Back Market a lancé « Mine My Phone », une plateforme consacrée aux conséquences de l’extraction des matières premières nécessaires à la fabrication des smartphones. Pour accompagner ce lancement, le spécialiste du reconditionné a déployé une campagne de sensibilisation, notamment à New York pendant la « Climate Week », et publié une étude menée avec l’institut Opinium auprès de 6 000 consommateurs dans six pays. L’objectif : montrer ce qui se cache derrière la fabrication de nos appareils et encourager leur utilisation sur une plus longue durée. Back Market appelle ainsi à inscrire dans la loi un standard de durabilité de dix ans pour les appareils électroniques.

Une plateforme pour comprendre le coût caché des smartphones
Selon l’ADEME, fabriquer un smartphone de 200 grammes nécessite plus de 266 kg de matières premières, tandis que la production mondiale de smartphones mobiliserait plus de 319 millions de tonnes de matières premières par an, d’après l’IDC Worldwide Quarterly Mobile Phone Tracker.
C’est pour rendre ces impacts plus visibles que Back Market a lancé « Mine My Phone ». La plateforme rassemble des données, des témoignages d’experts et des contenus documentaires sur l’origine des matières premières utilisées dans les appareils électroniques. Elle aborde les conséquences environnementales et humaines de leur extraction, mais aussi les enjeux géopolitiques liés à ces ressources.
Avec cette initiative, l’entreprise veut sensibiliser les consommateurs à une étape de la fabrication qui reste méconnue.
Une campagne de sensibilisation
Le lancement de « Mine My Phone » s’accompagne d’une campagne destinée à donner une forme concrète au poids des ressources nécessaires à la fabrication des smartphones. Pendant la « Climate Week », à New York, Back Market a ainsi présenté à Manhattan trois sculptures imposantes représentant le « Heavy Phone », créées par l’artiste nigérian Ian Umeh.
Le 23 septembre, l’activiste et drag queen Pattie Gonia a porté l’une de ces sculptures à travers la ville, avec un passage devant l’Apple Store de la Cinquième Avenue. Cette action met en scène les centaines de kilogrammes de matières premières nécessaires à la fabrication d’un appareil qui ne pèse pourtant que quelques centaines de grammes.
La campagne cherche ainsi à rendre visible le coût matériel de nos habitudes numériques et à faire réfléchir sur le renouvellement fréquent des appareils. Elle accompagne le message central de Back Market : prolonger la durée d’utilisation des smartphones permet de limiter la demande en nouvelles matières premières.
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Entre les consommateurs et les matières premières, un fossé persistant
En parallèle du lancement de la plateforme et de sa campagne, Back Market a dévoilé une étude réalisée par l’institut indépendant Opinium auprès de 6 000 consommateurs en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, aux États-Unis, en Espagne et au Japon.
Les résultats montrent un manque d’information sur l’origine des matériaux utilisés dans les appareils électroniques. Plus d’un consommateur sur deux ne peut citer aucune matière première présente dans son smartphone. Seul un sur quatre se dit certain de savoir ce qui compose son appareil, tandis que sept consommateurs sur dix n’ont jamais cherché à connaître la provenance de ces matières premières.
L’étude fait également ressortir un soutien à des règles favorisant la durabilité. Selon ses résultats, 66 % des personnes interrogées sont favorables à une législation obligeant les fabricants à proposer des appareils durables et réparables, avec des mises à jour logicielles pendant au moins dix ans.
Autre enseignement : après avoir appris qu’un smartphone reconditionné permet d’éviter l’extraction d’environ 243 kg de matières premières par rapport à la fabrication d’un appareil neuf, 49 % des répondants déclarent qu’ils seraient davantage susceptibles d’acheter un appareil reconditionné.
Back Market réclame un standard de durabilité de dix ans
Au-delà de la sensibilisation, Back Market porte une proposition réglementaire : inscrire dans la loi un standard de durabilité de dix ans pour les appareils électroniques. Celui-ci couvrirait leur durée de vie, leur réparabilité et leur support logiciel.
Selon les chiffres de l’ADEME relayés par l’entreprise, conserver un smartphone pendant dix ans plutôt que deux ans et demi permettrait d’éviter l’extraction d’environ 757 kg de matières premières par appareil.
Pour atteindre cet objectif, plusieurs évolutions sont nécessaires : concevoir des appareils plus durables, garantir un support logiciel sur dix ans, faciliter l’accès aux pièces détachées et leur remplacement, renforcer le droit à la réparation et développer le reconditionnement.
Une coalition réunissant des fabricants, des pouvoirs publics et des acteurs de l’économie circulaire est également en cours de constitution autour de ce standard.


