Compétences : doit-on se spécialiser ou se diversifier ?

En collaboration avec Icademie
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Faut-il diversifier ses compétences ou au contraire se spécialiser sur l’une d’elles ? La question est légitime, qu’importe le stade de sa carrière professionnelle. Il est nécessaire d’y réfléchir en fonction de son parcours, de ses attentes et de l’évolution de son secteur. Mais, il faut aussi prendre en compte les avantages et inconvénients de la spécialisation et de la diversification. Voici quelques clés pour bien s’orienter.

 

Un profil spécialisé pour devenir expert de son domaine

De manière générale et qu’importe son domaine d’activité, tout individu acquiert d’abord des connaissances et des compétences générales, qui constituent des fondations solides et nécessaires à la bonne exécution de son travail. Au fil du temps et de l’expérience, on développe des connaissances pointues dans un secteur particulier : on se spécialise. La spécialisation peut être liée au secteur d’activité, c’est le cas par exemple du marketing, de la comptabilité ou de l’ingénierie, ou au métier en lui-même : comme pour l’assistanat de direction ou la data analyse. C’est une évolution naturelle aux nombreux avantages.

La spécialisation accroît tout d’abord la valeur d’un professionnel et lui permet de négocier sa rémunération au plus juste. Mais aussi, elle est le fruit de connaissances et compétences nouvelles : l’individu acquiert un savoir-faire désormais reconnu par ses pairs, sa crédibilité grandit, il devient un expert. Souvent, la spécialisation découle de la passion pour un secteur et/ou un métier, c’est elle qui rend plus logique et naturelle l’envie de s’informer et de rester à la pointe de son secteur. Indéniablement, ce type de profil vous permettra aussi de rassurer votre futur employeur, qui saura apprécier vos compétences différenciantes.

Sur le plan personnel, l’expert doit prendre conscience de sa valeur, de ses connaissances et de ses compétences pour gagner en confiance en lui. C’est cette assurance qui lui permettra de proposer son expertise et ses idées.

Attention, s’il est très important de connaître sa valeur, il ne faut pas être fermé à ce que les autres peuvent nous apporter. Le statut d’expert n’est pas synonyme de la connaissance absolue ! Restez humble face à la connaissance et aux secteurs qui se transforment rapidement, aussi bien dans les manières de faire que dans les acteurs qui le composent.

 

Les limites de la spécialisation

Bien que la spécialisation présente des avantages, sachez appréhender les quelques risques qui la constituent.
Le danger majeur d’une spécialisation, c’est l’enfermement. On s’explique. Lorsque l’on est doué dans ce que l’on fait, et validé par ses pairs, on court le risque de s’enfermer dans sa bulle, de ne plus regarder ailleurs. Or, rester ouvert d’esprit est une clé essentielle pour être un expert accompli et pour être à l’affut des opportunités du secteur dans lequel nous travaillons. Restez informé de l’évolution de votre secteur, mais ne négligez pas les manières de faire ou de penser des autres domaines d’activités, qui pourraient s’appliquer à votre travail, et vous différencier par la même occasion. De plus, ce qu’il se passe chez le voisin peut aussi être la projection de l’avenir de votre secteur… et donc une nouvelle transformation à laquelle il vous faudra vous adapter.

Avis aux avides de challenges… ne vous spécialisez pas ! La spécialisation entraîne par définition la répétition des process et des manières de réfléchir. Bien sûr, chaque entreprise apporte son lot de contraintes et de spécificités, mais au global, le travail reste le même. La spécialisation ne vous apportera assurément pas ce dépassement de soi, si cher à votre cœur.

