En 2026, J’ai un pote dans la com lance La Sélection, son premier Grand Prix destiné à mettre en lumière les 20 personnalités les plus influentes du marketing, de la communication et des médias. Un palmarès indépendant pensé pour célébrer celles et ceux qui font réellement bouger les lignes du secteur : créatifs, stratèges, entrepreneurs, producteurs ou innovateurs.
Pour distinguer ces talents, la rédaction du média s’entoure d’un jury composé d’experts reconnus du secteur. Et le premier membre vient d’être dévoilé : Damien Fiorucci Fouï, cofondateur de l’agence Kids Again et figure de la création publicitaire passé notamment par Marcel, TBWA\Paris et Monks.
Parcours, vision du métier, regard sur l’influence dans l’industrie et attentes pour cette première édition de La Sélection : il a répondu à nos questions.
JUPDLC : Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en retraçant les grandes étapes de votre parcours ?
Damien Fiorucci Fouï : Je viens du monde de la création publicitaire. J’ai commencé chez Marcel puis TBWA\Paris. Ensuite j’ai passé 7 ans chez Dare.Win, devenu Monks, où j’ai dirigé la création sur des campagnes pour Netflix, Spotify, Bacardi ou Google.
Après ça, j’ai eu envie d’explorer d’autres terrains, notamment le gaming chez Biborg avec des marques comme Activision ou Ubisoft.
Aujourd’hui, avec Fabienne Fiorucci Foui, on a lancé Kids Again, une agence qui part d’un constat simple : les marques parlent beaucoup, mais elles font de moins en moins de choses qui marquent vraiment les gens.
JUPDLC : Quelle conviction profonde vous a poussé à cofondé Kids Again, une agence qui parle de “spontanéité à grande échelle” ?
Damien Fiorucci Fouï : On a la sensation que les marques passent énormément de temps à réfléchir à leurs intérêts : définir leur message, cadrer leur territoire, sécuriser leurs prises de parole, intellectualiser chaque mot.
Le problème, c’est qu’à force de penser la communication uniquement du point de vue de la marque, ce qui sort en bout de tuyau fait sens pour elle… mais pas forcément pour les gens.
Chez Kids Again, notre conviction est assez simple : la spontanéité est une forme de vérité.
Quand une marque retrouve une forme d’instinct, de simplicité, elle retrouve aussi la capacité de dire quelque chose qui résonne réellement dans la vie des gens.
Parler de « spontanéité at scale », c’est essayer de réintroduire cette énergie très instinctive dans des dispositifs qui, eux, opèrent à l’échelle des marques et des médias modernes.

JUPDLC : Y a-t-il un projet ou une campagne qui vous a rendu particulièrement fier ces dernières années ? Qu’est-ce qui, dans ce projet, incarnait votre vision du métier ?
Damien Fiorucci Fouï : Je suis très fier des premiers projets de Kids Again. Ce qui est assez contre-intuitif pour une agence qui se définit comme social-first, c’est que nos deux premiers projets sont… des campagnes d’outdoor.
Mais justement, c’est tout le sujet pour nous : être social-first ne veut pas dire produire uniquement des formats sociaux. Ça veut dire penser chaque idée avec un point de vue conversationnel.
Peu importe le média. Si une idée interpelle, surprend et génère de la conversation, alors elle devient sociale par nature.
JUPDLC : Dans votre parcours, quelle a été la plus grande prise de risque ? Et avec le recul, referiez-vous le même choix ?
Damien Fiorucci Fouï : La plus grande prise de risque a été de quitter une situation très confortable. J’occupais un poste de directeur de création très bien rémunéré, dans une structure solide, avec une trajectoire assez lisible pour les années à venir. J’aurais très bien pu rester dans ce système jusqu’à la retraite.
La vraie prise de risque a été de fermer cette porte alors que tout allait bien, ou en tout cas semblait aller bien, pour repartir quasiment de zéro et créer une agence. Bien sûr, je garderai ce choix avec le recul. J’avance surtout en me demandant ce que je vais le plus regretter. Et clairement dans mon cas, ne pas tenter de lancer mon projet aurait été une erreur.

