BNP Paribas détourne les codes de la cyberfraude avec sa campagne Hack The Scam

Par La rédaction

15 octobre 2026

En collaboration avec BNP Paribas

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Et si les meilleurs ambassadeurs de la prévention étaient les arnaqueurs eux-mêmes ? À l’occasion du Cybermois, BNP Paribas et l’agence Studio Sérendipité ont lancé Hack The Scam, une campagne de sensibilisation qui mise sur le divertissement pour lutter contre la cyberfraude. Le 10 octobre 2026, BNP Paribas a investi Twitch avec un live animé par Samuel Étienne et produit par Webedia. Aux côtés de Leslie et Lalain, spécialistes du scambaiting, l’objectif était de faire chanter les fraudeurs pour transmettre les bons réflexes anti-arnaque.


Faux conseiller bancaire, faux service anti-fraude, manipulation psychologique… Les techniques évoluent et reposent de plus en plus sur la capacité des escrocs à instaurer un climat de confiance ou à créer un sentiment d’urgence. Face à ces pratiques, la prévention reste un enjeu majeur pour le secteur bancaire. Avec Hack The Scam, BNP Paribas fait le choix d’un format original pour toucher les jeunes internautes, directement sur une plateforme qu’ils connaissent.

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La cyberfraude, un enjeu qui concerne aussi les jeunes

Contrairement aux idées reçues, les publics les plus à l’aise avec le numérique ne sont pas épargnés par les arnaques en ligne. Selon le rapport annuel 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France, les 18-44 ans représentent plus de 70 % des victimes de fraude, alors qu’ils constituent 33 % de la population française.

Les fraudeurs ne cherchent donc plus uniquement à contourner les systèmes de sécurité. Ils tentent aussi de manipuler directement leurs victimes, notamment en se faisant passer pour des conseillers bancaires. En jouant sur la confiance, la peur ou l’urgence, ils peuvent les pousser à valider elles-mêmes des opérations frauduleuses.

Dans ce contexte, connaître les risques ne suffit pas toujours. Il faut aussi pouvoir reconnaître une tentative de fraude et adopter les bons réflexes au moment où la situation se présente. C’est précisément sur cet enjeu que repose Hack The Scam : faire passer un message de prévention sans reprendre les codes habituels des campagnes de sensibilisation.



Sur Twitch, les fraudeurs deviennent les messagers de la prévention

Pour porter son message auprès des 18-34 ans, BNP Paribas a choisi Twitch. Le 10 octobre dernier, Samuel Étienne a animé un live de près de deux heures, produit par Webedia. À ses côtés, Leslie, créatrice d’Arnaque Moi Si Tu Peux, et Lalain, streamer sur Twitch, ont mis leur expertise du scambaiting au service de l’opération.

Cette pratique consiste à entrer en contact avec des escrocs, à jouer leur jeu et à leur faire perdre du temps. Pour Hack The Scam, les deux spécialistes ont repris ce principe en le détournant : plutôt que de simplement déjouer les tentatives de fraude, ils ont cherché à amener leurs interlocuteurs à prononcer, puis à chanter, les messages qui peuvent protéger leurs futures victimes.

Comme l’explique Leslie Jourdan « le scambaiting, c’est piéger des arnaqueurs, leur faire perdre un maximum de temps ». Une approche qui permet aussi de sensibiliser le public aux méthodes utilisées par les fraudeurs. Le choix de Twitch répond également à une volonté d’aller à la rencontre des jeunes sur leurs propres plateformes. Pour Gaëlle Brisebourg, responsable Communication & Prévention de la Fraude chez BNP Paribas en France, l’objectif est de proposer un autre cadre pour aborder le sujet, en s’appuyant sur les usages de cette audience et sur l’interaction avec le public.


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« Respirer, raccrocher, rappeler » : une chanson pour ancrer les bons réflexes

Au cœur de la campagne, une mécanique volontairement décalée : faire chanter les fraudeurs eux-mêmes. Les échanges avec les escrocs ont ainsi donné naissance à une chanson de prévention, dévoilée à la fin du live avant d’être relayée sur les réseaux sociaux.

Son message repose sur trois réflexes simples : respirer, raccrocher et rappeler. Lorsqu’un interlocuteur prétend représenter sa banque et cherche à imposer une décision urgente, l’idée est de prendre le temps de réfléchir, de mettre fin à l’échange et de recontacter sa banque par un canal officiel.

Derrière le dispositif humoristique, l’ambition est claire : faire entrer ces réflexes dans les automatismes des internautes. Plutôt que de s’appuyer sur un discours moralisateur, la campagne choisit une approche ludique, pensée pour favoriser la mémorisation.

« Quel que soit le sujet, mais notamment sur la prévention et la cyberfraude, les messages moralisateurs ne fonctionnent pas », explique Sandrine Plasseraud, fondatrice et présidente de Studio Sérendipité. Avec Hack The Scam, l’agence et BNP Paribas inversent donc les rôles : ceux qui cherchent habituellement à manipuler leurs victimes deviennent, le temps d’un live, les porteurs involontaires du message de prévention.


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Une campagne qui se prolonge au-delà du live

Si Twitch constitue le point de départ de Hack The Scam, la campagne ne s’arrête pas à la diffusion de l’émission. La chanson de prévention doit également vivre sur les réseaux sociaux, afin de prolonger la portée du dispositif et de faire circuler les messages auprès des internautes.

Pour BNP Paribas, cette opération s’inscrit dans une démarche plus large de prévention face à des techniques de fraude en constante évolution. La banque renforce ses outils de détection des opérations frauduleuses et multiplie les actions de sensibilisation pour aider ses clients à mieux identifier les tentatives de manipulation.

