70 % des Français ont un sentiment négatif sur les instituts de sondages

À moins de six mois des élections présidentielles, plus de 70 % des Français ont un sentiment négatif sur les instituts d’études et de sondages selon les résultats du nouveau baromètre Happydemics.

Crédibilité de l’information véhiculée dans les media, politisation des sondages d’opinion, relai des chiffres et perception des instituts d’études, méthodes de collecte des données…Happydemics, leader de la transformation digitale des études, publie, un an après la première édition, les résultats de son second baromètre sur la confiance des Français dans les instituts d’études et de sondages intitulé « Quel regard les Français portent-ils sur la crédibilité des instituts d’études ? Et quelle est son évolution depuis 1 an ? ». Dans le cadre de cette enquête nationale, 1 597 répondants représentatifs de la population française ont été interrogés.

 

Présidentielles 2022 : les Français oscillent entre désintéressement et influence

Dans le cadre des élections 2022, l’étude relate que plus de la moitié des Français (56 %) n’est pas intéressée par les sondages politiques. Pour autant, la majorité des sondés (59 %) déclare que les chiffres d’intention de vote des sondages influencent l’issue du vote, signe d’un paradoxe révélateur du désamour des Français pour les études d’opinion mais toujours remis en question lors des grands marronniers politiques de la vie publique.

« L’intérêt de notre baromètre annuel de confiance est de comprendre la dégradation de la relation entre les Français et les instituts d’études et de sondages traditionnels, déclare Tarek Ouagguini, co-fondateur et CEO de Happydemics. Ces derniers sont souvent perçus comme une fabrique de l’opinion, mais l’opinion se laisse-t-elle aussi facilement fabriquer qu’autrefois ? De nombreuses ambivalences existent dans le triptyque études-médias-société, et il nous a semblé intéressant d’en identifier les tenants et aboutissants. De nouvelles méthodes d’analyse de l’opinion des Français doivent être capables, à l’avenir, de recréer cette confiance qui s’effrite entre les citoyens et les médias. »

 

Rôle et méthodes des instituts d’études : la perception confuse des Français

Les Français sont plus confus qu’en 2020 sur le rôle des instituts d’études. En effet, 91 % des sondés déclaraient en 2020 savoir quel est le rôle d’un institut d’études, un qui chiffre qui chute à 79 % en 2021. De surcroît, 21 % d’entre eux affirment ne plus voir leur utilité, contre 9 % seulement en 2020. L’an dernier, près d’un Français sur deux associait les instituts d’études à la nécessité de publier des données statistiques de façon indépendante, contre 25 % seulement cette année. Ces écarts soulignent combien les Français émettent les signes d’une confusion croissante sur le rôle des instituts d’études.

De surcroît, l’édition 2021 de l’étude illustre une véritable méconnaissance des Français concernant les méthodes des instituts traditionnels. Plus d’un quart d’entre eux ne sait pas ce qu’est un panel, particulièrement les plus jeunes de la tranche d’âge de 18-24 ans (36 %), alors que ce sont ceux qui ont paradoxalement le plus envie de s’exprimer et de donner leur opinion (34 %). En outre, les Français ne savent pas d’où viennent les réponses aux sondages. En effet, ils attribuent le smartphone et les sites internet en priorité pour la collecte alors que le mail, cité seulement à 20 %, est encore le moyen de collecte prioritaire des instituts.

Ce constat se répercute sur la confiance accordée par les Français aux résultats des sondages d’opinion des instituts d’études : 55 % des sondés n’ont, en effet, pas confiance en leurs chiffres, contre 32 % il y a un an. Manque de contexte concernant la façon dont les chiffres ont été obtenus, nature du média les relayant, données difficilement lisibles… Les raisons de cette perte de confiance évoquée par les sondés traduisent une désaffection globale et structurelle des Français envers le secteur des études d’opinion.

Crédit photo : Isaac Smith / Unplash

 

Instituts d’études : une crédibilité nettement remise en question par les Français

En effet, en 2020, les Français identifiaient ce qui crédibilisait les informations diffusées par les instituts. La comparaison des résultats des baromètres 2020 et 2021 permet de constater une nette baisse de la conviction accordée par les Français à certaines données clés pour rendre crédible une information : la source ne crédibilise désormais une information que pour 47 % des sondés (contre 71 % en 2020), le point de vue d’expert pour 22 % d’entre eux (contre 34 % l’année dernière) et les chiffres pour 18 % (contre 22 % en 2020). Pire, les sondés sont même 21 % à ne se retrouver dans aucune de ces propositions contre seulement 5 % en 2020.

Manifestation d’une défiance généralisée, c’est moins de la moitié des Français (45 %) qui déclare cette année avoir confiance dans les résultats des études menées par les instituts, contre 68 % il y a un an. Seule la tranche d’âge des 18-24 ans émet un avis de confiance favorable à leur égard (67 %). Plus encore, 71 % des Français ont aujourd’hui un sentiment négatif sur les instituts d’études et de sondages et emploient des qualificatifs forts à leur égard pour illustrer leur avis critique à l’instar des termes manipulateurs, biaisés, opaques et archaïques…

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Selon les sondés, les instituts d’études traiteraient également trop de sujets médiatiques (48 %) et seraient trop politisés (47 %). 57 % d’entre eux déclarent paradoxalement que les instituts devraient davantage les interroger sur des sujet sensibles, une part qui atteint 67 % de la tranche d’âge des 18-24 ans.  Ambivalente, la perception des instituts d’études par les Français ressort ainsi comme plus que jamais mitigée, des instituts qu’ils n’hésitent pas à qualifier avec sévérité pour exprimer leur incompréhension face à la perte de sens de leur rôle dans la société.

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