Elle accouche en direct sur Twitter et Facebook

Humeurs, événements, anecdotes, etc. Les réseaux sociaux sont devenus de véritables journaux de bord sur lesquels nous publions tout de notre quotidien. Ainsi, fin décembre, une Américaine a même partagé son accouchement sur Twitter et Facebook, des premières contractions à la délivrance.

Nous vous avions présenté le projet de Sophie Starazenki a partagé l’évolution de sa grossesse en 10 photos.

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« C’est le plus beau jour dans la vie d’une femme », ou encore « tu verras, c’est un moment inoubliable, et puis des millions de femmes y sont passées avant toi ». C’est tout ce que l’on entend lorsque l’on attend un « heureux événement ». La société décrit très facilement l’accouchement comme un moment merveilleux, en omettant délibérément les mots « épisiotomie », « déchirement » ou « césarienne ». Par ailleurs, personne ne se demande pourquoi le mot « péridurale », qui n’est plus ni moins qu’une grosse aiguille plantée entre deux vertèbres, résonne à nos oreilles comme un acte de soulagement.

Même si Internet a fait évoluer la vision de la grossesse et de l’accouchement, grâce aux questions ouvertes sur les forums, aux témoignages, ou aux sites spécialisés, l’idée traditionnelle du bonheur de l’accouchement persiste.

C’est pour enfin montrer une image réelle de la naissance d’un enfant que Ruth Lorio, une jeune maman américaine, a fait le choix d’utiliser les réseaux sociaux pour partager en direct l’arrivée au monde de son fils, des premières contractions à la délivrance.

Enfant à la naissance © mpilote, cc by nc nd 2.0
Enfant à la naissance © mpilote, cc by nc nd 2.0

 

 

Elle tweete son accouchement en direct

Loin du miracle de la naissance, de l’accouchement aseptisé et coupé au montage de l’émission de télé-réalité Baby Boom, Ruth Lorio a utilisé ses comptes Twitter et Facebook pour témoigner de la réalité de l’accouchement. Douze heures de travail, de douleur, et de tweets, où elle nous décrit chaque contraction, chaque sensation.

Elle n’hésite pas à aborder la douleur vive, les diarrhées, les douleurs dorsales, la perte du bouchon muqueux ou la quantité de sang perdu. En plein travail, elle tweete, par exemple, « mais pourquoi personne ne nous dit que notre anus fait lui aussi un mal de chien ? » (Maintenant, on le sait). C’est cru, mais c’est une vérité, sans prise de recul, avec le ressenti de l’instant présent que seule l’instantanéité des réseaux sociaux permet de retranscrire sans altération.

Une démarche qu’elle explique comme une manière de montrer « son expérience personnelle, qu’elle soit belle ou non, mais qu’elle soit juste honnête ».

 

Ruth Lorio tweete le début du travail. Ses premières contractions se manifestent à 20 h 15.
Ruth Lorio tweete le début du travail. Ses premières contractions se manifestent à 20 h 15.

 

Aux douleurs des contractions s'ajoutent d'intenses maux de dos.
Aux douleurs des contractions s’ajoutent d’intenses maux de dos.

 

À 20 h 15, le 25 décembre, elle avertit de ses premières contractions, invite ses followers et fans à la suivre sur Twitter et Facebook. Comme beaucoup de femmes sur le point d’accoucher, elle fait le ménage et prend un bain. Son fils ne naîtra que le lendemain matin, à 9 h 04.

La poche des eaux vient de se rompre.
La poche des eaux vient de se rompre.

 

La délivrance, après une nuit de douleurs.
La délivrance, après une nuit de douleurs.

 

Le nouveau rôle des réseaux sociaux

Les naissances de Facebook en 2004, de Twitter en 2006 et des premiers téléphones intelligents en 2007 ont considérablement modifié notre conception de la sphère privée, du rapport à autrui et de la transmission de l’information.

Désormais, tout est accessible, n’importe quand, n’importe où, par n’importe qui et pour n’importe qui, et surtout instantanément. Les réseaux sociaux ont permis une plus grande fluidité dans la transmission des données. L’information fraîche ne se traite plus sous 24 h par une élite bien définie, mais à la seconde et en moins de 140 caractères, par toute personne susceptible d’être témoin d’un fait.

Les médias ont très vite compris l’intérêt de ces nouvelles plateformes, qui sont devenues en parallèle de l’AFP des sources inédites de scoops. L’avantage ? Les renseignements sont bruts : les journalistes peuvent les approfondir, mais ils n’ont pas été sélectionnés et modifiés en amont. Si la légitimité de la source est critiquable, l’engouement pour le support ne cesse de s’étendre. Même les organismes officiels ont adopté ce nouveau mode de diffusion et de réception de l’information. Ainsi, depuis le 20 janvier 2014, la gendarmerie a elle aussi créé son propre compte Twitter.

Twitter

Et les particuliers ? Ils deviennent acteurs et non plus seulement les récepteurs de l’information. Ils ont également une meilleure compréhension de la façon dont elle est traitée dans les médias traditionnels et ont conscience que ces canaux représentent un goulot d’étranglement des données transmises. Leur quotidien, leurs anecdotes deviennent alors des preuves qu’ils diffusent à leur entourage, qui les rediffuse à leur tour. Un moyen de remettre en cause certaines aberrations, certaines affirmations erronées, ou de lever le voile sur ce qui nous est caché.

Conflits politiques, censures, dérives, manifestations, en France ou à l’autre bout du monde, tout peut désormais être livré.

Le cas de Ruth Lorio n’est donc pas isolé. Elle a juste repoussé un peu plus la limite qui sépare le privé du public pour éclaircir les zones obscures qui entourent l’accouchement, et démanteler la vision candide que l’on peut s’en faire. Une reporter de terrain, en quelque sorte. Pas de voyeurisme, et plus de honte. Le message qu’elle fait passer est clair : un accouchement, ce n’est pas ce que l’on veut bien vous montrer dans les médias, mais c’est ÇA, et en voici la preuve. Il ne s’agit pas que ce soit beau ou joliment présenté, le témoignage doit simplement être vrai.

 

Ruth Lorio a tweeté son accouchement, de ses premières contractions à la naissance de son fils.
Ruth Lorio a tweeté son accouchement, de ses premières contractions à la naissance de son fils.

 

Et vous, seriez-vous prête à faire le témoignage de votre propre accouchement, en direct sur les réseaux sociaux ?

 

 

Virginie

Virginie a été journaliste d’entreprise, rédactrice et chargée de communication grands comptes et plus petites structures. Elle est aujourd'hui spécialisée dans la rédaction de contenu et fondatrice de k-renine-redaction.fr.

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