En deux ans, la valeur attribuée par Interbrand à NVIDIA est passée de 20 à 74 milliards de dollars. Sur la même période, Tesla et Nike ont chacune perdu plus de la moitié de la leur et Apple a su conserver la tête du classement. Cette édition 2026 montre à quel point la valeur d’une marque dépend aussi des marchés sur lesquels elle opère et de sa capacité à y soutenir l’activité.

La tech accélère, le divertissement dépasse l’automobile selon Interbrand
Publiée le 28 octobre, la nouvelle édition de Best Global Brands évalue 100 marques retenues à 3 866 milliards de dollars au total, soit une hausse de 8,1 % en un an. Apple reste le leader de la « meute », à 514,6 milliards, devant Microsoft. Google prend la troisième place à Amazon. Plus bas, NVIDIA passe du 15e au 6e rang et YouTube entre dans le top 10.
La progression de NVIDIA accompagne celle de son activité : le fabricant de puces a annoncé un chiffre d’affaires annuel en hausse de 65 %, porté notamment par la demande d’infrastructures pour l’IA. Son cas rappelle que la valeur d’une marque compte aussi dans les achats entre entreprises. L’arrivée de Hitachi, GE HealthCare et Hewlett Packard Enterprise parmi les 100 premières va dans le même sens.
Du côté des médias et des usages numériques, YouTube gagne trois places, tandis que Spotify progresse de 37,8 % et Netflix de 21,7 %. Selon Interbrand, le divertissement devient ainsi le deuxième secteur du classement en valeur, derrière la technologie et devant l’automobile.

Nike et Tesla reculent pour la deuxième année consécutive
Ces diverses progressions s’expliquent aussi par le recul des constructeurs automobiles. Toyota perd près de 20 % de valeur estimée, Volkswagen 23 % et Tesla 37,8 %. Concernant ce dernier, la chute n’a pas commencé à se matérialiser l’année dernière : évaluée à 45,5 milliards de dollars en 2024, sa marque n’en vaut plus que 18,3 milliards dans le classement actuel.
Nike suit une trajectoire comparable, de 45,4 à 21,7 milliards de dollars en deux ans. Son cas mérite toutefois de regarder au-delà du seul chiffre d’affaires : celui-ci est resté quasiment stable sur son exercice 2026, mais les ventes réalisées directement auprès des clients ont reculé de 6 %. Concernant le secteur du luxe, rien ne nous permet de décrire une tendance générale à la baisse, comme certains experts le pronostiquaient : le recul de Gucci, à –30,7 %, s’oppose par exemple aux bons résultats d’Hermès (qui ne progresse de 10,6 % sur la même période).

Pourquoi une marque peut perdre de la valeur malgré des ventes stables
Le décalage chez certains annonceurs entre leur volume de ventes et la baisse de leur valeur de marque, comme pour Nike par exemple, devient plus lisible à la lumière de la méthode d’Interbrand. Le cabinet prend en compte les résultats financiers, mais aussi le poids de la marque dans les décisions d’achat et sa capacité à entretenir la demande future.
Des ventes stables peuvent donc très bien coexister avec une valeur estimée en recul. Interbrand ne précise toutefois pas la part de chaque facteur dans la baisse observée : le classement ne permet pas de désigner une campagne précise ou un certain choix de communication comme sa cause.
Les montants eux-mêmes restent des estimations. Dans son classement 2026 établi selon une autre méthode, Kantar place Google devant Apple et valorise la première à près de 1 485 milliards de dollars, contre 389 milliards chez Interbrand. Pour les directions marketing, l’intérêt du palmarès se trouve surtout dans les trajectoires qu’il permet de suivre d’une année à l’autre.




