Les femmes représentent près d’un créateur de contenu sur deux en France. Pourtant, leur présence reste minoritaire dans plusieurs domaines comme la tech, les sciences et la politique. Une étude menée par Kolsquare à partir de 95 765 profils met également en lumière un autre phénomène : leur part diminue à mesure que les communautés grandissent. À l’occasion du lancement de la quatrième promotion de BetHer, Loopin et Kolsquare dressent ainsi un état des lieux de la place des femmes dans la creator economy française.

Tech, sciences et politique : les créatrices restent minoritaires
Dans la creator economy française, la répartition des femmes varie fortement selon les thématiques abordées. Elles représentent 21,6 % des créateurs de contenu dans la tech, 28,3 % en politique et 34,9 % dans les sciences. À l’inverse, elles sont majoritaires dans des univers comme la beauté, où elles représentent 88,4 % des profils, le bien-être et la santé avec 75,9 %, ou encore la mode avec 72,7 %.
Ces écarts concernent notamment des domaines devenus centraux dans l’information, la vulgarisation et le débat public. Pour Quentin Bordage, CEO et fondateur de Kolsquare, « Les réseaux sociaux sont le reflet de notre société : ils reproduisent aussi ses inégalités. L’enjeu est de mieux comprendre où elles se situent, pour que les créatrices puissent prendre toute leur place, quels que soient les sujets qu’elles portent ou la taille de leur communauté. »
L’étude s’intéresse également à l’évolution de cette représentation selon la taille des audiences. Sur Instagram, les femmes représentent 57,3 % des créateurs comptant entre 5 000 et 20 000 abonnés. Cette proportion tombe à 35,4 % chez les profils dépassant le million d’abonnés. Sur TikTok, elle passe de 70,8 % à 41 % entre ces deux tranches d’audience.
Une représentation qui diminue avec la taille des communautés
YouTube présente également un écart important. Parmi les 100 créateurs français générant le plus de vues sur la plateforme, 18 femmes sont représentées contre 43 hommes. Le classement comprend aussi 36 chaînes de marques, collectifs ou profils dont le genre n’est pas identifiable, ainsi que 3 profils classés dans la catégorie « autre ».
La différence se retrouve également dans les rémunérations proposées aux créateurs. Pour les vidéastes comptant entre 20 000 et 100 000 abonnés, les créatrices se voient proposer des tarifs inférieurs à ceux de leurs homologues masculins. L’écart atteint jusqu’à 39 % sur YouTube, 40 % sur Instagram et 61 % sur TikTok.
À cette différence de représentation et de rémunération s’ajoute la question du cyberharcèlement. Dans son rapport annuel 2026, le Haut Conseil à l’Égalité identifie le cybersexisme comme la première forme de haine en ligne. Selon ce rapport, 84 % des victimes sont des femmes.
BetHer accompagne 15 créatrices en 2026
Dans ce contexte, Loopin lance la quatrième promotion de BetHer, son programme d’accélération dédié aux créatrices qui partagent et transmettent des savoirs sur les réseaux sociaux. Depuis 2023, 30 créatrices ont été accompagnées, avec 47 % d’abonné·es supplémentaires en moyenne un an après le programme.
Du 21 au 25 septembre 2026, les 15 nouvelles participantes se retrouvent à LaScam, à Paris, pour des ateliers autour des plateformes, de la production, de la négociation et de la prise de parole. La promotion est parrainée par Estherium, créatrice spécialisée dans la vulgarisation de la tech et de l’IA, et soutenue par Orange et ENGIE.
Pour Nawal Stouli et Marie Camier Théron, « Les femmes sont là, le plus dur est de les aider à rester. »


