Interview : François Bitouzet, Managing Director de VivaTech revient sur l’édition 2025

Par Maxime Coffinet

18 septembre 2025

vivatech insight
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À l’occasion de son passage dans notre studio pour Insight, le podcast qui décrypte les tendances créatives et l’actualité publicitaire, nous avons reçu François Bitouzet, Managing Director de VivaTech.

Dans cet épisode, nous revenons sur l’édition 2025, une année de tous les records. Au-delà des célébrations, nous discutons avec lui de l’événement en tant que tel : de son ADN, de son influence, tant pour les retombées business que pour le rayonnement qu’il offre à la tech et à l’innovation européenne dans les discussions mondiales. 

Alors, comment VivaTech se positionne face aux grands salons mondiaux ? Quels signaux retenir de cette année sur la place de la France et de l’Europe dans les relations internationales ? Quelles retombées concrètes en termes de business et d’image ? Et à quoi s’attendre de l’édition 2026 ? Des questions, parmi tant d’autres, auxquelles François répond sans détour, et avec ardeur.

Crédit photo : Viva Technology

 

JUPDLC : Pour commencer, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours et de ce qui vous a amené à devenir DG de VivaTech ?

François Bitouzet : Mon parcours est assez atypique… Même si j’imagine que beaucoup de personnes ici disent la même chose ! J’ai eu plusieurs expériences très différentes : entre 2010 et 2013, je me suis occupé d’un grand événement au Qatar, le World Innovation Summit for Education. J’ai aussi été directeur de la communication de voyagesncf.com, puis directeur général de Publicis Live, l’agence événementielle de Publicis.

Finalement, si on additionne tout ça, avec beaucoup de communication depuis le début des années 2000, ça donnait un parcours un peu dans tous les sens. Mais de manière assez logique, Vivatech est venu réunir toutes ces passions : la communication, l’événementiel et l’innovation. C’est un terrain de jeu magnifique qui me passionne au quotidien. Chaque matin, je me dis que j’ai beaucoup de chance de travailler sur un tel projet, qui plus est entouré par des équipes qui sont extrêmement sympathiques.

 

JUPDLC : Est-ce que vous pouvez nous parler un peu de cette édition 2025 de VivaTech ?  Nombre de visiteurs, de pays représentés… Que retenir ?

François Bitouzet : C’était une très belle édition, et je le dis avec d’autant plus de liberté que ce sont tous les retours qu’on a eus. 2025, c’est l’édition de tous les records. On a eu 180 000 visiteurs, soit 15 000 de plus que l’année dernière, 4 000 exposants, 14 000 start-ups, et des visiteurs venant de 171 pays. J’ai notamment ce souvenir de Jensen Huang sur scène, le mercredi matin à l’ouverture, avec son keynote. Et quelques heures après, celui de le revoir sur scène avec le Président Emmanuel Macron et avec Mistral, c’était une image de la tech extraordinaire, et très liée au sujet de la souveraineté.

Quand on a commencé à préparer cette édition, en septembre dernier, ce n’était pas la meilleure configuration. Il y avait une crise économique en France, et plus globalement en Europe. Il y avait aussi les prémices du retour de Trump, qui allait bouleverser la géopolitique dans une direction pas très positive pour nous, qui défendons la collaboration internationale et les plateformes ouvertes. On avait un monde de la tech qui, jusqu’ici, incarnait des valeurs comme l’impact, l’inclusion, la diversité… et qui, tout d’un coup, disait « c’est fini, on veut juste faire du cash ». Ce n’était pas le meilleur contexte pour dire que la tech, c’est super et qu’il faut investir. 

Et pourtant, en juin, on a été à la croisée de tendances extrêmement positives. La première, évidemment, c’est l’intelligence artificielle. Vous allez dire : « Ah, il nous parle encore d’IA ! » Mais cette année, on voulait que VivaTech soit l’événement où l’on voit ses applications concrètes. Pas de la science-fiction, mais des cas d’usage réels. Et quelques mois après le sommet de l’IA organisé par Emmanuel Macron, il y a eu un engouement incroyable. Et par rapport à la souveraineté, dans un monde totalement chamboulé, il y a les valeurs de l’Europe : ouverture, cohérence, rigueur, et un business qui crée de la valeur, mais aussi défend des valeurs. On s’est rendu compte que c’était ce que les gens attendaient, notamment à l’international. À ce titre, on n’a jamais eu autant d’étrangers, qui nous ont dit : « Ce que vous faites à VivaTech, c’est l’Europe. C’est ce dont on a besoin. » Et c’est exactement ce qu’on a mis en avant. Nous en sommes vraiment heureux.

