L’association Valentin Haüy, qui agit pour l’autonomie des aveugles et des malvoyants, dévoile sa nouvelle campagne de sensibilisation « Galères de nuit ». Elle a été imaginée par l’agence Josiane et développée en média par CTRL-M. Son film, nous plonge dans le noir, le temps de deux minutes, afin de mieux comprendre le quotidien des personnes malvoyantes et aveugles.

Faire ressentir plutôt que montrer
Pour que le public puisse se faire une idée de ce qu’est la vie d’une personne malvoyante, l’association Valentin Haüy et Josiane ont choisi de ne pas représenter directement ce handicap. Au contraire, elles sont parties d’une expérience dans laquelle tout le monde peut se projeter : essayer de se déplacer dans le noir.
Le film raconte alors une scène banale du quotidien. Un homme se lève en pleine nuit, alors que sa femme dort profondément à côté de lui. Pour ne pas la réveiller, il décide de ne pas allumer sa lampe de chevet. Il tente simplement de rejoindre la cuisine pour aller boire un verre d’eau.
Mais dans le noir, son trajet devient un parcours du combattant. Incapable de trouver l’interrupteur, il avance à tâtons et déclenche malgré lui une série de catastrophes absurdes, dans une maison qu’il connaît pourtant par cœur.
Chaque tentative pour se rattraper aggrave la situation. La scène devient encore plus chaotique lorsque sa femme, apeurée par le bruit et elle aussi perdue dans le noir, se joint à lui et amplifie les dégâts. Une simple absence de lumière transforme ainsi un moment banal en enchaînement burlesque et incontrôlable.

Une réalisation à but immersif
Le film a été tourné dans une maison plongée dans l’obscurité, à l’aide de multiples caméras domestiques infrarouges. Les équipes ont utilisé :
- une caméra de surveillance ;
- une caméra d’interphone ;
- une caméra de chasse ;
- et même une caméra pour animaux intégrée à la gamelle du chat.
Le rendu visuel est en noir et blanc, sans artifices et sans musique. Romain Grange (Concepteur Rédacteur) et Lisa Chaput (Directrice Artistique) chez Josiane expliquent l’idée derrière cette réalisation : « L’ esthétique des caméras infrarouges, immédiatement reconnaissable nous plonge dans le noir tout en nous donnant à voir ce qui s’y passe. Leur langage voyeuriste donne envie de voir la suite. Elles permettent aussi de naviguer entre plusieurs registres, de vidéo gag au suspense de Hitchcock, en faisant passer le spectateur du rire à l’inconfort. »

Une situation comique pour certains, une vie pour d’autres
Cette situation anodine devient une façon très concrète de révéler aux voyants que les malvoyants sont les premiers à vivre un quotidien absurde : « Vivre dans le noir, c’est compliqué. Imaginez y passer toute une vie. »
Le temps d’un film, l’expérience du public se rapproche de celle de près de 2 millions de personnes déficientes visuelles. La campagne rappelle aussi les difficultés auxquelles elles peuvent être confrontées au quotidien, dans une société totalement inadaptée à leur handicap. Le film oblige, d’une certaine manière, le spectateur à assister aux hésitations, aux erreurs et aux chocs du personnage, sans pourvoir intervenir. Et ainsi, rappelle qu’aucun écran ne nous sépare d’une personne malvoyante dans la vraie vie. Nous pouvons donc agir.
Valérie Carlon, Responsable Communication chez Valentin Haüy, explique l’enjeu de cette campagne : « La déficience visuelle n’est malheureusement toujours pas une cause prioritaire. Pour réussir à toucher le public, il faut parfois surprendre et faire ressentir les choses autrement. »
Un dispositif diffusé à partir du 12 octobre
Le dispositif imaginé par l’agence média CTRL-M (membre du groupe THE NONCONFORMIST NETWORK) s’articule autour d’un film de deux minutes et d’une version de 30 secondes. Ils seront diffusés en TV Replay, en dispositifs digitaux et sur les réseaux sociaux, à partir du 12 octobre.


