Loin d’un coup de marketing réalisé à demi-mesure, Duolingo a mis le paquet pour sa collection de prêt-à-porter. L’application de cours de langues mondialement connue a révélé une collection digne de la Fashion Week new-yorkaise. Une ligne composée de pièces de qualité, pleines de couleurs et surtout avec sa touche d’oiseau vert. Cette collection capsule a été rendue possible grâce à l’association entre Duolingo et Megan O’Cain. Cette dernière est une styliste et illustratrice basée à Brooklyn. Son univers, à la fois ludique et extravagant, l’a fait connaître, tout comme son passage dans l’émission Netflix, Next in Fashion. Et c’est bien cela qui rend le pari aussi réussi. Duolingo communique une image de marque fraîche et ludique depuis des années. Et Megan O’Cain transpire elle aussi, à travers ces créations, ce vers quoi tend l’identité de Duolingo.

Quand l’erreur de prononciation devient design
Cette ligne de vêtements propose mules, sacs, chemises, vestes et beaucoup d’autres items. Bien évidemment, Duolingo et Megan O’Cain ne pouvaient pas rester 100 % sérieux. Après avoir tué sa mascotte sur Internet, pour faire du buzz, et son spectacle sur glace, Duolingo transforme sa collection en une très grosse blague. Il la baptise The Phonetic Collection et reprend les noms de marques de luxe, avec l’orthographe phonétique, pour se moquer de la prononciation de beaucoup de gens. Les chaussures « loh.eh.vey » font référence à la marque Loewe, le sac à main « AIR.MESS » à Hermès et le pull « MOHSKEENOH » à Moschino. La plateforme s’inspire de sa propre étude réalisée avec YouGov, exposant que 62 % des Américains sondés estiment prononcer correctement « Hermès », alors que seuls 15 % y parviennent réellement. Ainsi, Duolingo pousse le trait : cette sympathique erreur devient un pur objet graphique.
Duolingo fait descendre le rituel dans la rue
À New York, un pop-up s’est installé chez Null Object les 9 et 10 septembre. Et pour s’offrir un des items de la collection capsule, nul besoin d’argent. Les séries de jours consécutifs passés à faire une leçon sur l’application se transforment en véritable monnaie d’échange, que les visiteurs peuvent miser. Plus qu’amusante, l’opération réussit surtout un tour de force. Elle fait vivre en chair et en os un rituel purement numérique. La discipline quotidienne que les utilisateurs cultivent, leçon après leçon, pour ne jamais briser leur série, devient utile à l’extérieur de leurs écrans.



