PLF 2027 : ce que le budget prévoit pour les médias, de France Télévisions à YouTube

Par Sacha Montagut

8 octobre 2026

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Moins de crédits pour l’audiovisuel public, des aides à la presse maintenues, une fiscalité revue pour les plateformes vidéo et la télévision payante : le projet de budget 2027, présenté le 1er octobre dernier, ne réserve pas le même traitement à tous les médias.

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Crédit photo : Assemblée nationale

 

L’audiovisuel public est poussé à faire des économies

Présenté le 1er octobre, le Projet de Loi de Finances (PLF) pour 2027 doit être discuté en séance à partir du 13 octobre prochain. Pour les médias, il agit sur deux leviers : les crédits accordés à l’audiovisuel public et à la presse, puis la fiscalité des plateformes vidéo et de la télévision payante. La baisse des crédits concerne surtout l’audiovisuel public.

Le gouvernement prévoit 3,82 milliards d’euros pour les six organismes de l’audiovisuel public en 2027, soit 47 millions de moins que dans le budget voté pour 2026. La baisse se concentre sur France Télévisions, dont la dotation passerait de 2,43 à 2,38 milliards d’euros. Radio France perdrait environ 2,4 millions d’euros, tandis que France Médias Monde en gagnerait 3,1 millions. Arte France et TV5 Monde conserveraient le même montant.

Cet effort doit coexister avec les priorités fixées par l’État : information, développement numérique et programmes pour la jeunesse. Les contrats qui doivent les préciser pour 2026-2028 sont encore en cours de finalisation. Le document budgétaire appelle aussi les groupes à maîtriser leurs dépenses de fonctionnement, développer leurs ressources propres et hiérarchiser leurs investissements. Il ne dit pas quelles émissions ou commandes seraient touchées. C’est pourtant à ce niveau que les producteurs, les annonceurs et les régies pourraient constater les effets de ces arbitrages.

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Presse et radios locales : des soutiens préservés par le budget

En ce qui concerne la presse écrite, le PLF inscrit environ 176 millions d’euros d’aides directes. La plus grande part soutiendra sa diffusion. 122,3 millions d’euros financeraient notamment la distribution des journaux aux abonnés et au numéro. Les aides au pluralisme resteraient à 23,2 millions d’euros. Le fonds qui accompagne la modernisation des entreprises de presse disposerait de 21,5 millions d’euros en crédits de paiement.

Le budget prévoit aussi 147,5 millions d’euros pour l’AFP, entre abonnements de l’État à ses services et compensation de ses missions d’intérêt général. Le fonds destiné aux radios associatives locales resterait à hauteur de 35,3 millions d’euros. Enfin, le gouvernement propose de prolonger jusqu’en 2029 les déductions fiscales qui permettent aux entreprises de presse d’investir une partie de leurs bénéfices. Le soutien à la distribution reste donc central, tandis que les aides à la modernisation doivent accompagner la transition numérique.


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Les plateformes vidéo contribueraient davantage au CNC

Le changement le plus directement lié au marché publicitaire concerne les plateformes gratuites de partage de vidéos, et en premier lieu Youtube. Leurs recettes publicitaires et de parrainage sont déjà soumises à une taxe qui finance le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). Mais seules 34 % des recettes concernées entrent aujourd’hui dans le calcul de cette taxe. Le PLF propose de porter cette part à 67 %. Ce n’est pas le taux de la taxe qui doublerait, mais la fraction des recettes prise en compte.

Le gouvernement justifie cette mesure par la place acquise par ces services sur le marché de la vidéo et de la publicité. Il entend ainsi renforcer les ressources du CNC. Pour les créateurs et les producteurs de contenus conçus d’abord pour ces plateformes… le texte ne prévoit pas d’affecter une part des nouvelles recettes à la création numérique.

 

Canal+ au centre du débat sur la TVA

Autre mesure, autre circuit de financement. Le PLF propose de supprimer le taux réduit de TVA applicable aux services de télévision. Aujourd’hui fixé à 10 %, il laisserait place au taux normal de 20 %. Le gouvernement invoque la difficulté de traiter fiscalement des abonnements qui mêlent chaînes en direct et programmes à la demande.

Canal+, qui commercialise justement ce type d’offres, est particulièrement concerné. Le groupe estime que la mesure pourrait lui coûter jusqu’à 200 millions d’euros par an. Il prévient qu’il pourrait revoir ses tarifs ainsi que ses investissements dans le cinéma et les droits sportifs. « Peut-être la moitié, peut-être trois quarts de film en moins » produits chaque année, a menacé Maxime Saada, le président du directoire du groupe Canal+, au micro de RTL ce lundi 5 octobre.

Il convient de rappeler qu’il ne s’agit, à ce stade, que de projections. Le projet ne dit pas d’ailleurs quelle part de la hausse serait supportée par l’entreprise ou ses abonnés.

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