JUPDLC : Vous rejoignez le jury de La Sélection de J’ai un pote dans la com. Pourquoi avoir accepté ? Qu’est-ce qui vous a parlé dans ce projet ?
Damien Fiorucci Fouï : Dans l’écosystème communication / marketing en France, on met très souvent, et peut-être trop souvent, les structures en avant : les agences, les réseaux, les marques. Mais derrière ces grandes signatures, il y a toujours une poignée d’individus qui font réellement bouger les lignes.
À la fin, une agence n’est rien d’autre que la somme de quelques talents capables de faire basculer un projet. La Sélection a justement l’intérêt de remettre la lumière sur ces individus. Et je pense que ce palmarès manquait dans le paysage français.
JUPDLC : Selon vous, qu’est-ce qui distingue un talent vraiment influent d’un talent simplement visible ? Quels critères personnels allez-vous défendre au sein du jury ?
Damien Fiorucci Fouï : Pour moi, il y a une règle assez simple. Soit tu copies, soit tu es copié. Être visible, c’est une chose. Être influent, c’est quand les idées que tu portes commencent à inspirer, nourrir ou être reprises par d’autres. Le moment où tu vois apparaître ailleurs des idées qui ressemblent étrangement aux tiennes… c’est souvent là que l’influence commence.
JUPDLC : Que pensez-vous des grands prix et palmarès traditionnels du secteur ? Ont-ils encore un rôle structurant pour l’industrie aujourd’hui ?
Damien Fiorucci Fouï : Les prix traditionnels restent très importants. Ils racontent la capacité d’une structure à produire, à exécuter, à mener un projet à son plus haut niveau. Mais ils racontent surtout ce que les organisations sont capables de faire. Ce qu’ils racontent moins, ce sont les individus qui rendent ces projets possibles. Or derrière chaque grande campagne, il y a toujours des personnes qui ont fait basculer une idée, pris un risque ou porté une vision.
JUPDLC : Qu’attendez-vous de cette première édition de La Sélection ? Qu’aimeriez-vous ressentir ou découvrir à travers les profils sélectionnés ?
Damien Fiorucci Fouï : J’attends d’être surpris. J’ai envie de découvrir des profils que je n’avais pas forcément identifiés : des talents de l’ombre, des gens qui dans leurs projets ou leurs équipes sont ceux qu’on écoute, ceux qui font pencher la balance.
Il y a énormément de personnes dans cette industrie qui ont une influence réelle mais qui prennent rarement la lumière. Je suis certain que cette sélection va permettre d’en révéler quelques-uns.

JUPDLC : Si vous aviez un message à adresser aux futurs candidats, quel serait-il ? Qu’est-ce qu’ils doivent oser montrer pour vraiment marquer le jury ?
Damien Fiorucci Fouï : On est dans des industries qui aiment beaucoup le formatage. L’écosystème est souvent rassuré quand les choses rentrent bien dans la boîte, quand elles ne dépassent pas trop. Et très tôt dans une carrière, on apprend souvent à devenir « le produit attendu » : celui qu’une agence veut recruter, celui qu’un média veut intégrer, celui qui coche toutes les cases.
Mais à la fin, ce qu’on cherche vraiment, ce sont des personnalités.
J’ai souvent croisé de très jeunes talents qui sont extrêmement bons, mais dont la singularité est un peu cachée derrière cette normalisation : les écoles, les stages, les premiers jobs apprennent beaucoup de choses utiles, mais ils peuvent aussi lisser ce qui fait la différence. Il faut apprendre les codes, bien sûr. Les comprendre, les maîtriser. Mais il ne faut pas oublier de nourrir ce qui vous rend différent.
Parce qu’au final, ce sont rarement les profils les plus conformes qui font avancer une industrie, ce sont ceux qui ont réussi à garder leur singularité.
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