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JUPDLC : +68 % d’interactions sociales cette année, soit 3,6 millions de plus que l’édition précédente. VivaTech, c’est aussi un outil d’influence. Dans quelle mesure ces chiffres et cette vision se matérialisent-ils ? Comment ce rendez-vous donne-t-il de la force à la France et à l’Union européenne, dans les discussions mondiales ?

François Bitouzet : Alors, je vais revenir un peu en arrière, à l’idée de départ derrière VivaTech. En 2016 (même un peu avant, en 2014, 2015) il y avait deux constats. D’abord, il fallait que les entreprises se transforment digitalement, et les bonnes idées venaient des start-ups. Donc, il fallait les faire se rencontrer. Deuxièmement : tout le monde doutait alors de la capacité de l’Europe à innover face à la Silicon Valley. L’idée de VivaTech, c’était de dire : tout leader mondial de l’innovation doit avoir un outil de soft power, un grand événement. Comme le CES aux États-Unis. Il y avait donc une vision Politique, avec un grand P. Pas une vision droite/gauche, mais internationale : créer une fois par an un grand rassemblement, un épicentre mondial de la tech, pour montrer l’innovation européenne, et surtout « à l’européenne ». Et c’est ce qu’on fait depuis dix ans.

Cette année, c’était encore plus vrai, parce qu’il y avait ce besoin de montrer qu’entre les Américains et les Chinois, il existe un autre modèle. Un modèle qui fait aussi de la régulation. Un modèle où l’innovation ne se fait pas seul, contre les autres, mais par la collaboration, pour faire progresser tout le monde. Une innovation qui ne sert pas seulement aux entreprises, mais aussi aux citoyens, aux individus, aux communautés.

En parlant d’outils d’influence : cette année, on avait plus de 3000 journalistes accrédités, dont plus de la moitié étaient internationaux. On avait aussi beaucoup d’influenceurs. Dans la tech, il y a bien sûr des méga-influenceurs comme Jensen Huang ou Elon Musk, mais aussi des super experts plus spécialisés, qu’on a fait venir avec des programmes d’ambassadeurs. Résultat : on a doublé notre reach sur les réseaux sociaux par rapport à l’édition précédente. Ça veut dire qu’on est peut-être un peu meilleurs, mais surtout que ce qu’on a raconté et montré a intéressé encore plus les gens. On est une scène mondiale pour montrer le meilleur de l’innovation, avec un regard européen. Et cette année, ça a clairement intéressé.

 

JUPDLC : Parlons justement de ce regard européen. Par rapport à d’autres événements comme le Web Summit ou le CES, qu’est-ce qui rend VivaTech différent ?

François Bitouzet : Je pense qu’il y a une différence de fond. Avec le CES, on n’est pas des adversaires, au contraire : on est très complémentaires. Le C de CES, c’est pour “consumer”. À l’origine, c’était un salon d’acheteurs, des grands showrooms avec des toasteurs, des machines à laver… Aujourd’hui, c’est surtout de l’électronique grand public : les nouvelles TV de LG, le dernier téléphone de Samsung, etc. À VivaTech, on est plus B2B : on présente les innovations qui vont assurer la transformation digitale du monde de l’entreprise et des secteurs économiques. Quand Samsung va au CES, ils montrent leur dernier modèle qui se déplie. Quand ils viennent à VivaTech, ils expliquent comment ils innovent et comment leur innovation peut inspirer d’autres entreprises.

Ce qui fait, selon moi, ce quelque chose de très européen : c’est cette envie de collaborer. Si on regarde l’histoire de l’Europe, on voit des pays qui sortent de la Seconde Guerre mondiale et qui se disent : « On va mettre l’acier et le charbon en commun », c’est la CECA. Puis ça devient un marché unique, une monnaie unique, on vote ensemble… Je le raconte peut-être de manière simplifiée, mais l’idée est là. L’entraide, la participation, l’ouverture : c’est l’ADN du modèle européen. Et c’est ce qu’on fait à VivaTech.

