Comment l’IA redéfinit la production de visuels produits pour les marques ? Avec Nicolas Duboc (Just Happiness)

Par Charlotte Pierre

7 avril 2026

En collaboration avec Just Happiness

portrait de nicolas duboc, just happiness
portrait de nicolas duboc, just happiness

Retail, textile, et plus largement l’ensemble des marques qui produisent du contenu visuel : toutes font face à une équation de production de plus en plus complexe. Multiplication des canaux (site e-commerce, social media, print, marketplace…), diversité des références produits, déclinaisons de tailles et de coloris… Les formats se diversifient et les cycles commerciaux laissent peu de marge. Le social commerce renforce encore cette pression : pour rester visible, il faut régulièrement alimenter les plateformes en contenu visuel, même si l’enjeu n’est pas tant la quantité que la capacité à produire des visuels de qualité, adaptés à chaque point de contact.

Dans ce contexte, les shootings photo traditionnels, avec leurs contraintes logistiques, leurs délais de post-production, leurs coûts élevés et parfois difficiles à anticiper, peinent à suivre le rythme. L’IA générative apparaît comme un levier d’accélération évident. Mais elle soulève une question que les directions marketing connaissent bien : comment garantir que le visuel final reste fidèle au produit réel ? Une couleur légèrement altérée, une texture mal restituée, et c’est la crédibilité qui est en jeu.

C’est ici qu’intervient l’agence Just Happiness, qui a développé une méthode hybride de la production visuelle : le shooting « IA driven ». C’est en se basant sur cette approche que la marque a accompagné Sport 2000 dans la production de son catalogue de Noël 2025. Pour en parler, nous recevons Nicolas Duboc, co-fondateur et Directeur de création, pour mieux comprendre comment l’agence repense les shootings photos pour allier ambition créative, souplesse de production et fidélité produit.

 

portrait de nicolas duboc, just happiness
Crédit photo : Cécile Garou

 

L’approche « IA driven » : le cas Sport 2000

C’est sur la tension entre ambitions créatives et contraintes de production que Just Happiness a construit une méthode hybride, qu’elle a appliquée à l’opération de Noël dernier de Sport 2000. Dans cette approche « IA driven » développée en interne, l’ambition reste la même que pour un shooting professionnel : celle de produire des visuels pensés, dirigés, porteurs d’intention et d’émotion. Mais ici, c’est l’intelligence artificielle qui produit, sous la direction artistique des équipes.

Ce qui change, alors, c’est le champ des possibles. L’IA libère de bon nombre de contraintes physiques du shooting : tester des mises en scènes qu’on n’aurait pas pu tenter en plateau, jouer sur des ambiances ou des lumières sans dépendre d’un lieu ou d’une météo… L’idéation, et plus globalement, le terrain de jeu créatif se débrident.

Mais derrière cette souplesse, le cadre reste rigoureux : validation des couleurs par rapport au produit physique, restitution fidèle des matières et des textures, vérification systématique des visuels avant livraison. À chaque étape, c’est l’humain qui guide, qui pilote et qui corrige. Parce que l’IA, aussi utile soit elle, n’est pas infaillible !

On obtient, in fine, des visuels en haute définition, y compris sur des grands formats, une production plus agile, et une capacité à décliner les contenus sur l’ensemble des supports de communication de l’enseigne.

 

visuels IA driven pour campagne retail noel sport 2000 Just happiness
Crédit photos : Just Happiness

 

Ce que ça change pour le retail

L’intérêt de cette approche ne se limite pas à un gain de temps. Pour les retailers ou les fabricants, qui gèrent un certain volume de références sur des temps commerciaux courts (Noël, rentrée, soldes…), c’est surtout la capacité à produire des visuels cohérents, maîtrisés, sans que chaque opération ne devienne un casse-tête logistique qui s’optimise. Les visuels de la marque restent homogènes visuellement, les coûts sont mieux maîtrisés, et la direction artistique garde la main sur le rendu final.

Just Happiness regroupe cette approche sous le nom IAdvanced, un positionnement qui traduit une conviction : l’IA dans la production visuelle n’a de valeur que si elle s’inscrit dans un cadre de direction artistique et de contrôle qualité rigoureux.


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Entretien avec Nicolas Duboc, co-fondateur et Directeur de création de Just Happiness

 

JUPDLC : Comment est né ce projet avec Sport 2000 ? Est-ce que la demande venait du client, ou c’est vous qui avez proposé de repenser la méthode de production ?

Nicolas Duboc : C’est nous qui avons anticipé le besoin il y a plus d’un an, car on réalisait déjà toutes leurs opérations commerciales et les shootings qui vont avec depuis plus de 10 ans. On savait très bien quelles étaient les limites et difficultés que l’IA nous permet de contourner, comme par exemple la saisonnalité des prises de vue et aléas de la météo, multiplication des lieux.