Un autre pendant serait celui de la concurrence exacerbée. La croyance commune serait que la spécialisation permet la différenciation et il est vrai que si l’on se trouve sur un marché de niche, la spécialisation nous rend unique. Cependant, de plus en plus de postes appellent à des compétences très pointues sur un sujet, ce qui, par conséquent, amènent de plus en plus de gens à se spécialiser sur un même sujet. Se créé alors une offre supérieure à la demande, et c’est l’embouteillage sur l’autoroute de l’emploi…
Une spécialisation doit être le fruit d’une réflexion sur ses envies et sur son marché : à quel point je me situe dans une niche ? Pour vous démarquer (et de manière générale d’ailleurs), ne négligez pas votre personal branding !

Nous l’avons dit tout à l’heure, l’expertise a un coût. Ce que l’expert estime être une rémunération juste, peut être considéré comme trop cher pour les clients. Vient le moment où l’on se rend compte que notre expertise nous ferme des portes… Un prix trop élevé restreint drastiquement le portefeuille des prospects. Il faut étudier sa concurrence pour se positionner au mieux en termes de tarifs. C’est une étape délicate, puisque que le prix est aussi gage de qualité ! Il appartient à chacun de faire la part des choses entre ses compétences et son tarif. On dit que les nouvelles vont vite… Une bourde à un prix trop élevé, et c’est la décote assurée.

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Crédit photo : firmbee / Unsplash

Se diversifier sans se disperser

Tout d’abord, on tient à vous rassurer sur un point : si vous essayez beaucoup de métiers différents (surtout au début de votre carrière), c’est aussi que vous cherchez votre voie ! Et c’est un processus plutôt sain. Prenez le temps d’apprendre de vos expériences pour établir ce que vous aimez et n’aimez pas, et vous orienter au lieu de vous disperser. En effet, la diversification doit se faire intelligemment. Pensez toujours que, dans l’esprit collectif, quelqu’un qui sait tout faire ne sait en réalité rien faire.

En revanche la diversification vous définit comme quelqu’un de curieux, polyvalent et doté d’une grande capacité d’adaptation. Autant de compétences fortement valorisées par les recruteurs, compte tenu de la vitesse de transformation des différents marchés. Mais si vous êtes bon dans plusieurs domaines, vous n’êtes expert dans aucun. Il faut donc bien réfléchir à la manière de vous vendre : avoir quelques compétences en informatique par exemple ne fait pas de vous quelqu’un d’apte à exercer un métier dans ce domaine. Mais c’est un plus qui peut être valorisé sur votre CV et dans votre organisation. Ainsi, sachez distinguer votre attrait pour un sujet qui vous tient à cœur d’une réelle compétence métier.

Entre diversification et dispersion, la ligne est fine. Notons que dans ce papier, nous partons d’un métier qui vous plait et que vous souhaiteriez enrichir, et pas d’un changement de voie professionnelle. Si vous aimez ce que vous faites, mais que vous souhaitez en découvrir d’avantage, la diversification est une bonne option ! Elle doit donc s’opérer autour d’un même champ lexical. Pour grossir les traits, on n’est pas ingénieur, médecin et plombier. La diversification de vos compétences doit s’opérer autour de votre métier principal, pour le compléter et apporter une valeur ajoutée à l’entreprise. Élargir son champ de compétences, c’est aussi se challenger (et s’estimer capable de relever de nouveaux challenges), c’est sortir de sa zone de confort pour s’essayer à de nouveaux domaines.

La diversification des compétences peut être très appréciée en start up par exemple, où les effectifs réduits amènent souvent à faire des tâches différentes. D’ailleurs, un passage dans ce type d’entreprise permet parfois de savoir si l’on aime la polyvalence, ou si l’on préfère rester dans un type de métier. Dans tous les cas, ne négligez jamais, au grand jamais, la qualité de vos rendus.

Aussi, la dispersion pourrait venir de la simple peur de l’évolution de votre métier ! Une sorte de panique de l’adaptation : « il faut absolument que je me forme à de nouvelles compétences pour être adaptable et continuer d’exercer » ! Cela peut notamment être le cas pour les journalistes par exemple. Dans ce cas, faites preuve de discernement. Étudiez les tendances pour comprendre la direction que prend le marché, regardez où vous vous placez en termes de compétences, et ce qui est recherché par les recruteurs. En fonction de ces réponses et de votre personnalité, choisissez la spécialisation ou la diversification.