Concrètement, à VivaTech, une start-up est mise en contact avec des investisseurs, mais aussi avec des grands groupes internationaux qui peuvent devenir ses clients, et ça, il n’y en a pas beaucoup ailleurs. À l’inverse, quand tu es une entreprise, tu viens raconter comment tu réinventes ton secteur, et on te met face à des start-up de ton domaine, mais aussi d’autres secteurs, pour t’inspirer et renforcer ta compétitivité. Ça, il n’y en a pas énormément non plus. C’est notre spécificité, et je trouve qu’elle est très « à l’européenne » : complémentaire, et non pas opposable.


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JUPDLC : Quelle est la relation que vous entretenez avec Emmanuel Macron et, plus largement, avec l’institution ?

François Bitouzet : La visite du président de la République à VivaTech, c’est d’abord la plus grande reconnaissance institutionnelle qu’on puisse avoir en France. Ensuite, c’est quelqu’un qui a toujours compris, qui s’est battu pour la tech et pour le digital. Il n’a pas inventé la French Tech, mais c’est lui qui lui a donné l’élan qui lui a permis d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Il a soutenu VivaTech dès la construction. Bref, c’est un président de la tech. On s’est souvent moqué de lui avec la « Startup Nation », mais en réalité, la Startup Nation lui doit beaucoup en France.

Et puis c’est hyper important pour nos partenaires et nos visiteurs. Tous les ans, on choisit quelques start-ups qui peuvent le rencontrer, et ça change leur vie. Quand il déambule, qu’il s’arrête voir des exposants, il y a un avant et un après pour eux. Quand il est sur scène avec Jensen Huang ou Arthur Mensch pour discuter de l’avenir de l’IA, c’est un message qui porte pour la France, pour l’Europe et pour le monde.

Après, en tant qu’organisateur, ce n’est pas anodin : il y a deux trois trucs à gérer en termes de sécurité ! En général, ça démarre deux mois avant, avec des échanges avec l’Élysée. Le jour J, c’est très protocolaire. Ministres, préfets, sécurité partout. Le convoi arrive, tout le monde est au garde-à-vous. Il salue, il a un vrai contact humain… Ce qui fait qu’il ne respecte jamais le parcours prévu par la sécurité. Il adore rencontrer, parler. Nous, on doit gérer ça, mais c’est le président, on ne peut pas le prendre par la manche pour lui dire « on est en retard » ! Les gens acclament, veulent des selfies, les médias posent des questions, la sécu pousse… C’est un peu lessivant, mais extrêmement important pour nous.

 

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JUPDLC : Beaucoup de pays ou de populations n’accordent plus vraiment de crédit à l’Europe, les entreprises n’ont pas toutes les mêmes règles selon les pays… Comment parvenez-vous à réunir tous ces acteurs ?

François Bitouzet : Ce qui est toujours intéressant, quand on parle de l’Europe, c’est de regarder ce que les autres en pensent de l’extérieur. Parce que nous, en Europe, et particulièrement en France,  on adore dire qu’on est nuls, que c’est la fin de tout, qu’on n’a plus d’argent, plus d’idées, que nos cerveaux s’en vont, que nos marchés vont être envahis par les Chinois ou plombés par les droits de douane américains. Bref, ça donne envie de partir. Mais moi, avec VivaTech, je vois une autre réalité : l’Europe est ultra sexy, ultra attractive. 

Et cette année, un signal très intéressant : pour la première fois, deux États américains avaient un stand à VivaTech, la Floride et le Texas. Ça n’était jamais arrivé, et je peux dire qu’on avait essayé depuis des années. Eux, par exemple, venaient surtout pour l’aérospatial, avec la NASA et Houston. Je leur ai demandé pourquoi ils venaient, et leur réponse était claire : « La politique, c’est la politique. Mais le business, c’est autre chose : les États-Unis et l’Europe sont imbriqués. » Même chose avec les Chinois : « Aujourd’hui, avec les tensions aux États-Unis, on n’a plus de safe place. Quand on vient en Europe et à VivaTech, on sait qu’il y a des règles, qu’on peut raconter notre modèle librement. » Et puis, le Canada, qui était notre pays invité cette année, a aussi utilisé VivaTech comme un outil diplomatique. Ils ont rencontré des ministres européens, parce qu’ils considèrent que leur salut, c’est l’Europe.