Avec Hack The Scam, elle mise sur une autre manière de transmettre les bons réflexes : utiliser les codes du divertissement et les ressorts du live pour aborder un sujet sérieux. Reste un enjeu central pour toute campagne de prévention : faire en sorte que le message soit retenu une fois l’écran éteint, et que les bons réflexes soient appliqués face à une véritable tentative de fraude.

 

Interview exclusive de Gaëlle Brisebourg, responsable Communication & Prévention de la Fraude chez BNP Paribas en France

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Crédit photo : Gaëlle Brisebourg

 

JUPDLC : Avec Hack The Scam, BNP Paribas choisit de faire passer un message de prévention à travers un live Twitch et une chanson interprétée par des fraudeurs. Comment est née cette idée de retourner les codes de la cyberfraude pour sensibiliser le public ?

Gaëlle Brisebourg : Les fraudeurs ont depuis longtemps investi les réseaux sociaux. Ils savent parfaitement adapter leurs discours et leurs méthodes aux publics qu’ils cherchent à piéger.

Pour nous, il est donc important d’aller à la rencontre des jeunes sur les plateformes qu’ils utilisent et avec des formats qui leur parlent. Twitch permet d’aborder ces sujets autrement, de manière plus directe et interactive.

La chanson est aussi un moyen de faciliter la mémorisation des bons réflexes. L’objectif, c’est que ces réflexes reviennent naturellement lorsqu’une personne se retrouve face à une tentative de fraude.

 

JUPDLC : Les 18-44 ans représentent plus de 70 % des victimes de fraude, selon le rapport annuel 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement. Comment expliquer cette exposition, alors même que ces générations sont souvent considérées comme les plus à l’aise avec le numérique ?

Gaëlle Brisebourg : On associe souvent les victimes de fraude aux personnes âgées, alors qu’en réalité, les jeunes sont eux aussi très exposés. 

Les fraudeurs s’adaptent aux habitudes de leurs victimes. Faux placements, usurpations d’identité, arnaques sur les réseaux sociaux…Les scénarios évoluent, mais les mécanismes restent souvent les mêmes : instaurer la confiance, créer un sentiment d’urgence et pousser la victime à agir sans vérification.

Et c’est là tout le paradoxe : être très à l’aise avec le numérique peut aussi nous rendre plus vulnérables. Lorsqu’on maîtrise parfaitement, presque automatiquement, sans toujours prendre le temps de s’interroger. A l’inverse, une personne moins familière avec ces usages peut prendre davantage de temps pour effectuer une opération, voire solliciter un proche. Ce délai peut parfois lui permettre de s’interroger et repérer une tentative de fraude.

 

JUPDLC : Pourquoi avoir choisi Twitch pour porter cette campagne auprès des 18-34 ans ? Qu’est-ce que le live et l’interaction avec la communauté permettent d’apporter à un sujet comme la prévention de la fraude ?

Gaëlle Brisebourg : L’intérêt du Live, c’est avant tout de pouvoir échanger directement avec le public. On ne se contente plus de diffuser des messages de prévention, on donne aussi aux spectateurs la possibilité de réagir, de poser leurs questions et de confronter leurs idées à des situations concrètes.

C’est particulièrement intéressant en matière de fraude, parce qu’on pense souvent savoir reconnaître une arnaque, jusqu’au moment où l’on se retrouve confronté à un scénario auquel on ne s’attendait pas.

Avec les échanges et les mises en situation, on cherche justement à amener les participants à se poser les bonnes questions et à identifier les signaux qui doivent les alerter.

 

JUPDLC : Le message de la campagne repose sur trois réflexes : « Respirer, raccrocher, rappeler ». Comment faire en sorte que ces gestes deviennent des automatismes, notamment lorsqu’un fraudeur joue sur l’urgence ou la confiance pour pousser une victime à agir ?

Gaëlle Brisebourg : Dans de nombreuses escroqueries, les fraudeurs jouent sur nos émotions. Ils créent un sentiment d’urgence, mettent la pression et cherchent à nous empêcher de prendre du recul. 

Les 3R permettent justement de reprendre le contrôle de la situation. Respirer pour ne pas céder à la pression, raccrocher pour interrompre l’échange et rappeler sa banque en utilisant un numéro de confiance. 

L’objectif est que ces gestes deviennent des automatismes, comme ceux que l’on adopte naturellement pour se protéger au quotidien. Car face à un fraudeur, quelques secondes de recul peuvent parfois faire toute la différence.


JUPDLC : Le live constitue un premier temps fort, mais la campagne doit aussi se prolonger sur les réseaux sociaux. Comment BNP Paribas compte-t-elle faire vivre Hack The Scam au-delà de l’événement et mesurer l’impact de ce dispositif sur la sensibilisation du public ?

Gaëlle Brisebourg : Une seule campagne ne suffit pas à installer durablement les bons réflexes. D’autant que les fraudeurs font constamment évoluer leurs scénarios et leurs techniques.

Il est donc important de poursuivre et de renouveler nos actions de prévention, en variant les formats et les canaux de communication pour toucher différents publics.

Avec Hack The Scam, nous avons voulu expérimenter une autre façon de parler de fraude.

Nous allons maintenant nous intéresser à la portée de cette campagne, mais aussi à la manière dont les messages ont été compris et retenus. Car au-delà de l’audience, ce qui nous intéresse, c’est de savoir si nos actions de prévention permettent réellement aux clients de mieux identifier les tentatives de fraude.

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