#GoogleGlass : il n’y a pas que la technologie que nous devons faire évoluer

Nous vivons dans une société en perpétuelle évolution et notre relation au numérique a considérablement modifié notre conception du monde, de la proximité, du social, du besoin. Et pourtant, tout n’évolue pas au même rythme : la violence faite aux femmes est par exemple une triste réalité qui persiste et résiste. Un constat mis récemment en avant dans une vidéo publiée sur Youtube.

Quand archaïsme et technologie se côtoient, vivez la journée d’une femme au travers de Google Glass.

 

Google Glass : la pub qui n’en est pas une

C’est une vidéo lancée par un petit groupe de créatifs anglais sur la Toile, à l’occasion de la journée de la femme. Une initiative de Google ? Bien qu’il passerait facilement pour une campagne du géant visant à faire un nouveau buzz, ce spot a été créé de façon tout à fait indépendante. Pas de publicité pour les Google Glass donc, le dernier produit phare de Google.
La vidéo a été tournée pour nous aider à voir le monde à travers les yeux d’une femme, ou de ses lunettes High Tech, pour être plus précis. Le début donne envie : une petite musique guillerette, un rendez-vous entre copines, du shopping, etc. On en comprend même l’intérêt du gadget technologique, et c’est à ce moment-là que l’on finit par penser qu’il s’agit d’une vidéo promotionnelle pour le produit.

Puis, tout bascule quand la demoiselle rentre chez elle et retrouve son conjoint. « Honey » comme elle l’appelle tendrement, lui assène alors un violent coup au visage et les lunettes volent. C’est brutal, inattendu. Frappée, jetée au sol, cette femme dont nous avons partagé la journée est ensuite traînée par les cheveux jusqu’à disparaître de notre cadre.

S’ensuit un moment de flottement… Non pas sur la vidéo, mais dans nos têtes. Nous étions acteurs d’une vie en apparence normale et nous devenons spectateurs dans l’intimité d’un comportement qui nous échappe, que l’on ne peut comprendre ou accepter.

Si elle a été vue plus de deux millions de fois sur Youtube, cette vidéo qui circule sur le Web dérange : la brutalité, le basculement violent d’une situation à une autre, et surtout le changement de regard acteur/spectateur, sont les éléments qui participent à ce phénomène.

Ce sont ces mêmes éléments qui amènent une prise de conscience.

Oui, ces choses-là existent derrière le rideau de la vie privée. Ce ne sont pas des cas rares, et nous les côtoyons chaque jour sans les voir.

 

Femmes maltraitées : le combat continue

Il existe différentes formes de maltraitance : verbale, psychologique, physique, sexuelle.
La violence verbale et la manipulation mentale visant à rabaisser ou à asservir l’autre sont les moins connues, mais n’en sont pas moins graves. Elles entraînent en effet une profonde détresse psychologique chez la femme.

La violence physique, le viol, sont les manifestations les plus connues, car plus facilement identifiables.

Au XXIe siècle, en France, près de 150 femmes meurent encore sous les coups de leur compagnon et on estime qu’une femme sur dix souffre de maltraitance conjugale au sein de son couple. Pourquoi ne faisons-nous qu’une estimation ? Car les plaintes ne représenteraient que la partie apparente de l’iceberg, à savoir seulement 20 % des cas de maltraitance en France. Le reste, nous ne le voyons pas, sauf quand Google Glass nous le dévoile.

Une situation à ce point dramatique que même la justice est moins sévère à l’égard des bourreaux. Ainsi, en 2010, les personnes maltraitantes étaient expulsées du domicile dans 19,3 % des cas. En 2013, ce chiffre avait chuté à 5,8 %.
Des femmes moins protégées donc, qui ne portent pas plainte par peur du retour de bâton. Quant au viol, elles seraient 154.000 par an à le subir, mais là encore, toutes ne portent pas plainte.

Il est donc important de poursuivre le combat et de rester vigilant sur des faits que l’on a tendance à oublier.

Un moyen de se le rappeler :

Qu’est-ce que 7 minutes dans notre quotidien ? Le temps de faire cuire des pâtes. Alors, la prochaine fois que vous en ferez à dîner, rappelez-vous simplement qu’en France, toutes les 7 minutes, une femme est violée.

 

Virginie

Virginie a été journaliste d’entreprise, rédactrice et chargée de communication grands comptes et plus petites structures. Elle est aujourd'hui spécialisée dans la rédaction de contenu et fondatrice de k-renine-redaction.fr.

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