Donc parfois, il faut prendre du recul : l’Europe reste un marché incroyable, un endroit où l’on crée des idées uniques, avec un rapport particulier à la vérité, à l’intellect, qu’on ne retrouve pas ailleurs. Et le monde attend qu’on défende ce modèle. La différence avec avant, il y a 15-20 ans, c’est qu’à l’époque, après la chute du Mur, on croyait que tout le monde allait basculer vers nos valeurs démocratiques. Aujourd’hui, on sait que non. Peut-être que notre modèle restera uniquement européen, et c’est très bien comme ça. Demain, l’Afrique peut aussi se structurer. Ce qui compte, c’est qu’on pose notre modèle, qu’on le défende, sans forcément chercher à l’imposer partout. Parce qu’il y a beaucoup de gens qui comptent sur nous pour ça.

 

JUPDLC : En tant que directeur général, qu’est-ce qui vous plaît le plus aujourd’hui dans ce métier ? Entre ce que vous vouliez faire au départ et la réalité du terrain, qu’est-ce qui vous motive le plus ?

François Bitouzet : Moi, j’aime l’adrénaline de l’événementiel. J’aime ce moment absolument incroyable, le mercredi matin, premier jour de VivaTech : tu donnes le go, tu ouvres les portes… Et tu ne sais pas. Tu ne sais pas s’il va y avoir du monde, si ce qu’on a préparé va plaire aux gens ou s’il n’y aura pas un truc qui va tourner en catastrophe. Franchement, je te le dis très simplement : j’adore ce moment-là. C’est viscéral.

Et puis, après, sur un plan plus rationnel, c’est tout ce qu’on se raconte depuis le début : on fait un événement, et peut-être que si on le fait bien, le monde, ou en tout cas l’Europe, se portera un peu mieux après qu’avant l’ouverture. Ça donne envie de se lever le matin. On ne fait pas de la chirurgie cardiaque, on ne gère pas une centrale nucléaire, ni des conflits internationaux. Mais on permet à des gens qui ont du talent, qui portent des innovations capables de changer le monde, de rencontrer des investisseurs, des clients, de se faire connaître. Et après, ça vit. Moi, je trouve ça très… oui, je vais le dire : je trouve ça noble.

Crédit photo : LinkedIn

 

JUPDLC : Quelle place pour la France dans tout ça ? L’initiative est française, l’événement a lieu à Paris. Comment les institutions et entreprises françaises en tirent-elles parti ? 

François Bitouzet : Déjà, c’est toujours mieux que ce soit à Paris plutôt qu’à Berlin, Londres ou Rome. Et puis, Paris, c’est plus beau que Berlin, ça, c’est mon avis personnel ! Il faut se dire que 180 000 personnes viennent pour l’événement, donc forcément, il y a des retombées économiques directes, ici et là. Mais l’intérêt majeur pour la France, c’est que VivaTech incarne aussi une certaine idée de l’innovation, telle qu’on veut la porter. Je te parlais du soft power : ça se traduit aussi au niveau économique. Les entreprises françaises, qu’on parle du CAC 40 ou du Next 120, sont en première ligne à VivaTech. Et comme tout ce mouvement international converge à Paris à ce moment-là, elles sont évidemment les premières à en bénéficier. Et ça, c’est très important.

 

JUPDLC : Est-ce que vous arrivez à suivre les deals qui se font à VivaTech ?

François Bitouzet : Alors, je vais être honnête : on n’est pas hyper forts pour traquer tout ça, parce que ça se passe beaucoup behind the scenes. Souvent, ce sont les gens qui viennent nous raconter après : « Cette année, VivaTech, c’était dingue, j’ai fait un million de leads. »  « Un million quoi, d’euros ? »  « Oui, d’euros. » Et ça, c’est vrai, mais c’est difficile à capter en direct. On sait qu’il y a des contrats, des MOU, des signatures. Certains disent : « Pendant l’événement, il y a eu dix milliards d’euros signés. » Très bien, mais nous, on ne sait pas toujours comment le tracer. Et puis il y a aussi tous les événements annexes, où il se passe énormément de choses. 

Par contre, ce qu’on mesure, c’est la satisfaction. Après VivaTech, on a fait une enquête, et cette année, nos exposants affichaient 92 % de satisfaction. Et spécifiquement sur la génération de leads commerciaux, on était à 87 %. Il reste 13 % à aller chercher, mais c’est déjà un très bon indicateur. 

