la conversion et la génération de ventes, que ce soit en magasin ou en digital.

Pour terminer, il est essentiel de mettre en place tous les outils de mesure pour comprendre la pertinence des campagnes et savoir ce qui fonctionne. Nos équipes accompagnent les annonceurs pour optimiser l’attention, la considération et la transformation, avec des solutions comme la réalité augmentée et le suivi complet des performances.

 

Enfin, vous n’avez pas pu passer à côté de cette annonce qui a fait grand bruit sur la toile : le stockage des Memories sur Snapchat deviendra, à notre plus grand désarroi, payant dès l’année prochaine, sous peine de se voir être supprimés. Nous avons interrogé Grégory Gazagne à ce sujet pour en savoir plus. Sa réponse est à découvrir en vidéo sur nos réseaux sociaux !

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