La diversification peut également rendre floue votre communication et votre personal branding. Si, lorsque l’on est expert, il est plus simple et naturel de communiquer sur notre métier, la diversification peut appuyer cette image moins qualitative et confuse, cette image du « on ne sait pas trop ce qu’il fait, donc on ne va pas l’embaucher ». Votre marque personnelle ne se réduit pas à votre simple CV, vous devez exprimer de manière claire cette cohérence dans votre diversification. À ce sujet, on vous donne quelques pistes pour un bon personal branding dans cet article.

Enfin, le tarif. Si tout à l’heure on vous mettait en garde sur le prix excessif d’une expertise, c’est l’inverse ici. Votre polyvalence vous ouvre plus de portes et plus de clients, c’est certain, mais à quel prix ? Les profils polyvalents ont souvent tendance à exercer au rabais. Non ! Votre travail a de la valeur. Il est vrai qu’aux yeux de vos clients, votre travail vaudra moins cher, mais c’est la qualité de vos rendus, la gestion parfaite de votre agenda et l’expérience qui justifieront votre prix.

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Comment acquérir de nouvelles compétences ?

Une première manière d’acquérir de nouvelles compétences serait en interne. Renseignez-vous sur ce que votre entreprise peut vous proposer en termes de formations ou d’aide au financement. Mais explorez aussi d’autres pistes ! Parfois, un collègue expert peut vous former sur quelques points qui attisent votre curiosité : pourquoi ne pas lui demander comment on fait du montage par exemple ? Il pourrait vous donner quelques bases et clés du métier. Cela pourrait être une première approche vers une diversification. Bien sûr, elle nécessite une certaine logistique : votre travail et le sien ne doivent pas en pâtir. Vous pouvez également discuter avec votre supérieur pour explorer les possibilités qui s’offrent à vous ! Tous les employeurs ne sont pas fermés à l’élargissement des compétences de leurs employés et vous pourriez trouver une solution pour exercer votre profession tout en étant formé à un nouveau métier, si votre supérieur vous place sous l’aile d’un collègue aguerri par exemple.
Une autre manière d’élargir son champ de compétences serait celle des formations d’État. Le panel de formations y est très large et vous trouverez (on l’espère) chaussure à votre pied. Très souvent payantes, le prix dépend de votre statut, du nombre de point sur votre compte formation et des fonds d’aide dédiés, comme le fonds d’assurance formation.

Enfin vous trouverez les écoles ! Icademie a par exemple la volonté d’accompagner les entreprises pendant la crise sanitaire pour faciliter l’accès à la diversification des compétences. Spécialiste de la formation, Icademie propose de nombreuses options à distance, en centre ou même à l’étranger pour diversifier vos compétences et satisfaire votre curiosité. On vous en dit plus sur leur page école dédiée !

 

Finalement, que choisir ? Comprenez une chose : il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Ce choix peut se faire naturellement, ou être le fruit d’une stratégie de carrière mûrement réfléchie. Il appartient à chacun et dépend des appétences, envies et ambitions. Garder en tête ses objectifs, c’est s’aider à déterminer si on souhaite se spécialiser ou se diversifier : demandez-vous pourquoi vous êtes là, ce que vous désirez, et où vous devez aller pour l’obtenir. Est-ce que vous voulez échapper à la monotonie ? Est-ce que vous aimez le challenge ou plutôt la « sécurité » d’un poste et d’un secteur que vous connaissez sur le bout des doigts ? Le but est que vos clients et prospects aient confiance en vous, et qu’ils vous recommandent. Si vous vous diversifiez, gardez en tête que l‘on doit identifier clairement vos compétences et qu’elles doivent rester logiques entre elles. Quoi qu’il en soit, restez cohérents et rigoureux !

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