JUPDLC : Quand vous parlez de shootings « IA driven », qu’est-ce que ça recouvre concrètement ? À quelles étapes de la chaîne de production l’IA intervient-elle, et où est-ce que l’humain reste indispensable ?

Nicolas Duboc : Un shooting « IA driven », c’est réellement un process hybride humain/IA, avec la même ambition qualitative qu’un shooting traditionnel. C’est l’humain qui dicte, qui dirige, et l’IA qui réalise. L’humain est indispensable à toutes les étapes : conception des intentions, direction artistique, retouches, et même dans la maîtrise des prompts.

Si l’on veut une image originale, puissante, capable de transmettre une émotion avec une lumière précise, c’est dans nos choix qu’elle trouve sa source. L’IA est un outil, d’ailleurs, on devrait même dire les IA, car chaque visuel passe par deux à trois IA différentes pour obtenir le résultat souhaité.

 

visuels IA driven pour campagne retail noel sport 2000 Just happiness
Crédit photos : Just Happiness

 

JUPDLC : La fidélité produit est un point sensible en retail, surtout pour du print. Comment vous assurez-vous que les couleurs, les matières et les détails restent conformes au produit physique une fois passés par l’IA ?

Nicolas Duboc : Là aussi, c’est un travail hybride. Il y a un apprentissage du produit par l’IA, mais selon leur complexité, nous devons parfois intervenir plus ou moins fortement en retouche pour corriger les détails. Et pour les couleurs, nous utilisons également des outils plus traditionnels, comme un spectromètre, afin de garantir leur précision sur des épreuves de contrôle.

La vraie complexité se situe sur le print HD. Une PLV de deux mètres, que l’on voit de très près, est probablement l’un des formats les plus exigeants. Sur une image plus petite, destinée au social media ou au web, les contraintes sont moindres.

JUPDLC : En termes de production, qu’est-ce que cette méthode change par rapport à un shooting classique ? Quels sont les ordres de grandeur en matière de délais et de coûts ?

Nicolas Duboc : Le process change complètement et c’est d’ailleurs parfois un peu déroutant, car on arrive très vite au produit final. Il ne faut donc pas rater d’étapes clés. Nous sensibilisons systématiquement nos clients au démarrage pour que tout se déroule au mieux.

Il est difficile de répondre en matière de coûts ou de délais, car tous les shootings « traditionnels » sont différents et n’ont pas la même complexité. Plus le shooting est compliqué et onéreux, plus le gain est important. En termes de délais également, on peut aboutir en quelques jours, quelle que soit la saison ou l’environnement : c’est une vraie souplesse. Cette réduction des coûts permet aussi de produire des visuels pour des opérations où la marque n’avait pas forcément le budget ; rebondir sur une actualité ou une opportunité devient alors plus facile.

Mais il faut tordre le cou à l’idée que l’IA est « pas chère, facile ». C’est certes moins cher, mais il faut de l’apprentissage et du talent. Rien de bien ne se fait en deux clics.

 

visuels IA driven pour campagne retail noel sport 2000 Just happiness
Crédit photos : Just Happiness

 

JUPDLC : Est-ce que cette approche dans la production de visuels produits est réplicable pour d’autres typologies de marques ou de produits, ou est-ce qu’elle fonctionne particulièrement bien dans le contexte du retail textile et sport ?

Nicolas Duboc : C’est parfaitement réplicable. Nous parlons ici du cas de figure retail avec Sport 2000, dans l’univers du sportswear et du lifestyle, car c’est sans doute l’un des secteurs les plus exigeants. Mais cela fonctionne très bien pour presque tous les types de produits et de domaines.

JUPDLC : Dans une prise de parole récente, vous mentionnez que « vous n’avez pas encore vu ce qui se prépare » : sans tout dévoiler, dans quelle direction évolue votre posture IAdvanced ?

Nicolas Duboc : Nous menons une R&D permanente : dès que les IA progressent, nous progressons aussi. Les images réalisées pour Noël ont été travaillées l’été dernier (délais print obligent) et les rendus que nous obtenons aujourd’hui sont déjà bien supérieurs. Et on dépasse aussi le shooting maintenant pour produire des vidéos IA avec produits portés.

Quand nous disons que nous avons enclenché le IAdvanced mode chez Just Happiness, cela signifie mettre l’IA au cœur de notre production, mais toujours au service de l’humain.

Qu’il y ait un shooting derrière ou non, nous proposons des maquettes déjà très proches du résultat final. Avec le recul de cette dernière année, nous constatons que notre production publicitaire a basculé à 75 % en IA.

La raison est simple : elle nous offre une carte blanche créative.

 

Pour en savoir plus sur Just Happiness, rendez-vous sur sa page dédiée !

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