RSF et The Good Company font de Donald Trump le personnage d’un film d’horreur

Par La rédaction

5 novembre 2026

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À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, le 2 novembre, Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé une nouvelle campagne imaginée avec The Good Company. Intitulé « Baby Trump », le film de 1 minute 44 met en scène le président américain dans un récit aux allures de conte horrifique. À travers cette création, l’organisation a souhaité rappeler le rôle essentiel des journalistes face aux atteintes à la liberté de la presse et aux tentatives de dissimulation des faits.

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Crédit photo : The Good Company

 

Une histoire du soir qui tourne au film d’horreur

Tout commence dans une chambre d’enfant des années 1950. Un père s’installe au bord du lit de son fils et lui lit une histoire avant de dormir. Mais le récit prend rapidement une autre tournure. Il ne s’agit pas d’un conte, mais d’une histoire inspirée de faits journalistiques : celle d’un candidat qui célèbre son élection, avant que des voix contestataires ne soient qualifiées d’ennemis du peuple. Des journalistes enquêtent, recoupent les informations et interrogent des témoins. La fraude finit par apparaître.

À mesure que l’histoire avance, le sourire de l’enfant disparaît. L’orage gronde à l’extérieur et la tension monte. À la fin du récit, le père lui souhaite bonne nuit en l’appelant Donald. Sur la table de nuit, un cahier révèle son nom complet : Donald Trump.

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Crédit photo : The Good Company

Baptisé « Baby Trump », le film repose sur un renversement des codes du genre. Celui que l’on associe habituellement à la menace devient ici celui qui a peur. Le monstre n’est pas caché sous le lit : ce sont les journalistes qui enquêtent et font émerger les faits.

« On a fait un film d’horreur avec Donald Trump. Mais pour une fois, ce n’est pas lui qui terrorise. C’est lui qui tremble. Parce que même les plus grands prédateurs ont leurs prédateurs : les journalistes. », explique Hadi Hassan-Helou, directeur de création de The Good Company.

 

Les faits comme point faible des prédateurs de la presse

Derrière ce parti pris créatif, la campagne s’appuie sur le travail de documentation de Reporters sans frontières. Chaque année, l’organisation établit une galerie des prédateurs de la liberté de la presse. Elle recense des chefs d’État, des dirigeants, des partis ou encore des entreprises qui s’en prennent aux journalistes par la violence, l’emprisonnement, la censure ou des pressions économiques.

L’édition 2026 compte 32 prédateurs, répartis en cinq catégories : politique, sécurité, légal, économique et social. Ces catégories reprennent les indicateurs du Classement mondial de la liberté de la presse. Donald Trump a rejoint cette galerie le 2 novembre, date de lancement de la campagne.

Le film entend ainsi conduire le public vers cette galerie et le travail d’enquête de l’organisation. Son message repose sur une idée centrale : les prédateurs de l’information redoutent les faits, précisément parce que le travail journalistique permet de les établir et de les rendre publics.


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« Ce film raconte, avec les codes de la fiction, une réalité bien documentée : les prédateurs de la liberté de la presse s’en prennent aux journalistes précisément parce que leur travail peut faire éclater la vérité. Avec cette campagne, The Good Company utilise la parodie autour de Donald Trump, nouvel entrant dans cette funeste galerie, pour rappeler que les prédateurs ont en commun une même phobie : les faits. Ces derniers sont précisément au centre de la méthode journalistique et leur présence dans le débat public garantit la démocratie. », déclare Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières.

Cette prise de parole intervient dans un contexte préoccupant pour la liberté de la presse. Selon la dernière édition du Classement mondial de RSF, publiée le 30 avril 2026, le score moyen mondial n’a jamais été aussi bas depuis 25 ans. Les États-Unis ont notamment perdu sept places, pour atteindre la 64e position sur 180 pays. Le bilan annuel de l’organisation, arrêté au 1er décembre 2025, recense par ailleurs 67 journalistes tués en un an.

 

Un film pensé pour une diffusion internationale

Pour porter son message au-delà des frontières, RSF et The Good Company ont conçu plusieurs formats autour du film principal de 1 minute 44. La campagne comprend également un teaser de 30 secondes destiné aux réseaux sociaux, une affiche et des déclinaisons digitales. Le film est disponible en anglais et en français, avec une version originale anglaise sous-titrée en français et une version française doublée.

La diffusion repose principalement sur la mise à disposition gratuite des créations. Presse et médias digitaux peuvent s’en emparer dès le lancement, tandis que des diffusions à la télévision et en affichage sont envisagées selon les médias qui souhaiteront accueillir la campagne, en France comme à l’international.

YouTube video

L’objectif est aussi de permettre aux rédactions de relayer le film et son message. Une approche que Julien Quidor dit Pasquet, directeur général de The Good Company, résume ainsi :

« RSF n’a pas peur de la peur, et nous avons avec eux le devoir de déranger : être contesté, c’est être constaté. Nous rêvons que ce film voyage et soit vu là où il dérange le plus »

Fondée en 1985, Reporters sans frontières défend le droit d’accéder à une information libre et fiable. Avec cette campagne, l’organisation s’appuie sur la création publicitaire et les ressorts du cinéma pour attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur le journalisme. Une histoire du soir détournée en film d’horreur, avec un message en filigrane : face aux prédateurs de la presse, les faits restent une arme essentielle.

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