Le 29 novembre prochain, 20 Minutes TV cessera d’émettre sur la TNT francilienne. Seulement trois ans et demi après son lancement. Ses programmes continueront sur le site de 20 Minutes, YouTube et les réseaux sociaux, mais leur nombre sera fortement réduit. La décision éclaire la difficulté à financer une antenne locale en continu. Pas d’exception, même lorsqu’elle s’appuie sur une marque de presse connue et une production vidéo déjà diffusée en ligne.

Un modèle bâti sur la publicité locale et nationale
À son arrivée sur le canal 32 en mai 2023, la chaîne devait accompagner les Franciliens du site de 20 Minutes jusqu’à leur téléviseur. Son modèle prévoyait de tirer 60 % de ses recettes de la publicité, le reste de partenariats avec des collectivités. Pour vendre ses espaces aux annonceurs nationaux, elle rejoignait l’offre de 366 TV, qui regroupait plusieurs télévisions locales.
Seul hic, ce relais commercial a disparu au printemps. 366 a cessé le 1er mai de commercialiser les chaînes locales à l’échelle nationale. 20 Minutes a mené ses propres opérations, mais leur revenu ne suffisait pas à couvrir les coûts de diffusion hertzienne, explique la présidente de la chaîne, Sabina Gros. Elle invoque également la fragmentation des audiences et l’absence d’un modèle de monétisation fiable. La sortie de la TNT était engagée depuis plusieurs mois. L’éditeur de la chaîne a demandé dès le 23 juin à l’Arcom de mettre fin à son autorisation de diffusion le 29 novembre.
La vidéo reste, la grille se resserre
Il convient de rappeler que le travail de 20 Minutes TV ne reposait plus sur la seule antenne depuis un moment. En 2025, ses équipes avaient déjà rejoint la rédaction du média. Ils concevaient depuis des émissions dont les séquences pouvaient circuler sur le site et les plateformes sociales. À l’automne, 20 Minutes revendiquait 128,7 millions de vues vidéo sur l’ensemble de ses supports, dont 76,6 millions sur les réseaux sociaux… pas de quoi faire du maintien de la fréquence et de la grille de télévision une opération rentable.
La chaîne conservera désormais une petite dizaine de programmes, contre 20 à 30 récemment, parmi lesquels Story et Planète C. Pour finir, ce cas de figure dépasse 20 Minutes. La fédération Locales.tv estimait en septembre dernier qu’un tiers seulement des chaînes locales sont à l’équilibre et cherche à reconstruire une commercialisation nationale. L’enjeu n’est pas uniquement de trouver un public aux vidéos de proximité. Il faut aussi réunir assez d’audience vendable pour financer leur place à l’antenne.



