Les bandeaux cookies pourraient-ils bientôt disparaître ? Près d’une vingtaine d’organisations et de chercheurs européens demandent à l’Union européenne d’aller plus loin dans la simplification du consentement publicitaire. Leur objectif : mettre définitivement fin aux fenêtres qui sollicitent les internautes à répétition pour accepter ou refuser le pistage publicitaire, qu’ils jugent à la fois « agaçantes et trompeuses ». Une demande qui intervient alors que la réforme portée par Bruxelles, censée réduire drastiquement ces bandeaux, semble aujourd’hui fragilisée.
Depuis plusieurs années, les bandeaux de consentement sont devenus un passage presque incontournable de la navigation en ligne. À chaque nouveau site ou presque, les internautes doivent sélectionner leurs préférences en matière de cookies, parfois au terme d’interfaces complexes qui rendent le refus moins évident que l’acceptation. Pour les défenseurs des droits numériques, ce fonctionnement entretient une forme de « fatigue du consentement » et ne garantit pas toujours un choix réellement éclairé.

Les bandeaux cookies dans le viseur des associations
La Commission européenne a proposé fin 2025 une réforme des règles européennes en matière de protection des données, avec notamment l’ambition de réduire et de simplifier ces sollicitations. Le dispositif envisagé permettrait aux internautes de définir leurs préférences en matière de pistage publicitaire en un seul clic. Surtout, ce choix pourrait rester valable pendant six mois, évitant de devoir recommencer la procédure à chaque visite.
Mais pour les organisations mobilisées sur le sujet, cette évolution ne doit pas être édulcorée. Le Bureau européen des associations de consommateurs et l’ONG autrichienne Noyb (« None of your business »), notamment, craignent que des discussions entre les États membres conduisent à abandonner ou à affaiblir la mesure. Elles ont ainsi interpellé les institutions européennes afin de défendre le principe d’une simplification plus ambitieuse du consentement.
Une réforme européenne qui peine à avancer
Pour entrer en vigueur, la réforme doit encore obtenir l’accord des 27 États membres et du Parlement européen. C’est précisément cette phase de négociations qui inquiète les associations. Celles-ci soupçonnent notamment Google d’avoir exercé des pressions auprès de plusieurs États afin de vider la proposition de sa substance.
« Il n’y a aucune raison d’abandonner la proposition de la Commission (…) et de maintenir le système actuel désastreux », s’est alarmée dans un communiqué Ursula Pachl, de Noyb.
Derrière cette bataille réglementaire se joue une question plus large : comment recueillir le consentement des internautes sans transformer la protection des données en une succession de fenêtres à fermer ? Pour les défenseurs du texte initial, la réponse passerait justement par la disparition de ces sollicitations répétitives.
Vers la fin des bandeaux de consentement ?
La mesure défendue par Bruxelles repose sur un principe relativement simple : permettre aux internautes d’enregistrer leurs préférences générales en matière de cookies publicitaires directement dans les réglages de leur navigateur, par exemple. Les sites consultés devraient ensuite appliquer automatiquement ces choix.
Un tel fonctionnement pourrait ainsi rendre les bandeaux largement inutiles, puisque la préférence de l’utilisateur serait déjà connue avant son arrivée sur le site. Il modifierait surtout la manière dont le consentement est recueilli : plutôt que de demander une nouvelle fois l’autorisation à chaque navigation, les internautes pourraient définir leurs choix de manière centralisée.
Reste désormais à savoir si cette proposition parviendra à conserver sa substance au fil des négociations européennes. Alors que les associations réclament la disparition pure et simple des bandeaux, la réforme censée les rendre beaucoup moins envahissants se retrouve elle-même au cœur d’un bras de fer réglementaire.


