Étude : comment réduire l’empreinte carbone des sites web des marques ?

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On le sait, le web ça pollue. Mais quelle est l’ampleur des dégâts ? Pour réduire son empreinte carbone, il faut d’abord la mesurer. C’est la conviction de fifty-five. Le cabinet de conseil international de la data vient de publier une nouvelle étude sur l’empreinte carbone des sites web des marques et de leurs outils de mesure.

Cette étude, ainsi que les données et les méthodes de calcul, sont disponibles en open source, afin de permettre à l’ensemble du secteur de travailler conjointement vers un numérique plus responsable.

 

Redéfinir les standards du numérique

En 2022, fifty-five a mené une étude open source pionnière sur l’empreinte carbone de la publicité digitale. Les résultats ont permis aux acteurs de l’industrie de mieux comprendre ces enjeux, voire d’adopter des stratégies d’achat média moins consommatrices.

Dans cette nouvelle étude, le cabinet se concentre sur les enjeux liés à l’impact carbone des sites web et de leurs outils de mesure, afin d’identifier les sources d’émissions et les réduire significativement. Bien que l’impact carbone d’un site soit inférieur à celui des dispositifs publicitaires associés, la multiplication des sites (plus d’un 1 milliard, dont 190 millions actifs en 2024), les impacts indirects (achat de nouveaux appareils) et l’exposition du volume d’utilisateurs (5,4 milliards en 2023) rendent ce sujet crucial.

En effet, l’impact environnemental du numérique représente à lui seul plus de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. À titre d’exemple, un site e-commerce comptabilisant 7 millions de visites par an et ses outils d’analyse émettent 16tCO2eq, soit l’équivalent de 8 allers-retours Paris/New-York.

En se basant sur sa connaissance des processus numériques, des cas tirés de son expérience, des facteurs d’émission connus du domaine du numérique ainsi qu’un éditeur de solution du secteur, fifty-five a défini une méthode pour calculer et réduire l’empreinte carbone de ces outils de mesure.

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Crédit photo : fifty five

 

Maximiser l’efficacité des sites pour un impact durable

Dans un premier temps, le cabinet a mis en avant et illustré dans son étude les méthodologies existantes permettant de mesurer l’impact d’un site web, en s’appuyant notamment sur le 1-byte model du Shift Project. En appliquant des pratiques d’écoconception et en retirant les éléments superflus sur le site, fifty-five explique qu’il est alors possible de réduire d’un tiers l’empreinte carbone, par le biais de plusieurs actions :

  • Retirer les fonctionnalités non utilisées
  • Revoir les images et autres ressources non optimisées (certaines images ont un format bien supérieur à leur emplacement)
  • Éviter les processus redondants (ne pas charger plusieurs fois les mêmes éléments)

Grâce à ces optimisations, l’impact carbone et le temps de chargement peuvent être significativement réduits.

« La responsabilité environnementale est au cœur de nos préoccupations. Nous avons mis en place en 2022 notre propre pilotage de nos émissions internes et défini un plan d’action pour réduire ces dernières de 55% d’ici 2030 – jusqu’ici, nous avons réussi à les réduire de 18 % à l’échelle mondiale. Notre travail d’étude s’inscrit donc dans cette volonté de mesurer notre impact au global afin de pouvoir le réduire en collaboration avec nos clients et le reste du marché. », explique Pierre Harand, co-CEO de fifty-five.

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Crédit photo : fifty five

 

Minimiser l’empreinte carbone des outils de mesure

Mesurer l’empreinte carbone d’un site web sans inclure l’impact des outils de mesure associés semble incomplet. Ces outils sont effectivement devenus essentiels pour comprendre l’audience et le niveau d’intérêt porté aux contenus ou mettre en place les cas d’usage marketing. fifty-five a donc étendu son étude pour mieux comprendre l’empreinte de ces derniers.

La difficulté de cette analyse résidait dans le fait que toutes les méthodologies disponibles n’étaient que des estimations théoriques d’ensemble, et ne permettaient pas de déterminer les sources d’impacts réels.

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Pour ce faire, les équipes ont décomposé les processus analytics en 6 activités clés et évalué leur impact. Le constat : l’impact carbone provient essentiellement du chargement des librairies sur le navigateur. Le cabinet a donc identifié des solutions tangibles pour alléger le poids de ces dernières et faciliter la maintenance de la collecte au passage. Le cas de l’architecture server-side a également fait l’objet d’une étude mettant en avant le bénéfice qu’elle peut représenter, à la condition qu’elle ne soit pas en doublon d’une collecte client-side.

Ces enseignements peuvent également s’appliquer aux autres outils de mesure utilisés pour le pilotage de la performance (outils de mesure média, analyse UX, Customer Data Platform etc.).

« Après de nombreuses années passées à servir exclusivement les enjeux du marketing, nous avons élargi notre expertise de la donnée pour servir les enjeux du développement durable, particulièrement précieux pour nous. Grâce à nos expertises pluridisciplinaires et nos outils de pilotage ESG, nous accompagnons aujourd’hui nos clients dans l’optimisation de leurs activités digitales et globales, pour un avenir plus responsable. », souligne Ludovic Moulard, Global Sustainability Director chez fifty-five.

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