Il faut voir aussi l’évolution de VivaTech. À sa création, l’événement était très orienté leadership : chacun venait raconter qu’il avait inventé le futur, la presse relayait, les start-ups faisaient sensation. On a gardé ça, bien sûr, si Jensen Huang vient, c’est parce qu’il sait qu’il a cette plateforme. Mais on a ajouté une dimension beaucoup plus business. L’idée, c’est que les start-ups rencontrent de vrais décideurs économiques. Pas juste des gens qui disent : « Oh, j’adore ce que vous faites », mais des interlocuteurs capables de dire : « Moi, j’ai un problème, et ce que vous proposez m’intéresse. »

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JUPDLC : Vous avez aussi mis en place des dispositifs concrets : le site, l’application pour faciliter les prises de contact, le programme ambassadeur, et même un espace CMO. Peut-on parler justement des enjeux de VivaTech pour les directeurs marketing ?

François Bitouzet : Exactement. Les CMO comprennent bien aujourd’hui que VivaTech, on n’y va plus seulement par curiosité. D’abord parce que sont les solutions qui leur permettront de mieux faire leur métier demain. Vu la pression économique et les transformations en cours, on a  intérêt à être au niveau. Et les inventions viennent beaucoup des petites start-ups, notamment en intelligence artificielle.

Ensuite, c’est passionnant pour un ou une CMO parce que c’est l’avenir de leur métier. Quand tu es décideur en marketing ou communication, c’est l’occasion de prendre du recul et de réfléchir : comment mon métier va-t-il évoluer ? Comment je veux qu’il se transforme ? Et ça, tu peux en discuter à VivaTech. On est fiers d’être ce lieu où l’on prend ce recul collectif. On voit bien que VivaTech prend une place importante dans leur dispositif annuel. Ils planifient leurs salons, leurs rendez-vous, et incluent Viva pour se positionner et faire du business. Pour nous, c’est une vraie satisfaction, parce qu’on fait ça pour eux. Et si les gens n’étaient pas satisfaits, on changerait.

Quand tu me demandais pourquoi j’aime ce métier, c’est aussi ça : tu joues ta vie sur quatre jours. Pendant les 361 jours restants de l’année, tu presses ton cerveau : « Comment on va les aider ? Comment peut-on s’améliorer ? » Et quand, à la fin, les gens te disent « c’était super, ça a marché », c’est magique. On a longtemps entendu dire que l’événementiel allait disparaître, remplacé par des casques et du distanciel. Mais non : il reste ce besoin humain de se rencontrer, de provoquer des opportunités par hasard. C’est une matière délicate, imprévisible, mais quand ça marche, tu le vois tout de suite.

 

JUPDLC : Peut-on dire que VivaTech est désormais le premier événement tech ?

François Bitouzet : Non, ce serait exagéré. Certains médias l’ont affirmé, mais ce n’est pas exact : le Gitex de Dubaï, par exemple, attire plus de 200 000 visiteurs. En revanche, VivaTech est bien le plus grand événement en Europe dédié à la tech, aux start-up et au business. Et surtout, c’est un salon qui produit des résultats très concrets : une start-up coréenne, spécialisée dans les webtoons, y a par exemple rencontré dès le premier jour le responsable des programmes jeunesse d’une grande chaîne française. Ce sont ce genre de rencontres, qui n’auraient jamais pu avoir lieu autrement, qui illustrent la valeur ajoutée de VivaTech. Nous, on dit que c’est l’endroit où l’innovation rencontre le business. Et si je devais résumer la signature de VivaTech en trois mots, ce serait : innovation, business et rencontre.

 

JUPDLC : L’année prochaine, ce seront les 10 ans de VivaTech. À quoi s’attendre de l’édition 2026 ? 

François Bitouzet : Déjà, première info : ce sera du 17 au 20 juin 2026 ! L’enjeu, ce n’est pas de fêter les 10 ans pour souffler des bougies. C’est de se demander comment on projette l’innovation, l’Europe, la tech, les start-up dans les dix prochaines années.

On va garder ce que vous aimez chez VivaTech, mais aussi transformer le reste. Il y aura de belles surprises, parce qu’on va changer pas mal de choses au niveau du format. Cette année, on était arrivé au bout de quelque chose : c’était ultra dense, énormément de monde. Donc première piste : retrouver plus d’espace. Et puis, on va faire la fête ! Ce n’est pas un événement français, mais il est fait par des Français. Et un peu comme pour les JO, qu’on a faits « à la française », on veut que VivaTech soit une expérience unique. Je le dis en toute modestie, je ne suis pas le Thomas Joly de la tech. Mais nous, quand on fait VivaTech, on se dit qu’on fait venir des gens à Paris. Et je peux vous garantir qu’on va faire quelque chose pour que ce soit une belle fête et, surtout, une célébration de celles et ceux qui font l’innovation.

 

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